Petry badge chaumont classique

MIAMI – L’expérience ne s’achète pas. Martin St-Louis le répète souvent, comme bien d’autres têtes de hockey de la LNH. Bill Zito, le directeur général des Panthers de la Floride, a acquis de l’expérience au rayon des aubaines le 1er juillet dernier.

Les Panthers ont offert un contrat d’un an à Jeff Petry. Zito s’offrait un défenseur droitier de 37 ans avec 981 matchs derrière la cravate.

Quelques mois plus tard, Petry a maintenant 38 ans et il a dépassé le cap symbolique des 1000 matchs (1018) dans la LNH. Sous le chaud soleil de la Floride, l’Américain a aussi regagné un rôle qui le rend heureux à une étape de sa carrière où il reste bien conscient qu’il a moins de temps devant lui que derrière.

« Je voulais repartir sur de nouvelles bases », a dit Petry à la veille de la Classique hivernale entre les Panthers et les Rangers de New York au stade loanDepot park de Miami . « Je venais de vivre deux transactions en quelques années, de Montréal à Pittsburgh et de Pittsburgh à Detroit. J’avais besoin d’un autre départ et j’étais heureux de recevoir l’appel des Panthers. Je me retrouve avec une équipe qui accorde de l’importance à l’expérience et ils reconnaissent ma valeur au sein du groupe. Ils m’ont confié un rôle précis. Ma famille est aussi heureuse en Floride. Je dirais qu’il s’agit d’une transition assez en douceur. »

« Je redeviens un défenseur d’un top six avec les Panthers, a-t-il continué. J’ai pratiquement joué tous les matchs. C’est une bonne chose. Ils m’ont décrit leurs attentes avant le début de la saison. Les Panthers ont gagné la Coupe Stanley lors des deux dernières saisons et ils misent encore sur le même noyau. Je devais trouver ma place. Je suis très heureux de mon choix de m’entendre avec eux. »

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Avec la perte de Dmitri Kulikov dès le deuxième match de la saison, Petry a gagné rapidement la confiance de Paul Maurice et de Sylvain Lefebvre. Le numéro 2 a endossé l’uniforme des siens pour 37 des 39 premiers matchs. S’il a ralenti offensivement avec seulement huit points (huit passes), il offre des minutes typiques d’un défenseur de troisième paire avec un temps de jeu moyen de 14:30 par match. À deux reprises, il a regardé ses coéquipiers de la passerelle de presse.

Pour la Classique hivernale, Petry jouera à la droite du Letton Uvis Balinskis, un gaucher de 29 ans.

Un plateau précieux

Une tuque des Panthers sur la tête, Petry vient de terminer une vague d’entrevue avec les médias locaux après l’entraînement de l’équipe au domicile des Marlins de la Floride. Il s’assoit sur la chaise devant son casier pour poursuivre l’entretien avec LNH.com.

Ses yeux s’illuminent quand on lui parle d’une date précise : le 17 novembre 2025. Ce soir-là, il a participé à son 1000e match dans un gain de 8-5 contre les Canucks de Vancouver au Amerant Bank Arena.

« J’en étais vraiment fier, a-t-il répliqué. Je n’avais jamais envisagé un tel plateau. Mon rêve consistait à jouer un match dans la LNH. Mais quand tu atteins un certain âge, tu veux t’accrocher et pousser le plus longtemps possible. J’ai commencé à y croire il y a quelques saisons. »

« Quand je repense à ma carrière, je peux dire sans hésiter que la transaction des Oilers pour les Canadiens m’a servi de tremplin, a-t-il poursuivi. C’est à Montréal que je me suis établi comme l’un des bons défenseurs dans cette ligue. J’ai tellement aimé mon expérience avec le CH. À Pittsburgh, c’était un court arrêt d’une seule saison. Ensuite, j’ai joué deux ans à la maison à Detroit. Je me retrouvais près de ma famille et je jouais pour l’équipe de mon enfance. Aujourd’hui, je joue pour les Panthers, l’une des meilleures équipes. Je réalise encore plus maintenant que le temps se déroule vite. »

Trois jours après son 1000e match dans la grande ligue, les Panthers l’ont honoré en lui offrant le classique bâton d’argent en plus d’inviter sa famille sur la patinoire pour une cérémonie avant un duel contre les Devils du New Jersey (20 novembre).

NJD@FLA: Petry honoré pour ses 1000 matchs dans la LNH

À l’initiative de sa femme Julie, les quatre enfants du couple (Boyd, Barrett, Bowen et Blake) portaient quatre chandails différents que celui du paternel.

« Nous voulions offrir un clin d’œil aux quatre autres équipes pour qui j’ai joué dans la LNH avant les Panthers, a expliqué Petry. Pour la cérémonie, je portais le gilet des Panthers évidemment, mais je trouvais ça génial de penser aux quatre autres formations. Nous avons quatre garçons alors c’était facile de distribuer les chandails. Nous avons demandé l’approbation aux Panthers et ils ont rapidement dit oui à cette proposition. Mon plus vieux portait le chandail des Oilers, le deuxième celui des Canadiens, le troisième celui des Penguins et le quatrième celui des Red Wings. »

Petry, qui est devenu le 28e défenseur américain à jouer 1000 matchs dans la LNH, a forgé son identité comme joueur lors de son long passage de près de huit saisons à Montréal.

« J’ai joué un peu plus de 500 matchs (508) pour les Canadiens, a-t-il précisé. C’est à Montréal que j’ai passé la majorité de ma carrière. C’est avec cette équipe que je me suis développé comme un bon défenseur. Berg (Marc Bergevin) a toujours cru en moi, tout comme Geoff (Molson). J’ai vécu une finale avec les Canadiens en 2021. Mais j’ai encore sur le cœur que c’était pendant la COVID-19, ce n’était pas l’expérience complète. Le Centre Bell aurait été complètement fou avec un édifice rempli. Je garde tellement de bons souvenirs de Montréal. Nous nous sommes fait des amis pour la vie, d’anciens coéquipiers et des résidents de la ville. »