« On était chanceux de jouer dans un marché où on était l’attraction principale. Ce n’est pas le cas partout. Les Sags, c’est l’équipe de la région. C’était vraiment fort, ce sentiment-là. »
Il l’a toujours été, et il l’est encore aujourd’hui.
Peut-être même encore plus depuis que les partisans peuvent se remettre à rêver. Il faut se promener dans les corridors du mythique amphithéâtre pour les entendre parler des joueurs, des résultats et de la formation des trios, comme le font les partisans des Canadiens de Montréal.
« La pression vient avec du soutien aussi », a relativisé le défenseur Alex Huang. « Tout le monde est derrière nous. Il y a une raison pour laquelle c’est difficile de jouer ici, et ce ne sont pas juste les dimensions olympiques de la glace (rires). »
Des collègues des médias locaux confirment que les émotions des hauts et des bas de la saison sont vécues aussi intensément qu’elles peuvent l’être dans la métropole quand il est question du Tricolore.
« Ça fait longtemps que c’est comme ça, a souligné Jean. Quand je jouais, c’était difficile pour les clubs adverses de venir ici. J’étais ti-cul et c’était la même chose. Les gars se promènent dans la rue et se font dire qu’ils sont beaux, bons et fins. Il ne faut pas se laisser emporter par ça et rester dans le moment. »
« C’est une vraie ville de hockey », a renchéri l’entraîneur adjoint Félix Bibeau, qui a lui aussi porté les couleurs de l’équipe, en 2020. « On est dans une région plus isolée. Ce sont leurs Canadiens à eux. C’est un privilège de jouer dans un marché comme celui-là, et les gars en sont conscients. Ils gèrent bien ça au quotidien. »
L’appartenance, valeur fondamentale
Quand il est rentré au bercail il y a plus de 10 ans, Jean voulait d'abord raviver le sentiment d’appartenance à l’équipe, à la région, et le transmettre à ses ouailles. Il savait que le reste suivrait.
« Ça commence avec Yanick qui a joué ici, et Neppy qui est là depuis tout près de 50 ans », a appuyé l’adjoint Olivier Bouchard, un natif de Chicoutimi. « Ils sont fiers d’être Sags. C’est ma vie aussi : je n’ai pas manqué beaucoup de matchs en grandissant et j’ai rêvé de jouer pour l’équipe.
« Les joueurs embarquent là-dedans et les fans sont proches de nous. Ça fait grandir l’appartenance. »