MANALAPAN, Floride – Doug Armstrong est dans une période de transition.
L’homme de 61 ans quitte son poste de directeur général d’Équipe Canada après la conquête de la médaille d’argent aux Jeux olympiques de Milan, le mois dernier, et il en est à ses derniers mois en tant que DG des Blues de St. Louis. Il fait donc présentement sa dernière apparition à la réunion des directeurs généraux de la LNH.
Armstrong a mentionné qu’il était maintenant « trop vieux » pour occuper le poste de DG d’Équipe Canada. Il a adoré ce poste et l’a qualifié de la « plus belle des expériences ». Mais ce rôle venait avec énormément de pression, et ça l'a privé de beaucoup de temps avec sa femme, Kelly.
« Bien franchement, elle a assez donné, a dit Armstrong. Je dois commencer à lui remettre la pareille. Ce n’est pas juste pour elle, plus que pour n’importe qui d’autre. »
Armstrong ne s’impliquera pas dans le processus de sélection de son successeur avec Équipe Canada. Il sera disponible si le prochain DG a besoin de conseils, de la même façon que son prédécesseur, Steve Yzerman, l’avait fait. Autrement, il se tiendra à l’écart.
« Si le prochain m’appelle, je vais répondre. Mais il devra m’appeler, a-t-il soutenu. Je n’essaierai pas de m’interposer, car je connais ce travail, et chacun a son propre rythme quant à la façon de faire les choses. Si je peux offrir du soutien à cette personne, je vais le faire, mais je ne m’attends pas à ce que ça arrive. »
Sous contrat pour trois autres années afin de demeurer président des opérations hockey, Armstrong léguera son poste de DG des Blues le 1er juillet à Alexander Steen, qui est présentement son adjoint spécial.
Les Blues ont échangé leur capitaine Brayden Schenn aux Islanders de New York et le défenseur Justin Faulk aux Red Wings de Detroit à la date limite des transactions du 6 mars, alors qu’ils se retrouvaient à 10 points d’une place en séries.
Après une victoire de 3-2 en prolongation contre les Sharks de San Jose ce soir-là, ils ont voyagé vers Anaheim et ont tenu un entraînement le lendemain. Armstrong, Steen et l’entraîneur Jim Montgomery ont rencontré les joueurs.
« Nous avions échangé notre capitaine, a rappelé Armstrong. Nous avions échangé notre adjoint au capitaine. Nous avions échangé le noyau de leadership de notre groupe. Et je crois que si tu n’abordes pas la situation, tu risques de créer un certain malaise. Tout le monde va marcher sur des œufs. Alors nous en avons parlé. Nous avons parlé de ce que nous voulons accomplir d’ici la fin de l’année. Et j’ai également insisté sur le fait que c’est maintenant l’équipe d’Alex.
« Je leur ai dit : “De votre point de vue, en tant qu’athlètes, il est votre patron. Car il n’y a plus de transactions à faire, plus de ballottages. Il a maintenant besoin de vous parler. Il devra tenir les réunions de fin d’année puisqu’il est le prochain DG.” Il doit mettre la table pour maintenant et pour l’avenir. »
Armstrong sera néanmoins le capitaine du bateau pour St. Louis au repêchage 2026.
« Si nous n’avions pas de choix de premier ou de deuxième tour, je pourrais me retirer demain, a dit Armstrong. Mais nous détenons trois choix de première ronde ainsi que trois choix de deuxième ronde. Nous nous sommes mis en position pour que le repêchage en soit un très important pour nous. […] C’est mon devoir envers les Blues de voir à gérer cela de la bonne façon. »
Armstrong a précisé que Steen allait avoir son mot à dire si les Blues procèdent à des transactions, tout comme le directeur du recrutement Tony Feltrin allait avoir son mot à dire dans la sélection des espoirs. Mais Armstrong sera assis dans le siège du conducteur pour une dernière fois, avec Steen à ses côtés.
« Je possède cette expérience, a-t-il relevé. Je possède ces connaissances. J’ai cette relation de travail avec les dépisteurs. […] Steen sera à mes côtés, mais ultimement, je vais prendre les décisions parce que c’est mon travail. Après le repêchage, mon poste sera le sien, et je m’acquitterai du rôle de président.
« Je ne sais même pas en quoi consiste exactement ce travail, car j’ai toujours fait un peu de tout. Je ne sais pas de quelle façon je vais me rendre utile pour lui, mais mon travail sera dorénavant d’être à son service. »
Armstrong a agi à titre de DG des Stars de Dallas de 2002 à 2008, et il est DG des Blues depuis 2010, remportant la Coupe Stanley en 2019.
Il admet qu’il ressent un mélange d’émotions à sa dernière présence aux réunions des directeurs généraux de la LNH, où ceux-ci discutent des nuances du jeu et de recommandations sur des changements de règlements et où ils passent du temps ensemble.
« Je crois que nous ne sommes qu’un grain de sable sur la plage, a-t-il imagé. Notre temps vient et repart. Ce sera pareil pour chacun. Mais pendant que nous sommes là, nous devons rendre le hockey le meilleur possible, et j’aime les débats. J’aime apprendre. […] J’apprends beaucoup des autres gestionnaires. Je vais m’ennuyer de cela, de l’aspect de l’apprentissage, du dialogue et de la camaraderie.
« Nous voulons gagner. Chaque soir quand nous sortons de l’ascenseur sur la galerie de presse, nous voulons battre le gars que nous irons saluer, mais il n’y a que 32 personnes qui savent ce que l’autre vit. Je ne dis pas que c’est un travail difficile, mais il y a des nuances qui peuvent seulement être comprises par quelqu’un qui fait ce même travail. »
Est-il persuadé que le moment est venu pour lui de délaisser le poste de DG?
« Nos femmes font beaucoup de sacrifices. Pour moi, il est temps de redonner un peu, a-t-il répondu. Je ne dis jamais jamais. Mais mon objectif est de faire de mon mieux pour Alex, pour les Blues, et pour elle (sa femme). »




















