Phil Pietroniro badge Chaumont

MILAN – Il y a un seul joueur originaire du Québec à ce tournoi masculin. Il ne joue pas pour le Canada, mais pour l’Italie. Son nom : Phil Pietroniro.

« Je n’avais aucune idée avant qu’on me raconte assez récemment cette histoire », a dit Pietroniro à sa sortie d’un entraînement de l’équipe italienne sur la glace secondaire du Santagiulia Arena lundi matin. « Je ne ressens pas une plus grande pression puisque je suis l’unique joueur originaire du Québec à ce tournoi chez les hommes. Je ne pense pas à ça. Je me concentre sur mon équipe, l’Italie.

« Je n’ai pas de mots pour décrire ce que je vis. Je continue de dire aux gens qu’il s’agit d’un honneur et d’un grand privilège. Je me retrouve aux Jeux olympiques. Je ne peux y croire. J’ai le sentiment d’être dans un rêve et je dors encore. Je veux en profiter. »

Âgé de 31 ans, Pietroniro incarne la définition d’un nomade du hockey. Le défenseur a roulé sa bosse un peu partout. En trois saisons dans la LHJMQ (2012-13 à 2014-15), il a joué pour quatre équipes différentes : les Cataractes de Shawinigan, les Foreurs de Val-d’Or, les Olympiques de Gatineau et les Tigres de Victoriaville.

La stabilité est un phénomène tout aussi abstrait depuis son passage chez les professionnels. En onze saisons, le petit défenseur droitier de 5 pieds 9 pouces et 176 livres a découvert cinq ligues professionnelles : la ECHL, la Ligue de hockey des Alpes, la Ligue Magnus, l’Extraliga slovaque et l’Extraliga tchèque. Il a donc habité dans cinq pays (États-Unis, Italie, France, Slovaquie et Tchéquie) et six villes différentes (Salt Lake City, Asiago, Cortina, Mulhouse, Trencin et Kladno).

« Je n’avais jamais joué au Québec avant mes débuts dans la LHJMQ, a-t-il rappelé en souriant. Je me suis promené un peu partout. Je suis né au Québec, mais j’ai déménagé plusieurs fois puisque mon père (Marco) jouait aussi au hockey. Aujourd’hui, je peux dire que j’ai suivi les traces de mon papa en ayant aussi un parcours éclaté au hockey. »

Un premier match contre la Suède

Dans la zone mixte pour les entrevues, Pietroniro sourit en parlant d’un petit incident.

« J’ai reçu une rondelle dans le visage lors de notre entraînement dimanche, a-t-il dit. J’ai donc encore plus la face d’un joueur de hockey avec des points de suture et un œil au beurre noir. Mais malheureusement, nous avons pris les photos pour l’équipe juste avant cet entraînement. »

À son premier match à Milan, Pietroniro se retrouvera contre les Mika Zibanejad, Lucas Raymond, Adrian Kempe et autres joueurs étoiles de la Suède.

« Il y a de la nervosité, mais je veux garder la même approche, a-t-il raconté mercredi après l’entraînement matinal de l’Italie. Quand je sauterai sur la glace, je ressentirai un immense, immense, immense sentiment de bonheur. Je ne sais même pas comment le décrire. Ce sera génial.

« C’est au sommet de ma carrière. Pour moi, les Jeux olympiques représentent une grande réalisation. Je représente l’Italie, j’en suis fier. C’est une expérience folle. Je vivrai ça une fois dans ma vie. »

Signe que le hockey restera toujours un petit monde, Pietroniro joue pour une deuxième saison avec le Rytiri de Kladno en Tchéquie. Tomas Plekanec est son entraîneur en chef depuis la fin du mois de décembre et Jaromir Jagr est l’un de ses coéquipiers. Jagr a participé à six matchs seulement cette saison.

« Je ne peux pas décrire Jaromir en un seul mot, a-t-il répliqué. Mais si j’avais à choisir, je dirais légende. Il joue encore au hockey à plus de 50 ans (53). Il est une personne formidable. Il aime tellement son sport. Je suis chanceux. Je peux dire qu’il est l’un de mes coéquipiers. »

« J’aime beaucoup Pleky (Plekanec). Nous jouons du meilleur hockey depuis son arrivée derrière le banc, a-t-il continué. Nous nous retrouvons en ce moment à trois points d’une place pour les séries. »

Bien avant la Tchéquie ou l’aventure des Jeux olympiques à Milan, Pietroniro a également croisé une autre grande étoile de la LNH sur son chemin en Auston Matthews.

« Je connais Auston Matthews, a-t-il mentionné. Matthews jouait avec Matteo, l’un de mes jeunes frères, en Arizona. Nous avons habité en Arizona. J’ai déjà patiné avec Auston l’été en Arizona, mais ça fait déjà quelques années. J’ai hâte de le croiser dans le village des athlètes. Je me promets de la saluer. »

Pour l’instant, l’Italie ne devrait pas jouer contre les États-Unis. Au tour préliminaire, les Italiens se retrouvent dans le groupe B avec les Suédois, les Finlandais et les Slovaques.