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Thibault : À l'ère des microajustements…

Notre chroniqueur se penche sur le revirement de situation orchestré par Andrei Vasilevskiy et le Lightning

par Jocelyn Thibault @tibs41 / Chroniqueur LNH.com

Il n'y a maintenant plus aucun doute : Andrei Vasilevskiy est de retour au sommet de sa forme, et peut-être même à un niveau supérieur que celui qu'il a atteint l'an dernier, quand il a mis la main sur le trophée Vézina.

Ses statistiques sont assez impressionnantes depuis que les choses se sont mises à tourner en sa faveur - ainsi qu'à la faveur du Lightning - à la mi-décembre. Il est passé d'une fiche de 13-9-1, d'une moyenne de buts alloués de 2,84 et d'un pourcentage d'arrêts de ,909 à un rendement de 15-0-2, une m.b.a. de 2,09 et un pourcentage d'arrêts de ,930 à ses 17 derniers départs.

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Vous comprendrez donc que ce n'est pas un hasard si le Lightning est passé du 22e rang au troisième échelon du classement général depuis la victoire de 4-3 en prolongation qu'il a signé face aux Sénateurs d'Ottawa, le 17 décembre. C'est tout un revirement de situation.

Même s'il n'affichait pas les mêmes statistiques que par le passé en début de saison, le gardien de 25 ans n'éprouvait pas nécessairement de problèmes techniques. Il est le prototype du gardien moderne; il est gros, rapide et athlétique.

Il n'était simplement pas en mesure de faire les arrêts importants dans les moments-clés. Cette problématique a été résolue à force de travailler sur l'aspect mental de son jeu en compagnie du psychologue sportif de l'équipe, Ryan Hamilton, comme le rapportait The Athletic dans un récent article fort intéressant.

En résumé, le grand Russe éprouvait surtout de la difficulté à livrer la marchandise dans les matchs au cours desquels il recevait un faible total de tirs. C'est bizarre à dire, mais ce sont souvent les matchs les plus ardus pour un gardien.

Personnellement, j'ai connu beaucoup de succès durant mes années à Chicago puisque le système de jeu faisait en sorte que je recevais beaucoup de lancers qui provenaient majoritairement de la périphérie. Ça me permettait de prendre lentement mon rythme et de gagner en confiance de tir en tir.

N'est pas Martin Brodeur qui veut. Le gardien québécois est devenu l'un des meilleurs de l'histoire en effectuant les gros arrêts malgré une défensive très hermétique, qui ne donnait que très peu de tirs. Ça prend une approche mentale différente pour aborder ces types de matchs et c'est exactement le petit changement qui a tout changé dans le cas de Vasilevskiy.

Comme on pouvait le lire dans l'article de The Athletic, le Russe s'est mis à aborder les matchs en se disant : « je veux faire le prochain arrêt » au lieu de « je dois faire le prochain arrêt ». Ça peut sembler très abstrait quand on regarde ça de l'extérieur, mais dans un sport d'élite auquel tout le monde performe au plus haut niveau, ce sont justement ces « microajustements » qui font toute la différence.

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Les statistiques de Vasilevskiy ne mentent pas. Je suis aussi passé par là pendant mes années à Chicago et je crois à ça. C'est propre à chaque gardien, mais il n'est pas rare de travailler sur des mots-clés en psychologie sportive pour essayer de déclencher certains sentiments ou un état d'esprit chez un athlète. C'est la même chose pour un pilote de Formule 1, pour un joueur de tennis ou pour un golfeur. Parfois, un petit changement, un microajustement, peut déclencher tout ça.

Les équipes l'ont bien compris. Il y a maintenant un psychologue sportif dans chaque équipe et les joueurs adhèrent désormais à cette « science ». Je me souviens qu'il y en avait un quand j'ai amorcé ma carrière avec les Nordiques, mais qu'il n'y avait pas une adhésion généralisée de tout le monde dans le vestiaire. Disons que les vétérans - les vieux de la vieille - n'y croyaient pas trop.

Ces ressources sont même accessibles au niveau junior, et c'est une bonne chose. Le cas de Vasilevskiy est la preuve que ça peut fonctionner et mener à d'excellents résultats.

Une acquisition nécessaire

Dans une position plutôt précaire à quelques semaines du dernier droit de la saison, les Maple Leafs ont enfin procédé à l'acquisition fort nécessaire d'un gardien auxiliaire digne de ce nom en Jack Campbell, des Kings de Los Angeles.

Ce n'est pas compliqué, la tenue de Michael Hutchinson depuis le début de la saison était en train de leur coûter une place en séries. Ce n'est pas le seul facteur, bien sûr, mais le portier de 25 ans maintenait une fiche de 4-9-1, une moyenne de buts alloués de 3,66 et un taux d'efficacité de ,886.

Quand on connaît l'importance, ou plutôt l'obligation, de compter sur un bon deuxième gardien pour aspirer aux séries, ces statistiques étaient nettement insuffisantes. J'ai bien hâte de voir ce que Campbell pourra faire pendant l'absence de Frederik Andersen, qui soigne une blessure, et pour le reste de la saison.

À 28 ans, l'ancien choix de première ronde des Stars en 2010 n'a toujours pas réussi à s'établir comme no 1, mais il a démontré de belles choses par le passé - notamment lors des absences prolongées de Jonathan Quick devant la cage des Kings. Sa présence ne nuira assurément pas aux Leafs.

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