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MILAN – Comme tout le monde, Mike Richter était estomaqué quand il a vu Connor Hellebuyck réaliser l’arrêt qui a fait le tour de la planète hockey. Cet arrêt, l’un des 41 du gardien, a fait la différence pour Équipe États-Unis dans la victoire de 2-1 en prolongation contre Équipe Canada dans le match de la médaille d’or aux Jeux olympiques d’hiver de Milano Cortina 2026 dimanche au Santagiulia Arena.

Dans les premières minutes de la deuxième période, le défenseur du Canada Devon Toews s’est avancé dans l’enclave, à quelques pieds de Hellebuyck. Il avait la rondelle sur la lame de son bâton et un filet ouvert devant lui. Son tir vif aurait dû se transformer en but, mais ce n’est pas ce qui s’est produit.

Hellebuyck, qui faisait face au coin de la patinoire d’où la rondelle était venue, a étiré son bâton derrière lui et est parvenu à toucher la rondelle, gâchant une occasion en or des Canadiens, toujours à la recherche d’un but.

Richter, le gardien qui a conduit les États-Unis à la victoire contre le Canada à la Coupe du monde de hockey 1996, a vu l’arrêt en direct. Il regardait cette nouvelle génération de joueurs américains tenter de remporter l’or aux Olympiques pour la première fois depuis 1980.

Questionné sur ce tour de magie de Hellebuyck, Richter n’a pu que sourire et secouer la tête. Il a ensuite nommé certains des grands à avoir joué aux Olympiques.

Il a mentionné Patrick Roy, gagnant de la médaille d’or avec le Canada. Il a parlé de Dominik Hasek, dont le brio a conduit la République tchèque à une victoire surprise contre le Canada aux Olympiques en 1998. Il a même nommé Jim Craig, le légendaire gardien des États-Unis lors du « Miracle sur glace » de 1980.

« J’ai vu la reprise environ 10 fois, et il n’abandonne pas sur la rondelle », a dit Richter, qui avait signé deux victoires consécutives de 5-2 contre le Canada pour remporter la Coupe du monde de hockey 1996. « Regardez tous les grands gardiens, les Patrick Roy, les Dominik Hasek. […] Hasek était extraordinaire, et les gens disaient qu’il était chanceux. Il ne l’était pas. Il n’abandonnait pas. »

Hellebuyck n’a pas abandonné, même si les probabilités jouaient contre lui sur cette séquence. Richter comprend bien le désespoir d’un tel moment, les décisions qui se prennent en une fraction de seconde et la confiance en ses réflexes.

« Toews a obtenu la rondelle et il a tiré rapidement, a-t-il ajouté. Il n’aurait pas pu mieux faire pour décocher son lancer. Il semblait avoir un filet ouvert, mais pas quand il y a un bâton qui s'interpose aussi rapidement.

« [Hellebuyck] a fait exactement ce qu’il devait faire. Il a été en parfaite position toute la soirée. Il n’était pas en position optimale sur ce jeu, et dans ces situations, c’est ta volonté d’avoir la rondelle qui fait la différence. »

Les Américains se sont nourris de cet arrêt et de la confiance de Hellebuyck durant tout le match.

À la fin, le défenseur Charlie McAvoy a mentionné avoir vu cet arrêt contre Toews comme le moment tournant. Pas avec du recul, mais bien sur le moment.

« J’ai crié sur le banc que c’était le moment qui allait faire la différence, a raconté McAvoy. J’ai dit à la blague que c’était le “Moment tournant TSN” (TSN Turning Point). J’ai dit aux autres de se souvenir de cet arrêt. Puis, il a fait d’autres bons arrêts. »

Celebrini chance

Par moments, les arrêts de Hellebuyck ont semblé démoraliser les joueurs canadiens. Ils ont raté plusieurs occasions en tentant des jeux parfaits autour du filet.

« Nous devons lever notre chapeau à leur gardien, il a été extraordinaire », a affirmé l’attaquant canadien Sam Bennett. « Nous avons eu plusieurs chances. Nous avons généré les chances que nous voulions, mais parfois, un gardien vole un match et il a fait du bon travail. »

La dernière fois que les Américains avaient remporté l’or aux Olympiques, en 1980, Craig avait été le héros. Dans la victoire inattendue contre l’Union soviétique, il y a 46 ans jour pour jour, il avait réalisé 36 arrêts dans un improbable gain de 4-3 contre la meilleure équipe du hockey.

« Il s’est inspiré de Jimmy Craig ce soir », a dit McAvoy au sujet de Hellebuyck. « Il a été incroyable. Il a réalisé tellement d’arrêts. »

Richter avait regardé ce match à l’âge de 9 ans. Son amour du hockey en a été transformé.

Il dit avoir eu une pensée pour Craig en deuxième période, quand le Canada dominait.

Hellebuyck n’a pu stopper un tir précis de Cale Makar qui a créé l’égalité 1-1, mais il a arrêté chacun des 18 autres tirs auxquels il a fait face au deuxième engagement. Richter a eu des visions de Craig, qui avait tenu le fort pendant les Russes attaquaient en vagues contre les Américains.

« En 1980, je pense que c’était Ken Dryden (l’analyste à ABC) qui avait dit qu’ils se fiaient trop à Jim Craig, a dit Richter. Mais tu encaisses des coups et tu répliques dans des matchs entre puissances comme celui-là.

« Il y a du momentum. Tu vas frapper des poteaux, et les deux équipes l’ont fait et ont raté des occasions. Mais ton gardien doit te garder dans le match jusqu’à ce que tu trouves tes jambes, et c’est ce qu’il a fait. Il a été extraordinaire dans la deuxième moitié du match. »

La domination de Hellebuyck a pavé la voie à la première victoire des États-Unis aux Olympiques en 46 ans, leur troisième au total.

« Cette médaille d’or était l’objectif de tout un pays, pas seulement de l’équipe américaine », a martelé Hellebuyck.