Rochette badge Duhamel

« À moins d’un miracle », Théo Rochette ne jouera pas dans la LNH la saison prochaine, mais le rêve de l’attaquant canado-suisse d’y évoluer un jour reste bien vivant.

« Je n’ai pas reparlé à mon agent dans les derniers jours, mais pour l’instant, je ne crois pas que ce sera pour cette année », a-t-il indiqué en entrevue téléphonique avec LNH.com mardi.

« Honnêtement, ça n’a jamais été une chose à laquelle je m’attendais. Ce sera plus dans un ou deux ans, j’imagine. »

Rochette faisait l’objet de rumeurs depuis la fin mai. L’informateur de Sportsnet Elliotte Friedman avait dévoilé dans un épisode du balado 32 Thoughts que quelques équipes s’intéressaient à lui après sa saison de 43 points en 46 matchs en Ligue nationale suisse (LN), puis d’une première participation fort convaincante au Championnat du monde le mois dernier.

« Je sais que des équipes ont communiqué avec mon agent, a-t-il confirmé. Je sais qu’il y en a qui sont intéressées. À quel point? Je ne sais pas exactement, mais la saison prochaine, c’est pas mal sûr que je retourne à Lausanne, à moins d’un miracle. »

Jamais repêché dans la LNH, Rochette, aujourd'hui âgé de 24 ans, a choisi d’emprunter un chemin bien différent des jeunes joueurs de son acabit pour accomplir son objectif d’évoluer au sein de la meilleure ligue au monde. Il a traversé l’Atlantique en 2023, après son stage junior chez les Saguenéens de Chicoutimi et les Remparts du Québec, pour évoluer avec le HC Lausanne.

Depuis, il n’a cessé de poursuivre son ascension. Utilisé à toutes les sauces par son entraîneur Geoff Ward, il juge avoir connu sa meilleure saison en 2025-26. Ses 43 points (22 buts, 21 passes) lui ont conféré le huitième rang de la LN à ce chapitre. Devant lui? Que des joueurs d’au moins 27 ans.

« Ce fut de loin ma meilleure saison, s’est-il réjoui. C’est une ligue où il est très difficile d’être constant offensivement, mais dans mon cas, ce fut beaucoup mieux (que les saisons précédentes) à cet égard. J’ai plus d’expérience, plus de maturité, et physiquement, je me sentais beaucoup mieux. J’avais connu un bon été d’entraînement et je me sentais plus fort, plus explosif au niveau de mes jambes. »

Des signes de progression qui ne sont pas passés inaperçus chez l’équipe nationale suisse. Non seulement l’ont-ils sélectionné pour la première fois de sa jeune carrière pour le Championnat du monde, mais il a profité des absences de Kevin Fiala et Philipp Kurashev pour commencer le tournoi à l’aile gauche de Nico Hischier et Timo Meier, non les moindres, sur le premier trio.

Rochette a été campé dans le rôle du 13e attaquant en deuxième moitié de tournoi, mais a tout de même glané un total de six points (trois buts, trois passes) en 10 rencontres avec l’équipe hôtesse.

« Théo est un super joueur et nous nous entendons très bien. Nous nous comprenons bien et Timo Meier complète bien la ligne », vantait Hischier après le premier match, tel que rapporté par le quotidien suisse Blick.

« Ce n’est pas tous les jours qu’on côtoie des gars comme Nico Hischier ou Roman Josi lorsqu’on ne joue pas dans la LNH, note Rochette au bout du fil. C’était plaisant de passer du temps avec eux, jaser avec eux. »

Encore du coffre à prendre

Rochette vient de connaître sa meilleure année chez les professionnels sur le plan offensif, mais sa capacité à noircir la feuille de pointage était déjà bien documentée depuis quelques années. Le natif de Neufchâtel à Québec avait notamment totalisé 201 points en 131 rencontres à ses deux dernières saisons avec les Remparts.

Mais comme c’est le cas depuis des années, l’attaquant de 5 pieds 11 pouces et 171 livres souhaite encore prendre du coffre. S’il avait évolué dans la LNH cette saison, il aurait été l’un des cinq attaquants les plus légers du circuit. Il se tire bien d’affaire sur les patinoires de dimension olympique en Suisse, mais est conscient de la réalité du hockey professionnel nord-américain.

« Tout le monde sait que je veux devenir plus gros et plus fort, souligne-t-il. D’année en année, ça s’en vient. J’aimerais avoir plus de temps pour m’entraîner, mais je fais du mieux que je peux avec ce que j’ai. »

Chaque été depuis trois ans, il rentre au Québec pour revoir de vieux amis – Zachary Bolduc, Jakob Pelletier et Nathan Gaucher, notamment – mais aussi pour renouer avec son préparateur physique. L’objectif des prochains mois est clair.

« Prendre du poids et de la masse, mais sans perdre trop d’explosivité, nuance-t-il. Travailler fort, mais intelligemment. »

S’il y parvient, il fera un pas de plus vers son objectif ultime. Et peut-être, cet automne, partira-t-il simplement pour mieux revenir.