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BUFFALO – Les cris ont commencé à la seconde où les joueurs des Sabres de Buffalo ont émergé du tunnel. Les partisans étaient debout. Les pompons étaient brandis. La musique résonnait. L’ambiance était électrique. On parle ici des chanceux qui se trouvaient à l’intérieur de l’amphithéâtre. Il y en avait beaucoup, beaucoup d’autres à l’extérieur qui faisaient la fête de leur côté. Ils tenaient dans les airs des répliques de la Coupe Stanley en papier d’aluminium, ils démolissaient des mannequins portant le chandail des Bruins de Boston, et exubéraient comme ils ne l’avaient pas fait depuis 15 ans.

Et pour certains d’entre eux, comme jamais auparavant. 

Ils savaient que ce serait spécial, un match qu’ils souhaitaient, qu’ils avaient demandé en prière, qu’ils avaient attendu patiemment, et moins patiemment. Ils n’avaient aucune idée à quel point cette partie allait être spéciale. 

Il y avait 12 minutes d’écoulées en troisième période, et les Sabres demeuraient incapables de s’imposer, incapables de venir à bout du gardien des Bruins Jeremy Swayman, lorsque Buffalo est finalement parvenu à obtenir une petite ouverture. Cette étincelle est venue du bâton de Tage Thompson, qui a récupéré une rondelle à l’arrière du filet avant de la glisser entre la jambière de Swayman et le poteau gauche. 

Ce fut suffisant. Suffisant pour semer l’hystérie dans l’amphithéâtre, pour donner une chance aux Sabres. Pour permettre aux siens de marquer encore, et encore, et de finalement transformer un déficit de deux buts en un gain de 4-3, et en une avance de 1-0 dans leur série de première ronde de l’Association de l’Est. 

Ce fut suffisant pour mettre un baume sur les vieilles blessures des loyaux partisans des Sabres, en laissant entendre que plus de réjouissances étaient à venir. 

« Nous vivons pour ce genre de match, a lancé Thompson. Nous voulons disputer ces matchs. Ça fait longtemps que nous attendons. »

Dans son cas, il avait attendu toute sa carrière de prendre part à une partie des séries éliminatoires de la Coupe Stanley, et d’avoir la chance de vivre ce que son père a vécu quatre fois au cours de sa carrière, avec les Kings de Los Angeles en 1992. Il attendait ce moment depuis qu’il est arrivé à Buffalo avant la saison 2018-19, devenant au fil des saisons un marqueur de 40 buts, un joueur de premier plan, une force sur la patinoire. 

Ce qu’il a vécu dimanche, il n’aurait jamais pu l’imaginer. 

Il a donc fait mouche à 12:02 de la troisième période pour inscrire les siens au pointage.

BOS@BUF: Les Sabres viennent de l'arrière en 3e période du match no 1

Il a récidivé à 15:44 de la troisième période, après avoir vu Alex Tuch lui remettre la rondelle à la ligne des buts après avoir remporté sa bataille le long de la rampe. 

Puis, 52 secondes plus tard, alors que l’annonceur maison venait tout juste d’annoncer son but égalisateur, Mattias Samuelsson a battu Swayman d’un tir des poignets du côté rapproché sur une passe de Jack Quinn, ce qui a déclenché la « pagaille » à laquelle l’ancien attaquant des Sabres et actuel porte-couleurs des Bruins Casey Mittelstadt avait dit s’attendre le matin même. 

« C’était probablement le bruit le plus fort que j’ai entendu de ma vie, a avancé le gardien des Sabres Ukko-Pekka Luukkonen. C’est le genre de chose que l’on ne peut pas… on sait que ça va être bruyant, que ce sera électrique, mais on ne peut absolument pas imaginer à quel point ce sera bruyant.

« Ces partisans sont la raison pour laquelle nous faisons tout ça. Ce sont eux qui ont attendu le plus longtemps, alors je suis vraiment heureux que nous ayons pu l’emporter ce soir. »

Tous les joueurs ont mentionné les partisans, ceux qui remplissent les gardiens pendant la période d’échauffement, arborant des chandails de joueurs actuels et passés, de Peca à Hasek, en passant par Vanek, Miller et Perreault, sans oublier ceux de Thompson, Dahlin, Power Tuch et Luukkonen. 

Ce sont ces partisans qui étaient responsables de la bannière déroulée le long du mur tout en haut de l’amphithéâtre entre les sections 302 et 304 où on pouvait lire « Une attente de 5472 jours » et « Un avenir meilleur s’amorce! ». 

Ce sont à ces partisans que les joueurs pensaient après la rencontre. 

« On pouvait sentir l’édifice vibrer, et même dans les hauteurs de l’aréna, ils devaient dire la même chose, a dit l’entraîneur des Sabres Lindy Ruff. L’atmosphère était incroyable. C’était super de pouvoir offrir ça à nos partisans en troisième période. »

Les Sabres, comme ils l’ont fait si souvent au cours des dernières années, ont mis leur foi à l’épreuve, en tirant de l’arrière 2-0 en vertu de buts inscrits par Morgan Geekie à 10:52 de la première période et par Elias Lindholm à 1:08 du troisième engagement. La foule a ensuite hué le jeu de puissance de Buffalo, qui n’a toujours pas marqué depuis le 2 avril en 26 occasions. 

Ce problème pourra toutefois attendre à plus tard. 

Parce qu’ils sont venus de l’arrière. Parce qu’ils ont gagné. Parce que Thompson, Samuelsson et Tuch ont marqué, et parce que Luukkonen a fait les arrêts. Parce que l’équipe a gardé son calme pendant le deuxième entracte, même lorsqu’elle perdait par deux buts, et même avec une possible déception qui commençait à se faire sentir. 

Les joueurs pourront maintenant profiter de leur victoire, de la joie qu’ils ressentent, et de ce sentiment que cette équipe est peut-être différente. Qu’elle est spéciale. 

Ils ont travaillé si dur, et si longtemps, pour en arriver là.

« Nous avons disputé des matchs qui nous ont préparés à celui-là, a avancé Thompson. Je pense que huit années d’adversité donnent assez d’expérience pour s’y préparer. Quand on passe huit ans à ne pas faire les séries et qu’on y accède enfin, on ne veut surtout pas avoir de regrets. 

« On est juste très affamés. On ne veut pas rater cette chance. Ce soir, c’était important de s’imposer et d’établir nos standards. Je crois qu’on peut encore élever notre niveau de jeu. On doit tenter de le faire à chacune des parties. »

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