NEW YORK – Logan Mailloux n’a pas foulé la glace pour les dix dernières minutes (9:54) en deuxième période dans un revers de 3-2 des Blues contre les Rangers, lundi soir, au Madison Square Garden.
Au son de la sirène annonçant la fin du deuxième tiers, Mailloux gardait la tête basse sur le banc de l’équipe adverse. Mike Weber, le responsable des défenseurs et adjoint à Jim Montgomery, a parlé à l’oreille de son jeune joueur de 22 ans avant de retraiter lui aussi en direction du vestiaire.
Montgomery venait de lui lancer un autre message. Coincé dans le fond de son territoire, Mailloux a vu une interminable présence (2:19) se terminer par un but de Vincent Trocheck, le premier du match pour les Rangers.
Cam Fowler, le partenaire à la ligne bleue de Mailloux, avait aussi un réservoir complètement vide avec une présence de 2:20. Si Fowler n’a pas eu à subir les foudres de son entraîneur, Mailloux a eu droit au traitement offert à un jeune défenseur.
À son premier match après un séjour de cinq rencontres dans la Ligue américaine, Mailloux a terminé sa soirée avec un dossier de -2 et un temps de jeu de 13:59. En fin de match, l’ancien des Canadiens a touché la barre horizontale sur un puissant tir qu’Igor Shesterkin n’avait jamais vu.
Une longue route
Il y a une statistique qui capte l’œil avec Mailloux. Après dix matchs avec les Blues, le grand défenseur droitier de 6 pi 3 po et 212 lb a maintenant un différentiel de -14. Et il n’a toujours pas obtenu de point avec sa nouvelle équipe.
On peut le deviner, mais Mailloux rêvait d’un scénario différent pour ses premiers jours avec les Blues. Après l’entraînement matinal au Madison Square Garden, l’Ontarien a refusé de dire qu’il ressentait une trop grande pression depuis la transaction.
« Je ne sais pas, je reste dur envers moi-même, a dit Mailloux. Je n’ai pas connu le départ que j’espérais avec les Blues. Je ne jouais pas bien avant de retourner dans la Ligue américaine. Je dois juste oublier ça et me relever en jouant du bon hockey. »
Doug Armstrong, le directeur général des Blues, l’avait renvoyé dans la Ligue américaine le 9 novembre dernier. Après cinq matchs où il a marqué deux buts avec les Thunderbirds de Springfield, il a réintégré samedi l’appel qu’il attendait, soit un retour avec les Blues.
« Il n’y a personne qui veut retourner dans la Ligue américaine, a répliqué Mailloux. C’est une évidence. Mais c’était une bonne chose pour moi. J’ai joué des minutes importantes et dans plusieurs rôles. J’ai le sentiment que j’ai regagné en confiance lors de mon séjour à Springfield. »
« Ça faisait du bien aussi de marquer des buts, a-t-il enchaîné. Je n’avais pas ressenti ce sentiment depuis longtemps ! C’était bon pour moi de jouer avec les Thunderbirds. J’ai retrouvé mon élan en faisant une sorte de pause. J’aurai besoin de jouer selon mon identité à mon retour avec les Blues. J’ai besoin d’apporter de la constance. Je dois jouer mon style: bouger la rondelle, défendre mon territoire et offrir de la robustesse. »
Mailloux devra rester patient. Il ne rebâtira pas sa confiance au sein de la LNH en une seule rencontre.
« C’est toujours difficile de vivre une transaction dans la LNH quand tu es jeune et que tu n’as pas beaucoup d’expérience, a rappelé Montgomery lundi matin. Il y avait des attentes pour lui avec les Blues. Mais les Blues n’ont pas connu un bon départ et c’était la même chose pour Logan. »
Robert Thomas, l’un des meneurs au sein de l’équipe, a aussi prôné la patience envers son jeune coéquipier.
« À son arrivée à St. Louis, Logan a capté l’attention de tout le monde. Nous étions émerveillés par son talent. Mais ce n’est pas facile pour un jeune défenseur quand l’équipe ne joue pas bien. Nous avons connu un mauvais départ. Il cherchait à trouver ses repères et à bien se sentir au niveau de la LNH. Il n’a pas encore une grande expérience avec environ 25 matchs (18 matchs). Il aura besoin de temps. Il revient toutefois à un bon moment. Nous jouons du bien meilleur hockey défensivement comparativement aux premières semaines du calendrier. »
Une transaction prévisible
Mailloux n’a pas sursauté le 1er juillet dernier quand il a pris connaissance de la transaction entre les Canadiens et les Blues. Kent Hughes l’a échangé contre l’ailier Zachary Bolduc.
« Quand les Canadiens ont fait l’acquisition de (Noah) Dobson, je me doutais qu’il y aurait un défenseur de trop, a-t-il souligné. Je savais que c’était une probabilité pour moi de partir. Je me retrouvais un peu à l’écart. Il n’y avait pas d’ouverture pour moi à Montréal. Lorsque j’ai appris la nouvelle de l’échange, j’étais excité par cet autre départ avec les Blues. Je ne suis probablement pas le plan que je voulais pour l’instant à St. Louis, mais j’ai confiance de me replacer. »




















