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BUFFALO – Zach Benson esquisse le petit sourire en coin qui fait sa renommée à travers la LNH, dès qu’on lui demande la recette qu’il emploie pour être en mesure de faire si facilement son chemin jusque dans la tête de ses adversaires.

On sait que ce sourire narquois est l’un des ingrédients utilisés par l’attaquant des Sabres de Buffalo. Mais la méthode est trop perfectionnée pour qu’elle ne se limite qu’à ça.

« J’ai toujours eu ça en moi », a répondu le jeune homme de 20 ans, mardi, à la veille du début de la série de deuxième tour face aux Canadiens de Montréal. « Même quand j’étais dans le hockey mineur. Mon objectif a toujours été d’emmerder les gens. »

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C’est un art qu’il maîtrise à la perfection, et qui l’amuse visiblement au plus haut point.

Après six matchs au premier tour, les joueurs des Bruins de Boston ne pouvaient manifestement plus le sentir. Il a d’ailleurs fait sortir Charlie McAvoy de ses gonds, l’incitant à commettre un geste qui lui vaudra probablement plusieurs matchs de suspension.

Le défenseur des Bruins lui a asséné un solide coup de hache et s’est rué sur lui après que Benson l’eut fait trébucher dans le coin de la zone. Pendant ce temps, la petite peste ne faisait que sourire.

« Je ne peux pas imaginer comment ça doit être frustrant de l’affronter, a souligné son compagnon de trio Josh Doan en riant. Il est fatigant, même à l’entraînement. Il est toujours premier sur la rondelle, il est dans ta face et il ne recule jamais. Tu peux le frapper cinq fois, il va revenir pour une sixième.

« Il ne concède pas un pouce. C’est certain que sa simple présence devient drainante et frustrante à gérer. Je suis bien heureux de jouer dans la même équipe que lui. »

Ce qui est d’autant plus irritant, c’est que Benson sait aussi jouer au hockey. Il n’est pas là que pour remuer la marmite. Il vient de connaître sa meilleure saison offensive avec une récolte de 13 buts et 43 points en 65 matchs. Il a ajouté deux buts et une aide en six rencontres face aux Bruins. 

« Il y a la peste qui est vraiment énervante et la peste qui est très difficile à affronter, a expliqué l’entraîneur Lindy Ruff. Je crois qu’il représente la deuxième version. Il joue de la bonne façon, il a souvent la rondelle et il peut marquer. S’il n’a pas la rondelle, il est en poursuite. Il est toujours autour du filet.

« Et puis, il a ce petit sourire en coin qui irrite tout le monde. Moi, ça me fait rire. »

Le rêve du Centre Bell

Quand l'on met tout ça ensemble, ça fait en sorte que Benson devient rapidement le joueur le plus détesté par l’adversaire… et aussi par la foule. Il a d’ailleurs été la cible d’une pluie de huées au Centre Bell, pas plus tard qu’au mois de janvier dernier. Le lendemain, il déclarait que son but était d’être hué dans 31 arénas.

« Oh, il adore se faire huer, a rigolé le défenseur Owen Power quand on lui a rappelé ces commentaires. C’est exactement ce qu’il veut. Ça ne l’affecte pas une seule seconde. Je crois même qu’il préfère ça (à l’indifférence). »

Benson peut désormais rayer le TD Garden de sa liste, et il y ajoutera fort probablement la version « séries éliminatoires » du Centre Bell d’ici quelques jours. Après les deux premiers matchs disputés à Buffalo, il devrait en avoir déjà assez fait pour être accueilli plutôt froidement à Montréal.

Mais devinez quoi? Ça ne le dérange pas. 

« Tout jeune joueur canadien veut jouer au Centre Bell en séries, a-t-il lancé avec des étoiles dans les yeux. Ce sera complètement fou. Ce sera électrique et j’ai très hâte. […] J’ai eu un avant-goût de ce que ça pourrait être en jouant à Boston, mais je vois que c’est assez fou à Montréal.

« Je ne devrais probablement pas dire ça, mais ce sera probablement un cran au-dessus de Boston. »