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MILAN – Elvis Merzlikins veut saisir l'occasion de prouver au monde du hockey que le talent, les habiletés et l'esprit de la Lettonie sont aussi grands que le cœur du plus petit des 12 pays qui participent au tournoi de hockey masculin aux Jeux olympiques d'hiver de Milano Cortina 2026.

La Lettonie compte environ 1,83 million d'habitants, presque sept fois moins que la population de l'Ohio (11,9 millions), où Merzlikins évolue chez les Blue Jackets de Columbus.

« Je ne pense pas que je puisse même décrire ce que ça signifierait », a-t-il dit à propos de l'idée de connaître du succès aux Jeux olympiques. « Je dois d'abord faire en sorte que ça se produise, puis je pourrai vous décrire ce sentiment. »

Le gardien de 31 ans ne veut toutefois pas se contenter de pousser la Lettonie vers la victoire.

Merzlikins, qui présente une fiche de 11-8-1 avec une moyenne de buts alloués de 3,49 et un pourcentage d'arrêts de ,888 en 21 matchs avec Columbus cette saison, a aussi à l'esprit qu'il a la chance de prouver qu'il est capable d'élever son jeu sur la plus grande scène du hockey au monde.

S'il est nommé gardien partant de la Lettonie, le premier défi sera imposant.

Les Lettons joueront leur premier match du tournoi contre les États-Unis au Santagiulia Arena, jeudi (15 h 10 HE; ICI TOUT.TV, RDS, CBC Gem, SN, Peacock, USA).

« Quand on est enfant, on se préparait pour de grands moments comme celui-ci, a mentionné Merzlikins. Et après tout notre travail acharné, nous avons obtenu notre billet pour cette grande scène. Je vais tenter de profiter de l'occasion. De ne pas trop y penser, de ne pas m'inquiéter. Je veux saisir l'occasion. Je pense que c'est un test pour moi-même, aussi. Qu'est-ce que tu as dans le ventre, Elvis? Montre-moi. Montre à toi-même ce que tu possèdes.

« Bien sûr, les choses pourraient bien ou mal tourner, tant de choses pourraient se produire, mais c'est encore un défi pour moi. Je veux voir ce que j'ai en dedans. J'ai maintenant 31 ans et je veux voir le résultat de tout le travail acharné que j'ai fait et voir à quel niveau je peux jouer. »

L'entraîneur de la Lettonie Harijs Vitolins n'a pas encore confirmé l'identité du gardien partant contre les États-Unis, entre Merzlikins, Arturs Silovs et Kristers Gudlevskis.

Merzlikins a toutefois laissé entendre que ce sera lui en parlant de la chance d'affronter son coéquipier des Blue Jackets Zach Werenski et en discutant de la possibilité que ce soit le match le plus important dans lequel il aura joué.

À ce jour, il a indiqué que le match « le plus plaisant » auquel il a participé a été celui de la Série des stades de la LNH au Ohio Stadium le 1er mars 2025, lorsqu'il a effectué 43 arrêts dans une victoire de 5-3 contre les Red Wings de Detroit devant 94 751 spectateurs, la deuxième plus grande foule à regarder un match dans l'histoire de la LNH.

« C’était quelque chose d’incroyable, a dit Merzlikins. Quand j’étais enfant, je me souviens avoir regardé (Marc-André) Fleury avec ses jambières bleu poudre (à la Classique hivernale 2008 à Buffalo). J’ai toujours voulu ç. Et c’est finalement arrivé. Je vais être honnête, j’ai été très nerveux tout le long du match. C’est une bonne chose. Le système nerveux nous donne toujours de bons résultats. »

Merzlikins a admis qu’il ne ressentirait pas la même nervosité s’il se retrouve entre les poteaux contre les Américains jeudi.

« Les Jeux olympiques, c’est énorme. J’ai sérieusement attendu ce moment toute ma carrière, mais je ne veux pas me placer dans une mauvaise posture et me mettre trop de pression sur les épaules, a-t-il expliqué. Je tente de faire comme s’il s’agissait d’un Championnat du monde comme les autres. Je ne pense pas aux anneaux olympiques. Je ne les regarde pas. C’est la même équipe américaine, juste un peu différente. La plupart de ces gars-là sont ceux qui jouent pour leur équipe nationale au Championnat du monde. Il y a simplement plus de grandes vedettes ici. Je vais y aller un match à la fois, sans trop réfléchir. »

Tout ce que Merzlikins a à faire, c’est de se tourner vers l’un de ses partenaires devant le filet afin de comprendre pourquoi il est essentiel de demeurer calme, sans éprouver de nervosité, dans le moment présent, pour connaître du succès aux Jeux olympiques.

Il y a 12 ans, en quart de finale des Jeux de Sotchi en 2014, Gudlevskis s’est dressé devant un barrage de 57 tirs du Canada, réalisant 55 arrêts dans un revers de 2-1.

Merzlikins avait 19 ans à l’époque et évoluait avec Lugano en suisse.

« Je me souviens que c’était vraiment énorme, s’est remémoré Merzlikins. Affronter toutes ces vedettes canadiennes à l’époque était vraiment fou. Je sais que certains des gars ont demandé à (Sidney) Crosby s’ils pouvaient avoir un de ses bâtons. Pour nous, c’était vraiment quelque chose de voir ces joueurs. Ça appartient toutefois au passé. C’est de l’histoire ancienne. Nous voulons maintenant modeler notre futur. Nous voulons créer quelque chose de nouveau. Nous allons bien nous préparer et jouer. »

Et s’ils peuvent donner une petite frousse aux États-Unis comme ils l’ont fait contre le Canada il y a 12 ans, et peut-être même créer une énorme surprise, voire faire un bon bout de chemin dans le tournoi, Merzlikins sait ce que ça pourrait signifier pour le hockey letton.

« La dernière fois que nous avons remporté une médaille de bronze au Championnat du monde (2023), le président a décrété un jour férié cette journée-là, a raconté Merzlikins. Pour nous, c’est vraiment énorme. Même si c’était le bronze, c’était vraiment important. Si nous devions rapporter à la maison des médailles olympiques, je ne sais pas ce qui va arriver. Ils vont probablement ériger une statue pour toute l’équipe.

« Mais c’est trop loin dans le futur. C’est notre rêve et nos pensées. Nous vivons dans les faits. Il faut y aller un match à la fois. Il ne faut pas trop penser aux prochains matchs, ou à l’identité de notre prochain adversaire. Le premier match aura lieu contre les États-Unis, nous devrons offrir notre maximum, et faire tout ce que nous pouvons dans ce match. »