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LAS VEGAS - Debout sur la patinoire du T-Mobile Arena après avoir finalement pu soulever la Coupe Stanley, le capitaine des Capitals de Washington Alex Ovechkin avait les larmes aux yeux en énumérant les personnes pour qui il était heureux : ses coéquipiers, sa femme Nastya, enceinte de leur premier enfant, ses parents et le reste de sa famille, le propriétaire Ted Leonsis et les partisans à Washington.
« Ça fait tellement longtemps qu'on attend ça, a mentionné Ovechkin. Nous avons attendu 13 ans pour gagner la Coupe. C'est quelque chose de spécial, c'est incroyable. »

Ovechkin s'est fait rappeler tellement de fois, au cours de sa carrière de 13 saisons dans la LNH, qu'il n'avait jamais rapporté de championnat à Washington. Son surplus d'émotions était donc compréhensible après la victoire décisive de 4-3 contre les Golden Knights de Vegas dans le match no 5 de la Finale de la Coupe Stanley, jeudi.
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Ovechkin a également raflé le trophée Conn-Smythe, remis au joueur par excellence des séries éliminatoires de la Coupe Stanley, menant la Ligue avec 15 buts, un record des Capitals, incluant le filet en supériorité numérique qui a donné une avance de 2-1 à Washington à 10:14 de la deuxième période jeudi.

Le joueur de 32 ans natif de Moscou est devenu le deuxième Russe à gagner le trophée Conn-Smythe, après Evgeni Malkin des Penguins de Pittsburgh en 2009. Il est le premier capitaine russe à soulever la Coupe Stanley.
« Ce n'est pas moi, a indiqué Ovechkin. Toute l'équipe le mérite. Je suis juste chanceux d'obtenir cette récompense. »
Ovechkin a raison. Les Capitals ont pu compter sur la contribution de plusieurs joueurs dans ce périple jusqu'à la première Coupe Stanley de leur histoire de 43 saisons.
Son compagnon de trio Evgeny Kuznetsov a mené la Ligue avec 32 points (12 buts, 20 assistances). Le gardien Braden Holtby a perdu son poste de partant au début des séries, mais il a repris sa place lors du match no 3 de la série de première ronde de l'Association de l'Est contre les Blue Jackets de Columbus. À partir de ce moment-là, il a été un véritable pilier devant le filet, réalisant notamment 28 arrêts jeudi.
Devante Smith-Pelly, qui a marqué sept buts en saison régulière, a égalé cette marque en séries et il a fait mouche à 9:52 du troisième engagement pour créer l'égalité 3-3. Puis, il y a Lars Eller, qui a entamé ses séries avec un but vainqueur en deuxième période de prolongation du match no 3 contre Columbus. Son but a empêché Washington de tirer de l'arrière 3-0 dans cette série. Il a marqué le but gagnant de la Coupe Stanley avec 7:37 à faire en temps réglementaire.

« Nous étions une équipe unie, a expliqué Ovechkin. Nous nous sommes fiés à notre système de jeu, peu importe ce qui se passait. »
Mais, avec raison ou injustement, les projecteurs étaient toujours braqués sur Ovechkin. Il a souvent été blâmé pour les insuccès des Capitals en séries par les années passées. C'est la première saison où Washington s'est rendu plus loin que le deuxième tour depuis 1998, alors que l'équipe avait obtenu sa seule autre participation à la Finale (une élimination de 4-0 contre les Red Wings de Detroit).

Il est maintenant débarrassé de cette réputation et ses coéquipiers étaient très heureux de le voir revendiquer un championnat.
« Il a probablement encaissé le gros de la critique simplement parce qu'il est le capitaine et le joueur le mieux payé », a avancé le défenseur Brooks Orpik. « Je pense que beaucoup de gars ont de l'empathie pour lui dans cette situation. Si vous avez regardé la réaction de ses coéquipiers quand il a soulevé la Coupe, je pense que ça en dit long sur ce que les gars pensent de lui. »
Ç'a été une saison remplie d'exploits pour Ovechkin. Il est devenu le premier joueur des Capitals à atteindre le plateau des 1000 matchs, le 1er avril contre les Penguins de Pittsburgh.

Il est devenu le 20e joueur à marquer 600 buts dans la LNH lorsqu'il a réussi un doublé contre les Jets de Winnipeg, le 12 mars, et le quatrième à atteindre ce plateau en moins de 1000 matchs (990), rejoignant Wayne Gretzky (718), Mario Lemieux (719) et Brett Hull (900).
Après avoir marqué 33 buts la saison dernière, son plus bas total lors d'une saison complète depuis ses 32 de 2010-11, Ovechkin a mené la LNH cette saison avec 49 buts pour gagner le trophée Maurice-Richard pour la septième fois.
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Sélectionné par les Capitals avec le premier choix au total au Repêchage 2004 de la LNH, Ovechkin cumule 1122 points (607 buts, 515 aides), a été nommé l'un des 100 meilleurs joueurs de l'histoire de la LNH en 2017, a remporté le trophée Calder (recrue de l'année dans la LNH), le trophée Hart (joueur par excellence) trois fois et le trophée Art Ross (meilleur marqueur) une fois.
Il a également été nommé sur la première équipe d'étoiles ou la deuxième équipe d'étoiles dans 10 des 12 dernières saisons.
Malgré tous ces exploits, on pointait toujours du doigt le fait qu'il n'avait jamais gagné la Coupe Stanley. Ce n'est maintenant plus le cas.
« Il a traversé les trois chapitres, a affirmé Leonsis. Le premier chapitre, c'est celui de ce jeune homme qui arrive de nulle part et qui connait autant de succès. Puis, il y a le deuxième chapitre, où il connait des difficultés. Les gens adorent écrire à propos de quelqu'un qui connait des difficultés. Finalement, le troisième chapitre est ce retour grandiose, et on adore les retours de ce genre. »
« Alex est maintenant là où il doit être. On se souviendra de lui comme l'un des plus grands joueurs et l'un des plus grands leaders de tous les temps. Et il a sa Coupe. »

Alors que la poussière commençait à retomber à la suite des célébrations sur la glace, Ovechkin n'a pu s'empêcher de repenser à une journée au domicile de Leonsis avant de jouer sa première saison dans la LNH en 2005. C'est à ce moment-là qu'il a accepté la mission de remporter la Coupe Stanley, qu'il a complétée jeudi.
« On nageait dans la piscine et il m'a dit qu'un jour, nous allions la gagner, a raconté Ovechkin. C'était la première année. Je ne connaissais même pas l'équipe. Je savais que lui et l'organisation voulaient absolument la gagner. C'est génial. Il y a eu des moments difficiles, mais nous les avons traversés et nous obtenons le résultat. »