Barbashev badge Chaumont

LAS VEGAS – Henri Richard peut dormir en paix. Son record de onze conquêtes de la Coupe Stanley restera encore intouchable longtemps. Mais dans un registre plus actuel, Ivan Barbashev des Golden Knights de Vegas se retrouve à deux victoires d’écrire son nom pour une troisième fois sur le gros saladier.

Barbashev, qui a gagné la Coupe Stanley en 2019 avec les Blues de St. Louis et en 2023 avec les Golden Knights, garde une approche bien sereine par rapport à cette possibilité.

« J’y pense que je pourrais devenir un champion pour une troisième fois. Mais je n’y réfléchis pas trop longtemps, a dit Barbashev avant le premier match de cette finale entre les Golden Knights et les Hurricanes de la Caroline. Tant que nous n’avons pas gagné contre les Hurricanes, je préfère ne pas me concentrer sur ça. Je garde mes deux pieds dans le présent. »

« Quand je pense à notre parcours cette année, je revois un peu les Blues de 2019, a poursuivi le numéro 49. À St. Louis, nous étions au dernier rang du classement général au début du mois de janvier (2 janvier). Nous avons remonté au classement pour finalement battre tout le monde. À Vegas cette année, nous avons traversé des périodes creuses. Nous manquions de constance pendant la saison. Nous avons recommencé à gagner en fin d’année et nous sommes rentrés en séries en confiance. Cette équipe est spéciale depuis l’arrivée de Torts (John Tortorella). »

Dans le camp des Golden Knights, seuls deux joueurs ont remporté le titre à deux reprises : Barbashev et Brandon Saad (2013 et 2015 avec les Blackhawks de Chicago). Des deux, le Russe est celui qui a le rôle le plus prépondérant. Saad n’a endossé l’uniforme des siens qu’à cinq reprises depuis le début des séries et il n’a toujours pas joué un seul match en finale.

Assis aux côtés de son compatriote Pavel Dorofeyev lors de la journée consacrée aux médias au Lenovo Center à la veille du premier match de la finale, Barbashev refusait de consacrer trop de temps à cette possibilité de boire dans la coupe pour une troisième fois.

Il le faisait probablement par superstition, comme celle où les joueurs ne touchent pratiquement jamais au trophée Prince-de-Galles (champion de l’Association de l’Est) ou au trophée Clarence-S.-Campbell (champion de l’Association de l’Ouest).

Barbashev pourrait toutefois devenir l’un des très rares joueurs actifs avec trois sacres. Seuls, Sidney Crosby (2009, 2016, 2017 avec les Penguins), Evgeni Malkin (2009, 2016, 2017 avec les Penguins), Kristopher Letang (2009, 2016, 2017 avec les Penguins), Patrick Kane (2010, 2013, 2015 avec les Blackhawks), Jonathan Toews (2010, 2013, 2015 avec les Blackhawks) et Carter Verhaeghe (2020 avec le Lightning et 2024, 2025 avec les Panthers) comptent trois titres.

VGK@CAR: Barbashev égalise à la 30e seconde de la période

Construit dans le moule des séries

Avec une finale à égalité 2-2 qui se transporte maintenant du côté de Raleigh en Caroline, Barbashev utilisera sa vaste expérience, au sein d’un vestiaire qui mise déjà sur dix autres gagnants, pour calmer les troupes.

En 20 matchs depuis le début des séries, Barbashev a amassé 14 points (six buts, huit passes) et il présente un différentiel de +3. L’ancien des Wildcats de Moncton fait aussi sentir sa présence avec 101 mises en échec, un sommet au sein de la LNH en séries.

S’il n’a pas l’étiquette d’une grande étoile comme Mitch Marner ou Jack Eichel, Barbashev vaut son pesant d’or au sein des Knights. Il a d’ailleurs atteint le plateau des 60 points (61) pour la deuxième fois de sa carrière cette saison.

« Il n’est pas juste bon en séries, il l’est aussi en saison, a rappelé le capitaine Mark Stone. À mon avis, il ne reçoit pas assez d’attention. S’il jouait dans un plus gros marché, comme pour une équipe dans l’Est, Ivan attirerait plus les regards. Il cadre bien avec notre équipe depuis son arrivée de St. Louis. Il complète vraiment bien Jack (Eichel), il est un ailier robuste et intense, mais il peut aussi marquer des buts et il a une bonne vision. Il n’est jamais nerveux quand il se retrouve sur une grande scène. Il l’a démontré à St. Louis et avec nous. »

« Ivan reste toujours constant, a renchéri l’ailier Keegan Kolesar. Son style de jeu le fait probablement ressortir encore plus du lot lors des séries en raison de son intensité. »

Dorofeyev, quant à lui, avait un grand sourire dans le visage en décrivant l’impact de son compatriote.

« Il m’aide toujours, il est comme un grand frère pour moi, a-t-il répliqué. Il m’a aussi fait comprendre assez rapidement que pour connaître du succès dans cette ligue, tu dois bûcher. Et c’est exactement ce que je veux faire. »