Même si ce ne sont pas ces essais ratés qui ont coûté la victoire au Canada contre la Tchéquie à son premier match du tournoi, lundi, les manœuvres des deux jeunes sensations sont en quelque sorte devenues la métaphore parfaite de la contre-performance générale de l'équipe.
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Trop de dentelle, trop de jeux individuels et trop peu de travail.
« Ce n'est pas qui nous sommes, a résumé l'attaquant Dylan Guenther. Nous n'atteindrons pas la finale en marquant des buts comme ça. Je comprends que c'est beau à voir, mais c'est un peu à l'image de notre façon de jouer. Nous tentons de gagner avec de beaux jeux. Ce n'est pas comme ça que ça fonctionne.
« Il faut jouer de la bonne façon. Il faut jouer ensemble comme équipe, et ça commence avec la simplicité. Il faut gagner nos batailles. Notre talent n'est pas le problème, c'est notre niveau de compétition. »
C'est le constat que les Canadiens ont pu faire, mardi, en tenant une rencontre d'équipe à la veille de leur affrontement contre l'Allemagne. Le plan de match, pourtant suivi à la lettre pendant les trois rencontres préparatoires, a rapidement pris le bord et la fameuse « méthode canadienne » n'a pas été appliquée.
« On n'a rien montré de notre identité, a reconnu le Québécois Nathan Gaucher. On s'est éloignés du plan et on est arrivés en pensant que ça allait être facile. On s'est fiés sur nos habiletés comme équipe et on n'a pas joué de la façon canadienne. »
Cette méthode est en quelque sorte devenue un standard à respecter dans la manière de bâtir l'équipe et de jouer ensuite. En résumé, les dirigeants canadiens veulent une équipe rapide, efficace en transition, impliquée physiquement et, surtout, travaillante.
Quand on ajoute à cette recette le niveau de talent que le pays possède, ça crée habituellement une voie rapide vers la ronde des médailles. Jusqu'à présent, on sait que le talent est là - probablement même plus que dans la dernière décennie. Reste à jouer de la bonne façon.
« C'est bien qu'on puisse le constater et qu'on se fasse remettre à notre place, a observé Gaucher. On sait qu'on est une équipe extrêmement talentueuse, mais si on joue individuellement, on sait qu'on peut perdre des matchs. Si on veut gagner, il faut jouer de la bonne façon et ça, nous l'a prouvé hier.
« On a gagné l'or cet été pour une raison. On n'avait pas le meilleur groupe de joueurs disponible, mais on a fait la job en jouant selon nos standards. »
En plus de procéder à des changements de trio pour la première fois depuis le début du camp d'entraînement, le personnel d'entraîneurs mettra l'accent sur des aspects bien particuliers lors des deux prochains matchs, qui s'annoncent plutôt faciles contre l'Allemagne et l'Autriche.
Tout ça dans le but que l'équipe soit fin prête pour le duel du 31 décembre contre la Suède, qui risque d'avoir une grande incidence sur le classement final du groupe A.
« Il faut dominer physiquement dans notre territoire, a élaboré l'entraîneur adjoint Stéphane Julien. On a été lents en défensive et on n'a réussi que 40 pour cent de nos sorties de zone. Il faut que notre relance soit effectuée avec vitesse. On a commis trop de revirements pour réussir à le faire. »
La porte s'ouvre pour Milic
Si l'entraîneur Dennis Williams n'a pas voulu s'avancer sur la nature des changements qu'il apportera à ses trios, il a confirmé que Thomas Milic sera devant le filet contre l'Allemagne.
Avec la prestation inquiétante de Ben Gaudreau, qui a cédé cinq fois sur 17 lancers contre la Tchéquie, le poste de no 1 pourrait bien appartenir à Milic jusqu'à preuve du contraire. Williams a cependant indiqué que la situation serait réévaluée après le prochain match.
« Je suis super excité, a dit celui qui a été parfait sur neuf tirs en relève. J'attends ce moment depuis longtemps. C'est le rêve de tous les gardiens qui grandissent au Canada. Je vais m'assurer de profiter le plus possible de cette chance. »