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MILAN – Pendant deux périodes, nous avons cru au « il miracolo sul ghiaccio ».

Mais finalement, le « miracle sur glace » n’a pas eu lieu. L’Équipe Italie s’est inclinée par la marque de 5-2 contre Équipe Suède mercredi lors du premier match du tour préliminaire pour les deux équipes aux Jeux olympiques de Milano Cortina 2026.

Personne n’a été vraiment surpris.

Mais en même temps, personne ne s’attendait au scénario qui s’est déroulé dans ce match disputé au Santagiulia Arena. Immenses négligés, les Italiens ont été dominés 60-22 au chapitre des tirs. Pourtant, ils ont pris les devants 1-0 en première période, créé l’égalité 2-2 en deuxième et lancé un message clair.

« Nous voulons montrer au monde que nous pouvons vraiment jouer au hockey, parce que certaines personnes ne croient pas en nous, a déclaré l’attaquant Luca Frigo. Nous voulons montrer que nous en sommes capables, et je pense que nous l’avons très bien démontré. »

Frigo est né près de Turin, en Italie, site des Jeux olympiques de 2006. Il a indiqué qu’il avait assisté à un match de la Suède à l’époque, sans se souvenir de l’adversaire. Il s’agit des derniers JO où la Suède a gagné une médaille d’or olympique au hockey masculin.

Et le voilà maintenant qu’à 32 ans, c’est lui qui affronte la Suède aux Jeux olympiques.

« C’était vraiment très excitant. C’est incroyable », a-t-il lancé.

L’Italie a obtenu son laissez-passer pour le tournoi à titre de pays hôte, et les 25 joueurs de sa formation totalisaient zéro match d’expérience dans la LNH. Les Suédois, eux, présentaient une formation composée uniquement de joueurs de la LNH, cumulant ensemble 16 880 matchs d’expérience dans la Ligue. Sur papier, il ne devait pas y avoir de suspense.

Mais tôt en première période, le gardien suédois Filip Gustavsson a bloqué un tir lointain et échappé son bâton avant de pouvoir jouer la rondelle. Frigo s’est précipité, a récupéré le disque dans l’enclave et décoché un tir qui s’est faufilé du côté du bloqueur avant de tomber dans le filet à 4:14.

L’Italie menait 1-0.

Frigo a levé le poing pendant que la foule locale rugissait. C’était le premier but de l’Italie dans un tournoi olympique mettant en vedette des joueurs de la LNH depuis celui auquel Frigo avait assisté quand il était enfant. Tony Lob avait marqué ce filet lors d’un match nul de 3-3 contre la Suisse le 21 février 2006.

« C’était incroyable, a-t-il dit. J’ai vu la rondelle bondir devant moi, le gardien avait perdu son bâton, et je me suis dit : “Je dois la mettre dedans.” J’ai eu de la chance qu’elle entre. Devant ma famille, devant mes amis, devant la foule italienne, c’était irréel. »

Le capitaine suédois Gabriel Landeskog a nivelé la marque 1-1 avec un but en avantage numérique à 9:06, puis le défenseur Gustav Forsling a donné les devants 2-1 à la Suède à 17:23. Les tirs étaient alors 27-3 en faveur des visiteurs.

Un tir de plus, et les Suédois auraient égalé le record de tirs au but en une période lors de Jeux olympiques impliquant des joueurs de la LNH. Le Canada avait décoché 28 tirs contre l’Italie le 15 février 2006 dans une victoire de 7-2.

Puis, 27 secondes après le début de la deuxième période, l’attaquant italien Matt Bradley a créé l’égalité 2-2. Bradley est né à Vancouver et a été sélectionné en cinquième ronde (131e au total) par les Canadiens de Montréal au repêchage de 2015. Il n’a toutefois jamais joué dans la LNH, et il évolue maintenant pour le HC Bolzno, en Italie. Il a expliqué qu’il dispute ce tournoi pour son grand-père de 95 ans, Guido Garizitto, qui a grandi en Italie et vit aujourd’hui au Canada.

« Marquer un but pour mon ‘’nonno’’ resté à la maison, c’est une sensation incroyable, unique dans une vie, a affirmé Bradley. Je suis submergé d’émotions pour lui. »

L’attaquant William Nylander a redonné l’avance 3-2 à la Suède à 16:46 de la deuxième, qui menaient 43-11 au chapitre des tirs après deux périodes.

Mais qui sait ce qui se serait produit si le gardien italien Damian Clara était resté dans le match?

Clara, choix de deuxième ronde (60e au total) des Ducks d’Anaheim en 2023, résistait tant bien que mal à la pression. Il a étendu sa jambière gauche pour frustrer l’attaquant Elias Pettersson en échappée à 4:28 de la troisième période, mais s’est blessé et a dû quitter la rencontre à 6:08 avec 46 arrêts au compteur.

L’attaquant Mika Zibanejad a porté la marque à 4-2 pour la Suède à 15:42 du troisième engagement, et le défenseur Victor Hedman a complété la marque dans un filet désert à 17:11.

« Nous savions que Clara était leur meilleur joueur, a dit Hedman. Anaheim est chanceux d’avoir un espoir comme lui. Il a été incroyable et il les a gardés dans le match. Nous aurions pu être un peu plus directs, mais ça ressemblait à un match d’ouverture typique. Les nerfs. Peu importe où tu joues. »

Bradley a expliqué que peu de gens s’attendaient à voir les Italiens accomplir quoi que ce soit, mais qu’ils ont utilisé cela à leur avantage.

« Au final, on attache tous nos patins de la même façon, et on s’est présentés en gardant ça en tête, a-t-il dit. C’est un gros match pour notre confiance en vue de la suite, et nous allons tenter de compétitionner autant que possible. »

L’entraîneur de l’Italie Jukka Jalonen a indiqué qu’il ne connaissait pas l’état de santé de Clara, et que ça aura un impact important sur les performances de l’équipe. Mais la Suède devait représenter l’adversaire le plus coriace des Italiens dans le groupe B. Leur prochain match aura lieu contre la Slovaquie au Rho Arena vendredi (6 h 10 HE; ICI Télé).

« Je pense que dans notre groupe, la Suède est la meilleure équipe, a analysé Frigo. Nous allons simplement y aller, profiter du moment, nous amuser et jouer comme nous savons le faire, et tout peut arriver. »

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