WALKER BADGE LEPAGE

RALEIGH, Caroline du Nord – Tout juste avant le début de la finale, le directeur général Eric Tulsky expliquait en long et en large le processus qu’il a mis sur pied, visant à dénicher des joueurs qui cadrent parfaitement avec le style de jeu des Hurricanes de la Caroline.

Après cinq matchs dans cette finale, il n’y a plus aucun doute que l’acquisition de Sean Walker sur le marché des joueurs autonomes, à l’été 2024, est le résultat de ce processus rigoureux.

« Il joue un grand rôle dans ce que nous avons établi ici », a résumé l’attaquant Sebastian Aho.

Les Hurricanes se targuent d’être une équipe difficile à affronter, qui ne laisse jamais un seul pouce à l’adversaire. Le défenseur de 31 ans est l’incarnation même de cette mentalité.

À seulement 5 pieds 11 pouces et 191 livres, Walker est de loin l’arrière le plus physique de la troupe de Rod Brind’Amour. Dans ce parcours éliminatoire, il vient au quatrième rang chez les siens pour le nombre de mises en échec (66) – il en a 34 de plus que son plus proche poursuivant en défense, K’Andre Miller.

Il frappe fort. Et il fait mal.

Des quatre coups d’épaule qu’il a servis dans la victoire de 4-2 des siens, jeudi, on en retient deux particulièrement violents : sur Brett Howden au premier engagement et sur William Karlsson en deuxième période. L’attaquant suédois a d’ailleurs dû quitter le match par la suite, et il pourrait rater le reste de la série.

« Ç’a été une longue année et de longues séries pour tout le monde, y compris pour nos adversaires, a réfléchi Walker. Chaque fois que j’ai la chance de frapper quelqu’un, je sais que ça va produire son effet et que ça va le fatiguer. J’essaie seulement de faire ma part. C’est une des clés de nos succès.

« C’est le style que nous voulons jouer en tant qu’équipe. On veut jouer de manière serrée et agressive. Ça ne laisse pas de temps pour faire des jeux, et ça me permet parfois d’en surprendre quelques-uns. »

Même ses coéquipiers restent parfois surpris de la façon dont il punit ceux qui ont le malheur de se trouver sur son chemin. Nicolas Deslauriers, qui a joué avec lui avec les Flyers de Philadelphie, l’a notamment décrit comme une « roche » en ajoutant quelques mots propres à la culture québécoise.

« Il est tellement fort, a renchéri le gardien Brandon Bussi. Je ne voudrais pas être l’une de ses cibles. Il le fait tous les soirs. Son sens de la compétition est son plus grand atout. Pour être honnête, il est exactement le type de défenseur que tu rêves d’avoir devant toi. On lui doit une grande partie de nos succès. »

Comme si ce n’était pas suffisant, Walker a aussi obtenu la passe décisive sur le but gagnant d’Aho dans la victoire qui a permis aux Hurricanes de s’approcher à un gain de la Coupe Stanley. C’était sa troisième aide – son troisième point – des présentes séries.

« Il est incroyable pour nous depuis qu’on l’a acquis l’an dernier, a ajouté Jalen Chatfield. Sa façon de voir le jeu, son intelligence, son coup de patin, son tir, sa mobilité… Il est vraiment bon dans tout. »

La rédemption

La façon de jouer de Walker est d’autant plus impressionnante quand on connaît son histoire.

Jamais repêché, l’Ontarien a dû faire l’impasse sur la saison 2021-22 quand il s’est déchiré le ligament croisé antérieur et le ligament collatéral médial du genou droit alors qu’il portait les couleurs des Kings de Los Angeles – l’équipe qui l’a initialement déniché après trois saisons dans la NCAA.

Walker est passé sous le bistouri et a passé 342 jours sans disputer un traître match. Cinq saisons après cette interminable réadaptation, il est peut-être sur le point de vivre les moments les plus enivrants de sa carrière. Une autre victoire, idéalement dimanche, et son nom sera gravé sur la Coupe Stanley.

« C’est assez fou de penser à ça, a conclu le principal intéressé. Nous sommes à une victoire. Nous devons conserver la même mentalité que nous avons eue tout au long des séries, et espérer obtenir le bon résultat. »

Si les Hurricanes parviennent à la terre promise, il pourra avoir la certitude d'avoir fait sa part du travail.

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