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EAST MEADOW, État de New York – À quatre jours de son grand retour au Madison Square Garden, Artemi Panarin pense déjà à ce duel qui l’opposera à ses anciens coéquipiers, puis à l’accueil que lui réserveront les partisans des Rangers de New York.

« J’aurais aimé que ça ait lieu l’an prochain, mais ce sera finalement beaucoup plus tôt », a-t-il convenu jeudi, après un entraînement des Kings de Los Angeles à Long Island.

Panarin renouera avec le mythique MSG alors que les Kings affronteront les Rangers, son équipe des six dernières années et demie. Ces retrouvailles s’effectueront moins de six semaines après l’échange l’ayant fait passer de la Grosse Pomme à la Californie le 4 février.

Même s’il a encore deux matchs à jouer d’ici là – contre les Islanders de New York vendredi et les Devils du New Jersey samedi – Panarin doit déjà gérer ses émotions pour ce qui l’attend.

« Je vais probablement tenter d’être plus calme, mais je risque d’être nerveux et ça va affecter mon jeu, a-t-il affirmé. Je vais essayer de gérer ça plus intelligemment. J’ai hâte de retrouver les partisans. »

Panarin a fait ses débuts avec les Rangers il y a presque sept ans, quelques semaines après la signature d’un contrat de sept ans et 81,5 M$ avec l’équipe.

Il a été le meilleur pointeur des Rangers lors de ses six saisons complètes à Manhattan, et il était encore leur meilleur pointeur au moment de l’échange avec 57 points (19 buts, 38 aides) en 52 matchs depuis le début de la saison.

Panarin se classe au neuvième rang dans l’histoire des Blue Shirts au chapitre des points. Il en a totalisé 607 (205 buts, 402 aides) en 482 rencontres de saison régulière, puis 35 (12 buts, 23 aides) en 46 matchs de séries éliminatoires. Il a aidé les siens à accéder à la finale de l’Est en 2022 et 2024.

Mais l’organisation et l’attaquant de 34 ans n’ont pu en venir à une nouvelle entente avant le début de la saison et dans les mois suivants, les négociations avaient atteint une impasse.

En janvier, le DG des Rangers, Chris Drury, avait pris la décision de ne pas octroyer de nouveau contrat à son joueur vedette. Quelques jours plus tard, il publiait une lettre aux partisans dans laquelle il évoquait une réinitialisation de la formation et le départ potentiel de quelques favoris de la foule.

« Tu n’y crois pas jusqu’à ce qu’on t’en parle, a dit Panarin. Je jouais bien. Au début de la saison, j’étais trop dans ma tête, mais j’avais ajusté le tir entre temps. J’avais espoir pour la fin de la saison avec les Rangers, mais finalement, j’ai été échangé. C’est correct. »

Panarin a une clause de non-mouvement rattachée à son contrat, et il comptait la lever uniquement s’il pouvait signer un nouveau contrat au moment de l’échange. Ce que les Kings ont accepté de faire, cédant Liam Greentree et des choix conditionnels de troisième et quatrième tours aux Rangers avant de s’entendre avec leur nouvelle acquisition pour deux ans et 22 M$.

« C’est mieux que ce à quoi je m’attendais, a avoué l’attaquant vedette. L’équipe est meilleure que je pensais. On a de bons attaquants, de bons défenseurs et de bons gardiens. Je suis emballé. En espérant qu’on participe aux séries. »

Les Kings pointent au neuvième rang du classement de l’Association de l’Ouest. Ils ont autant de points que le Kraken de Seattle, huitième, mais Los Angeles a disputé un match de plus que ses rivaux.

Jumelé majoritairement à Adrian Kempe et Anze Kopitar sur le premier trio, Panarin est le meneur chez les Kings avec six aides depuis son arrivée. Il totalise huit points dans ses nouvelles couleurs.

VGK@LAK: Un premier point pour Panarin avec les Kings

« Il est bon! », s’est exclamé le vétéran défenseur Drew Doughty. « Il a instantanément rendu notre avantage numérique plus dangereux. Il est un joueur habile qui réussit des jeux et qui est en contrôle de la situation. Ses jeux sont parfois risqués, mais semblent simples pour lui. C’est ce qui est le plus spécial de ce joueur. Son trio est en feu présentement. »

Plus d’un mois après son départ, Panarin ne s’ennuie pas encore de New York.

« Je suis persuadé que je serai nostalgique l’an prochain, mais pour l’instant, il est encore trop tôt. »

Il était toutefois bien heureux de retrouver son appartement à Manhattan mercredi soir.

« C’était super! », a-t-il dit.

Pour leurs trois premières semaines sur la côte ouest, la famille Panarin est demeurée chez Vladislav Gavrikov, un ancien coéquipier des Rangers qui évolue présentement pour les Kings.

Ironiquement, Panarin avait hébergé la famille Gavrikov dans sa demeure de Greenwich au Connecticut avant leur départ pour Los Angeles l’été dernier.

« Il m’a donné trois semaines, je lui ai donné trois mois. C’est correct… », a-t-il lancé à la blague.

Le principal intéressé loue maintenant une maison à Los Angeles et, de jour en jour, il sent mieux dans la ville des anges. Il pensait s’acclimater plus tôt en s’y installant pendant la pause olympique, en vain.

« J’étais trop dans ma tête. Ça m’a pris deux ou trois matchs pour me calmer, a expliqué Panarin. Parfois, jouer le lendemain d’un échange est mieux, parce que tu n’as pas le temps de penser. Là, j’avais du temps. Et quand je pense trop, je me donne du trouble. »

Voilà maintenant qu’il pense à lundi. Ce sera à la fois étrange, stressant et emballant pour Panarin, qui ne regrette pas sa décision d’avoir accepté un échange à Los Angeles.

« À mon âge, si je devais être échangé, je voulais au moins poser mes valises pour un bout de temps. Et je ne voulais pas que ma nouvelle équipe ou ma nouvelle ville me rendent triste. Là, seuls les impôts me rendent triste. »