___New Slaf blog_June_FR

Juraj Slafkovsky, qui a été le premier choix au total du Repêchage de la LNH 2022 par les Canadiens de Montréal, a accepté de partager mensuellement avec LNH.com les dessous de sa vie de hockeyeur professionnel. Pour une quatrième année déjà, il discute de sa saison sur la glace, mais aussi de ses expériences à l'extérieur de la patinoire.

Bonjour à vous tous,

Je poursuis la tradition avec un troisième blogue depuis le début des séries. Au moment de m’entretenir avec vous, une petite poignée de mes coéquipiers patinent sur la glace du Lenovo Center pour un entraînement optionnel au lendemain de notre victoire de 6-2 contre les Hurricanes de la Caroline au premier match de la finale de l’Est. 

Pour ma part, j’ai opté pour du repos. Je me retrouve dans un corridor de l’aréna à l’extérieur du vestiaire des visiteurs. J’aime vraiment le niveau de confiance au sein du groupe. Nous croyons en notre système, mais aussi en nos coéquipiers. 

Nous avons prouvé contre le Lightning de Tampa Bay et les Sabres de Buffalo, en gagnant deux marathons de sept matchs, que nous comptons sur plus de 20 bons joueurs. Il y a toujours quelqu’un pour saisir le flambeau. Nous gagnons en équipe, pas avec un seul joueur. 

Mentalement, nous savions que nous pouvions battre les Hurricanes d’entrée de jeu. Nous l’avons fait à trois reprises cette saison. Le jeu des séries reste différent. Malgré cela, nous connaissons leurs tendances. Les Hurricanes ont une très bonne équipe et nous pouvons rivaliser avec eux.

Je me réjouis de ce gain dans le premier match. Je reste toutefois réaliste. Les Hurricanes n’avaient pas joué depuis 12 jours. Il y avait donc une sorte de piège pour eux. Ils devaient regagner leur rythme. Je me connais et je peux vous confirmer que j’aurais eu de la misère à redémarrer la machine après une aussi longue pause. Tu ne peux pas recréer l’intensité d’un match lors d’un entraînement.

Je m’attends à voir les Hurricanes rebondir pour le deuxième match. Ils montreront leur meilleur visage. Mais nous voudrons aussi mieux jouer.

Sur le plan personnel, j’ai aimé mon premier match (deux buts, une passe). Nous avons regagné notre mordant à 5-contre-5. Nick Suzuki (trois passes) et Cole Caufield (un but, une passe) ont aussi connu un très bon départ. Nous ressemblions au premier trio de la grande majorité de nos matchs cette saison.

MTL@CAR: Slafkovsky se présente seul et bat Andersen pour faire 5-2

Je sais que les gens ont beaucoup parlé de notre production à 5-contre-5 face au Lightning et les Sabres. Je ne me placerai pas la tête dans le sable. J’aurais voulu en offrir plus, tout comme Suzy et Cole. Mais nous ne perdions pas le sommeil avec ça. Tant que l’équipe gagne, nous restons heureux. Et nous marquions quand même des buts en supériorité numérique. 

Je me disais que c’était une question de temps avant que nous débloquions à égalité numérique. J’espérais toujours y arriver au match suivant. Nous l’avons fait face aux Hurricanes pour cette première rencontre de la finale de l’Est. 

Pour ma part, j’ai marqué deux buts en troisième période. Avant ce match, je n’avais pas encore touché la cible à 5-contre-5.

Sur mon premier but, j’ai fait confiance à mes propres habiletés. J’ai saisi une passe de Nick et j’ai déjoué le rival qui se retrouvait devant moi. Si je reste très honnête, je ne savais pas que j’avais un attaquant devant moi. Ça se passe trop vite. Je me disais que c’était (Andreï) Svechnikov ou (Jaccob) Slavin. Je n’étais pas certain, puisqu’ils ont la même couleur de tape sur leur bâton et des patins semblables. Ils sont aussi deux gauchers. Quand j’ai commencé ma feinte, j’ai fini par reconnaître Svechnikov. Je me disais qu’un défenseur n’aurait pas mordu autant. Je me suis surpris moi-même. C’était un de mes beaux buts cette année. 

Mais j’étais aussi heureux de marquer dans un filet désert. Je rate trop souvent de chances quand il n’y a aucun gardien devant moi. 

Suzuki dort mieux sur la route

J’ai assez parlé de moi. Je dois aussi offrir de l’amour à mes coéquipiers. Je l’ai déjà dit, mais notre profondeur représente une grande force de notre équipe. À mes yeux, nous comptons sur quatre bons trios et trois solides duos à la ligne bleue. Et Jakub Dobes fait de petits miracles pour nous. 

Nous voulons également suivre notre capitaine, Nick. J’ai lu récemment qu’il a maintenant 14 points (4 buts, 10 passes) en 9 matchs sur la route. Je ne peux pas expliquer parfaitement ses succès. Mais j’ai une théorie en tête. Il dort mieux à l’hôtel. Il est le papa le plus heureux du monde avec sa petite fille, mais j’imagine que ce n’est jamais facile avec un bébé à la maison. 

Phillip Danault connaît aussi de très bonnes séries. Il est un autre gros facteur de nos succès. Phil est un centre vraiment intelligent. Il a marqué lors du septième match à Buffalo et il a encore marqué au premier match contre les Hurricanes. Au-delà de la production offensive, il fait absolument tout sur la patinoire. Il gagne ses mises en jeu, il écoule des punitions, il est toujours là pour protéger une avance. J’espère maintenant qu’il mangera encore de la pizza à la fin de cette finale de l’Est. 

Pour Dobes, je n’ai rien de trop nouveau à dire. Il reste le même gardien et le même bouffon. Il joue du hockey incroyable pour nous. Je le trouve tellement combatif. 

D’ici la fin de cette série contre les Hurricanes, nous devrons bien gérer notre niveau d’énergie. Nous avons joué plusieurs matchs (15) depuis le début des séries. Le repos sera essentiel. 

Parlant de repos, quand je ferme mes yeux, je vois toujours la même chose. J’imagine notre équipe en finale de la Coupe Stanley. Nous y croyons. Nous le voulons. Je ne veux pas juste y rêver, je veux y arriver. 

Propos recueillis par Jean-François Chaumont, journaliste principal LNH.com