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Quand Marco Sturm s’est entretenu pour une première fois avec Jeremy Swayman l’été dernier, après avoir été embauché à la barre des Bruins de Boston, son message a été fort simple.

« Je ne veux pas parler de ce qui est arrivé dans le passé, je n’en ai rien à cirer. C’était mon message, a raconté Sturm. Je lui ai dit que nous allions de l’avant. »

Ils ont parlé de son importance pour l’équipe, de son rôle chez les Bruins et du besoin de se concentrer uniquement sur les rondelles à arrêter.

Swayman venait de connaître la pire saison de sa carrière dans la LNH, une saison au cours de laquelle il avait raté le camp d’entraînement avant de signer un contrat monstre de huit ans et 66 M$.

Mais pour Sturm, il n’était pas question de ruminer le passé. L’occasion était belle de repartir à neuf.

Swayman a récompensé son entraîneur pour sa confiance avec la meilleure saison de sa carrière. Ça s’est poursuivi en séries éliminatoires de la Coupe Stanley. Swayman est la principale raison pour laquelle les Bruins sont encore en vie dans la série de premier tour contre les Sabres de Buffalo. Ils tirent de l’arrière 3-2 et tenteront de faire durer le plaisir en remportant le match no 6 vendredi au TD Garden (19 h 30 HE; TVAS2, SN360, ESPN, NESN, MSG-B).

Grâce à ses efforts, Swayman a été nommé finaliste pour l’obtention du trophée Vézina, remis au meilleur gardien de la LNH, avec Ilya Sorokin (Islanders de New York) et Andrei Vasilevskiy (Lightning de Tampa Bay). Il a conservé un dossier de 31-18-4 avec une moyenne de buts alloués de 2,71, un taux d'efficacité de ,908 et deux blanchissages en 55 matchs.

« J’en rêve depuis longtemps, a admis Swayman. C’est un honneur exceptionnel d’enfin être dans cette conversation. La plupart des gardiens qui ont remporté le Vézina sont au Temple de la renommée, donc c’est génial d’être dans cette discussion. Je dois attribuer énormément de mérite au groupe devant moi. C’est un honneur collectif, et je suis reconnaissant de faire partie de cette équipe. »

C’est la première fois que Swayman est finaliste pour l’honneur. Lui et Linus Ullmark ont toutefois remporté le trophée William-M.-Jennings en 2023 à titre de gardiens ayant accordé le moins de buts pendant la saison.

« C’est exceptionnel, a dit Sturm. Il est de retour au sommet et il l’a démontré, surtout lors du dernier match. Et toute l’année. C’est bien mérité. Les gars sont très heureux et il devrait être très fier de la manière dont il s’est comporté, surtout après une année comme celle-ci.

« Nous savons à quel point il est important pour notre équipe. Je sais aussi pourquoi nous jouons encore et c’est en grande partie grâce à lui. »

En séries, Swayman affiche une moyenne de 2,87 avec un taux d’efficacité de ,910. Mais en raison de la performance des Bruins samedi dans le match no 4, un revers de 6-1, ces chiffres ne reflètent pas parfaitement l’impact qu’il a eu au premier tour.

Depuis le début de ces séries, l'Américain est l'un des meneurs de l’équipe sur la glace comme dans le vestiaire.

Après une première période catastrophique samedi, Swayman a dit sa façon de penser à ses coéquipiers en quittant la glace. Les Bruins tiraient alors de l’arrière 4-0 et se sont finalement inclinés 6-1, mais ont rappliqué avec une victoire de 2-1 mardi. La passion qu’avait montrée Swayman trois jours plus tôt avait été contagieuse au sein du groupe. Le gardien a d’ailleurs lui-même brillamment rebondi, terminant ce match avec 25 arrêts et un taux d’efficacité de ,962.

BOS@BUF: Swayman vole Kozak avec la jambière en 3e période

« Voilà ce qui est beau de Jeremy : j’ai déjà vu des gars d’expérience montrer de l’émotion, mais ne pas rebondir ensuite. Jeremy, lui, a rebondi et pas à peu près. Il est un leader. Avoir une réaction comme celle-là et être notre meilleur joueur lors du match suivant, c'en dit beaucoup de quelqu'un. »

À l’image de la saison dernière, Swayman a persévéré pour élever son jeu d'un cran.

« Je ne crois pas que j’en serais là si ce n’était pas (de ces difficultés du passé), a soutenu le gardien. Cette année et demie a été un tourbillon dans tous les sens du terme, et c’est finalement en train de devenir une incroyable histoire.

« Ce qui en a émergé d’un point de vue personnel, mais aussi collectif, est assez spectaculaire. Je suis choyé. J’éprouve de la gratitude pour ce parcours, l’état d’esprit que j’ai adopté et la perspective différente que j’ai maintenant sur la vie et le hockey. Ç’a valu ces moments d’adversité. Ma vie a changé. »

Pour ce faire, Swayman s’est appuyé sur ceux qui l’ont aidé à accéder à la LNH, à commencer par son entraîneur des gardiens dans la NCAA, Alfie Michaud, et le directeur du développement des joueurs chez USA Hockey, Steve Thompson. Il a trouvé le moyen, mentalement comme physiquement, de passer au travers d’une saison frustrante, décevante et, surtout, qui ne lui rendait pas justice.

« Je suis très fier, mais pas surpris! », a commenté Thompson. « Jeremy aime le hockey et surtout se préparer pour chaque match. Son équilibre de vie est sain; de quoi compléter à merveille ses habiletés techniques et sa fougue.

On ne doit pas se surprendre, non plus, de voir Swayman briller en séries, sachant qu’à sa dernière participation au tournoi printanier, il avait présenté une moyenne de 2,15 buts alloués par match et un taux d’efficacité de ,933 en 12 sorties contre les Maple Leafs de Toronto et les Panthers de la Floride – éventuels champions.

On ne sera donc pas surpris s’il mène encore par l’exemple vendredi.

« Il a connu une année phénoménale, a conclu le défenseur Nikita Zadorov. C’est grâce à lui que nous sommes ici, en séries. Il a été partie prenante de nos succès. Nous sommes emballés. On espère qu’il aura un peu de temps pour célébrer [sa nomination]. »

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