MONTRÉAL – Plus vite Cole Caufield marquera son 50e but de la saison, mieux tout le monde s’en portera chez les Canadiens de Montréal.
Après trois tentatives infructueuses, la quête du petit attaquant devient lentement mais sûrement une distraction et la pression commence manifestement à peser lourd sur ses épaules. Ça affecte son jeu, celui de son trio, ainsi que l’efficacité de la première vague du jeu de puissance.
On a commencé à en voir les signes dans le match contre les Devils du New Jersey, dimanche, et ça s’est poursuivi dans une très mince victoire de 4-3 en tirs de barrage face aux Panthers de la Floride, mardi.
« Je trouve qu’on met beaucoup d’accent là-dessus, a poussé Phillip Danault après un long soupir. Ça ne doit pas être évident pour Cole, selon moi, avec la foule qui s’enflamme chaque fois qu’il touche à la rondelle. Il faudrait peut-être relaxer un peu et le laisser faire ses affaires.
« Je pense aussi que les joueurs en avantage numérique essaient de lui donner la rondelle un peu trop. Il faut simplifier les choses. Il va le marquer, je n’en doute pas. »
Caufield a encore quatre rencontres, dont les deux prochaines au Centre Bell, pour atteindre ce prestigieux plateau et devenir le premier joueur des Canadiens à le faire depuis Stéphane Richer, en 1989-90. Après tant d’années d’attente, on peut comprendre que le buzz se soit emparé de la ville.
Le défi, c’est que le jeune homme de 24 ans doit faire face à cette pression tout seul. Il ne s’est pas adressé aux médias depuis le match de son 49e but – il était d’ailleurs apparu décontracté – et il a cédé sa place au micro à Lane Hutson après avoir reçu la première étoile, mardi, à la suite de son but en tirs de barrage.
Ce sont des signes qui ne mentent pas.
« Je pense que c’est normal, a reconnu l’entraîneur Martin St-Louis en conférence de presse. Il faut essayer le plus possible de ne pas rentrer là-dedans. Je suis sûr qu’il avait un plus grand calme quand il passait de 42 à 43 que maintenant, alors qu’il veut passer de 49 à 50.
« Il doit essayer de contrôler son mental. Ses coéquipiers aussi, surtout son trio. Je comprends ce qu’il traverse. On peut en parler autant qu’on veut, ça reste difficile de ne pas se laisser prendre au jeu. »
Depuis qu’il a déjoué Igor Shesterkin en fin de match pour offrir la victoire aux siens, jeudi dernier, Caufield a effectué 21 tentatives de tirs en trois rencontres. Il a atteint le filet sur 10 d’entre elles, il a raté la cible un total de sept fois et quatre autres ont été bloquées.
Il a aussi manqué de synchronisme sur quelques tirs sur réception, ce qui est plutôt inhabituel pour lui, et il a été placé dans des positions plutôt précaires par ses coéquipiers qui ont forcé des jeux vers lui.
« C’est sûr que ça peut devenir lourd, a renchéri Danault. C’est comme un joueur qui ne marque pas pendant longtemps, mais lui, il en a déjà 49. Si j’étais sur son trio, je ferais la même chose. Je voudrais lui passer la rondelle chaque fois. Il faut revenir à la base et la rondelle va le trouver comme elle l’a fait toute l’année. »
Jusqu’ici cette saison, Caufield a été blanchi de la colonne des buts pour plus de trois matchs qu’à trois occasions. Si la tendance se maintient, il devrait finir par débloquer.
Et quand il le fera, tout le monde pourra souffler et passer à un autre appel.


















