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Comme les Américains aux Jeux de Lake Placid en 1980, les Danois ont réalisé, le printemps dernier, un « miracle sur glace » devant leurs partisans à Herning. Cette victoire de 2-1 contre le Canada de Sidney Crosby, Nathan MacKinnon et Macklin Celebrini en quarts de finale du Championnat mondial de l’IIHF a pris de court toute la planète hockey.

« Tu es devant ta famille et tes amis, dans ton pays natal, puis tu bats une équipe qui compte sur Nathan MacKinnon, le meilleur joueur de la LNH, et Sidney Crosby, qui a été le meilleur joueur du circuit pendant des années… C’est probablement la chose la plus cool que j’ai vécue dans ma carrière d’hockeyeur », affirme Nikolaj Ehlers.

Neuf mois plus tard, c’est ce même objectif de surprendre tout le monde qui guidera Ehlers et sa bande aux Jeux de Milano Cortina.

Mais le défi sera d’une encore plus grande envergure, car le Canada était privé de ses meilleurs joueurs encore en séries éliminatoires de la Coupe Stanley pendant le championnat mondial. Cette fois, tout le monde répondra présent.

« Ce sera effectivement différent à Milan, car on jouera contre l’ensemble des meilleurs joueurs, dit Ehlers. Il faudra être constants pendant 60 minutes pour espérer s’en sortir, mais ce sera évidemment très difficile. On va faire de notre mieux. »

Cela dit, le simple fait de participer aux JO est une victoire pour le Danemark, qui prendra part à son tout premier tournoi olympique impliquant les joueurs de la LNH. Ce pays d’environ 6 millions d’habitants ne compte que 6110 hockeyeurs et 29 patinoires intérieures selon les données de l’IIHF.

Sept joueurs danois ont évolué dans la LNH cette saison : les gardiens Frederik Andersen (Hurricanes de la Caroline) et Mads Sogaard (Sénateurs d’Ottawa), puis les attaquants Lars Eller (Sénateurs), Oliver Bjorkstrand (Lightning de Tampa Bay), Oscar Fisker Molgaard (Kraken de Seattle), Jonas Rondbjerg (Golden Knights de Vegas) et Ehlers (Hurricanes). Ils seront tous à Milan.

Les 18 autres membres de l’équipe roulent leur bosse dans différentes ligues professionnelles européennes, mais cinq d’entre eux sont des anciens de la LNH : les attaquants Nicklas Jensen (Rangers de New York, Canucks), Alexander True (Sharks de San Jose, Kraken), Patrick Russell (Oilers d’Edmonton) et Joachim Blichfield (Sharks), puis le défenseur Oliver Lauridsen (Flyers).

Selon le vétéran Eller, c’est une force et non une faiblesse de compter sur autant de joueurs évoluant en Europe.

« Les équipes remplies de joueurs de la LNH n’en sauront probablement pas beaucoup sur ces joueurs, souligne-t-il. Mais ces gars voudront montrer ce dont ils sont capables et ils seront gonflés à bloc à l’idée d’affronter de la compétition relevée. L’équipe danoise a toujours été composée de gars prêts à se sacrifier les uns pour les autres, qui jouent de la bonne manière et qui laissent tout sur la patinoire.

« C’est notamment ce qui nous a permis de battre le Canada l’an dernier. »

Le Danemark figure dans le groupe C en compagnie de l’Allemagne, de la Lettonie et des États-Unis.

« Évidemment, les États-Unis sont les grands favoris de ce groupe, soutient Andersen. Donc ce sera une bataille pour la deuxième place entre les trois autres pays, à savoir quel sera notre positionnement pour notre match sans lendemain. On devra tout donner chaque soir. »

Rien ne sera donné aux Danois, mais la victoire de l’an passé contre le Canada leur donne la conviction que tout est possible.

« Pour passer proche de gagner un match comme celui-là, on devra jouer le meilleur match de nos vies et pas eux. On va se prêter au jeu et tenter de gagner chaque match », assure Bjorkstrand.

Au-delà des résultats, ces JO seront une occasion pour les Danois d’inspirer une future génération de hockeyeurs de leurs pays.

« C’est une chance d’une vie, participer aux Olympiques, a conclu Eller. On espère que ça va ouvrir des yeux et augmenter la popularité du hockey au Danemark. On souhaite que plus de patinoires se construisent et que des jeunes danois s’initient au hockey parce qu’ils ont vu leurs idoles à la télévision.

« Ce serait un scénario de rêve. »