Les joueurs de la LNH participeront aux Jeux olympiques d'hiver de Milano Cortina 2026, et c'est la première fois qu'ils se retrouvent sur la scène olympique en 12 ans. Afin d'offrir un aperçu privilégié de l'expérience des Jeux olympiques, LNH.com a fait appel à plusieurs anciens joueurs, entraîneurs et dirigeants pour recueillir leurs impressions. Aujourd'hui, le gardien Martin Brodeur, double médaillé d'or avec le Canada.
En un match, un match on ne peut plus dramatique, Connor Hellebuyck a modifié la perception à son endroit.
Pour toujours.
Peu importe ce qui va se produire au cours de sa carrière à partir de maintenant, le gardien des Jets de Winnipeg a finalement remporté un honneur collectif, c’est-à-dire la médaille d’or avec les États-Unis aux Jeux olympiques d’hiver de Milano Cortina 2026.
Ce dimanche après-midi à Milan, sur la plus grande scène, il a choisi le meilleur moment pour livrer la performance de sa vie.
C’est Jack Hughes qui a marqué le but en prolongation qui a procuré aux Américains un gain de 2-1 contre le Canada pour donner à son pays sa première médaille d’or en hockey masculin depuis le « Miracle sur glace » de 1980.
C’est toutefois Hellebuyck qui a permis à son équipe de se rendre jusque-là avec ses 41 arrêts, dont deux sur des échappées de Connor McDavid et Macklin Celebrini.
Et grâce à cette performance, quand nous allons regarder la liste des gardiens qui ont remporté l’or pour les États-Unis au cours de leur histoire, il y aura trois noms sur cette liste.
Jack McCarthan, en 1960.
Jim Craig, en 1980.
Connor Hellebuyck, en 2026.
Impressionnant.
Hellebuyck a remporté trois fois le trophée Vézina, notamment au cours des deux dernières campagnes, à titre de meilleur gardien de la LNH. Il traînait toutefois cette réputation, à tort ou à raison, de faire preuve de beaucoup d’inconstance dans les moments importants, notamment pendant les séries éliminatoires de la Coupe Stanley.
Il y a un an, il a suffisamment bien joué pour permettre aux États-Unis de participer à la finale de la Confrontation des 4 nations. Mais après avoir vu le gardien du Canada Jordan Binnington réaliser plusieurs arrêts époustouflants pour garder son équipe dans le match, Hellebuyck n’a eu aucune chance sur le tir de McDavid qui brisait une égalité de 2-2 en prolongation.
Dimanche, les rôles ont été inversés. Cette fois, c’est Hellebuyck qui a triomphé de Binnington, même si le gardien du Canada a été très bon dans la défaite.
Je suis probablement le meilleur exemple pour illustrer comment une médaille d’or olympique peut changer la perception des gens à notre endroit.
Je n’avais jamais remporté le trophée Vézina avant de gagner ma première médaille d’or avec le Canada. J’ai inscrit mon nom à quatre reprises sur ce trophée par la suite.
Je crois que les gens vous regardent d’un autre œil quand vous faites bien sur une scène comme celle-là. Et ça ne sera pas différent pour Connor. Je sais qu’il a déjà connu du succès avant le tournoi olympique, mais il n’avait jamais gagné un tournoi majeur, ou encore la Coupe Stanley.
Je sais très bien que ça va changer la manière dont les gens vont le regarder. Ce n’est pas comme s’il n’était pas déjà considéré comme l’un des meilleurs gardiens au monde de toute manière.
Mais il vient de le confirmer de la plus belle des manières.
Je demeure persuadé que le Canada formait la meilleure équipe. Hellebuyck est toutefois celui qui a fait la différence.
Il s’agit d’un autre exemple où nous pouvons, les gardiens, faire la différence quand nous sommes dans « la zone ».
Qu’est-ce qu’on ressent quand on se trouve dans « la zone » comme ce fut le cas pour Hellebuyck?
Quand on se sent comme ça, la rondelle semble vraiment énorme pour nous. Nous sommes capables de la voir, peu importe d’où elle arrive. Nous trouvons toujours un moyen pour nous placer devant elle.
Et l’inverse est aussi vrai. Il y a des moments où nous semblons incapables de réaliser un arrêt, peu importe à quel point nous tentons de le faire.
Quand nous sommes dans la zone, nous avons le sentiment que personne ne peut nous battre cette journée-là. Nous nous fions à notre technique, nous savons que nous sommes de bons athlètes, et nous lisons très bien le jeu. La rondelle nous semble très grosse. Nous nous déplaçons quand la rondelle arrive, et alors que tout le monde pense qu’elle va se retrouver au fond du filet, nous sommes juste assez à l’aise pour l’effleurer et l’empêcher d’entrer dans notre but.
C’est vraiment agréable de se sentir comme ça.
Mais encore une fois, l’envers de la médaille est une sensation très désagréable



















