RALEIGH, Caroline du Nord – Dans sa jeunesse, Eric Robinson se rendait au Wachovia Center pour y voir jouer les Flyers de Philadelphie en séries éliminatoires.
Jeudi, il sera de retour dans l’amphithéâtre pour un match de séries, mais le contexte sera évidemment bien différent.
Le jeune Eric évolue maintenant dans la LNH avec les Hurricanes de la Caroline, et il tentera d’aider les siens à prendre les devants 3-0 dans leur série de deuxième tour face aux Flyers (20 h HE; HBO MAX, truTV, TNT, SN, TVAS, CBC).
« Je me souviens des parcours de 2010 et 2012. J’étais dans l’amphithéâtre et j’encourageais l’équipe, s’est-il remémoré. Ce sera sans doute intéressant et très plaisant de partir sur la route pour revoir un amphithéâtre que je connais bien. »
Robinson est né à Bellmawr au New Jersey, une quinzaine de kilomètres au sud-est de Philadelphie. Ses parents, Maureen et Bud Robinson, sont natifs de Philadelphie et ont longtemps été partisans des Flyers. Ils ont transmis cet amour de l’équipe en orange et noir à leur fils.
« J’étais un partisan de (Claude) Giroux. Plus jeune encore, j’étais un partisan de JR (Jeremy Roenick). Parmi les anciens joueurs, j’aimais bien Eric Lindros – probablement en raison de son prénom. Mais plus tard, Mike Richards et Giroux étaient mes deux joueurs favoris. »
L’un des plus beaux souvenirs de Robinson au Wachovia Center est cette victoire de 2-1 des Flyers en tirs de barrage face aux Rangers de New York acquise au tout dernier match de la saison régulière. Une victoire qui permettait à Philadelphie de décrocher son laissez-passer pour les séries et, éventuellement, de connaître un parcours Cendrillon jusqu’en finale de la Coupe Stanley.
Robinson était d’ailleurs retourné à l’amphithéâtre pour un visionnement sur écran géant du septième match de la série de deuxième tour contre les Bruins, qui se déroulait au TD Garden de Boston. Philadelphie a finalement réussi l’improbable en complétant une remontée de 0-3 à 4-3 dans la série, l’une des quatre instances du genre dans l’histoire de la LNH.
Maureen et Bud Robinson ont eux-mêmes de bons souvenirs de leurs années à encourager les Flyers, mais avec la carrière d'Eric dans la LNH, ils ont changé d’allégeances.
« Plusieurs de nos amis ne comprennent pas pourquoi on n’encourage plus Philadelphie, alors qu’on était des partisans de longue date. »
Le changement s’est opéré du moment où Buddy, le frère aîné d’Eric, a fait ses débuts chez les professionnels. Buddy Robinson a disputé un total de 62 matchs dans la LNH de 2015 à 2023 avec les Sénateurs d’Ottawa, les Flames de Calgary, les Ducks d’Anaheim et les Blackhawks de Chicago.
Eric, lui, en est à sa neuvième saison dans la LNH. Il a évolué pour trois organisations : les Blue Jackets de Columbus, les Sabres de Buffalo et les Hurricanes.
« Maintenant, nous sommes partisans des Canes, a confirmé Bud. On était partisans des Flyers, mais lorsque nos garçons ont amorcé leur carrière professionnelle, on s’est rallié à eux et à leur équipe respective. »
Et ce printemps, Maureen et Bud ont bien du plaisir. Leur fils a récolté deux passes en six matchs de séries éliminatoires. Ses six tirs et ses huit mises en échec lundi ont aidé les Hurricanes à filer vers une victoire de 3-2.
Les deux premiers matchs de cette série Hurricanes-Flyers ont été spéciaux pour Eric, certes, mais ceux à Philadelphie auront une symbolique particulière.
« Je crois que tous les joueurs vous en diraient autant de leur région natale. Vous pouvez souper avec votre famille la veille, vous logez à la maison. C’est différent. En plus, je vais jouer dans l’amphithéâtre où je me rendais plus jeune. Ça rendra le moment encore plus spécial. »
Et ce le sera tout autant pour Bud et Maureen, qui assisteront aux deux matchs avec Buddy et sa femme.
« C’est surréel. On se pince chaque fois qu’on le voit jouer », a lancé Maureen.
« On va parfois le voir jouer en Caroline, mais c’est très plaisant quand il dispute des matchs ici, à Philly », a renchéri Bud.
Oseront-ils revêtir le maillot des Hurricanes en territoire hostile?
« On n’a pas encore pris de décision, a répondu Maureen en ricanant. Non pas parce qu’on a peur, mais plutôt parce qu’on préfère passer inaperçus! »
« J’ai quelques casquettes des Hurricanes, a souligné Bud. J’en ai une de l’an dernier et elle est brune. Ce n’est pas l’une des couleurs des Hurricanes, donc je l’appelle ma casquette ‘incognito’. Les partisans des Flyers ne sauront pas que c’est une casquette de l’équipe rivale. »




















