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EAST MEADOW, New York – Au terme de son premier entraînement à la barre des Islanders de New York, lundi, Peter DeBoer a admis que les arguments de vente du directeur général Mathieu Darche l’avaient convaincu à remplacer Patrick Roy, qui a été congédié dimanche avec quatre matchs à jouer en saison régulière. 

« Honnêtement, ça sortait un peu de nulle part, a admis DeBoer. Je pense que mon premier contact avec Mathieu a eu lieu après le match contre la Caroline (défaite de 4-3 samedi). Nous avons vraiment entamé des discussions plus sérieuses le lendemain. Ce n’est pas comme si j’étudiais les Islanders de New York depuis longtemps. En toute honnêteté, je suivais beaucoup plus les gars que j’ai dirigés aux Olympiques (avec Équipe Canada) et leurs équipes, ou encore quelques-unes des anciennes équipes que j’ai dirigées. Dans les 48 dernières années, je n’ai que regardé du hockey des Islanders, alors je suis prêt à vivre quelques matchs. 

« J’ai de la familiarité avec le groupe en place ici, et avec Mathieu Darche. Quand j’ai décroché le téléphone pour la première fois, ma réaction initiale a probablement ressemblé à la vôtre. “Il reste deux semaines à la saison, qu’est-ce qui presse?” Mais il m’a vendu l’organisation et la vision de la direction et des propriétaires. 

« (L’entraîneur adjoint) Bob Boughner est un autre gars avec qui j’ai travaillé à deux occasions. Je connais aussi beaucoup de choses sur la section (Métropolitaine), sur cette région du pays, sur la passion des villes de cette région. Mais l’aspect le plus important, c’est que Mathieu m’a vraiment vendu sa vision des choses. »

Darche savait que plusieurs équipes auraient DeBoer dans leur mire après la saison. Il ne voulait pas courir le risque de potentiellement perdre un pilote expérimenté qui occupe le sixième rang parmi les entraîneurs actifs avec 662 victoires dans la LNH et qui a dirigé 1261 matchs de saison régulière avec les Panthers de la Floride, les Devils du New Jersey, les Sharks de San Jose, les Golden Knights de Vegas et les Stars de Dallas. DeBoer a participé à la finale de la Coupe Stanley avec le New Jersey en 2012 et avec San Jose en 2016. 

Ses équipes ont également atteint le troisième tour des séries dans cinq des six dernières saisons – et dans huit de ses 10 présences en séries comme entraîneur.

« Des gars comme Pete DeBoer ne restent pas très longtemps sur le marché, a mentionné Darche. Son curriculum vitae en dit long. Il a atteint la finale d’association dans cinq des six dernières saisons. Il a connu du succès partout où il est passé. Il est un entraîneur très structuré. Avec Hockey Canada – j’ai beaucoup d’amis au sein de ce groupe – il s’occupait de la structure en zone défensive, des défenseurs et de plusieurs systèmes. À ce stade-ci, je crois que c’est ce dont nous avons besoin. 

« C’est comme mettre la main sur le joueur autonome le plus convoité sur le marché. Pete est un entraîneur remarquable. Ses succès parlent d’eux-mêmes. »

Malgré les quatre défaites consécutives de son équipe et seulement trois victoires dans les 10 derniers matchs, Darche croit encore que la saison des Islanders peut être sauvée. New York n’accuse qu’un point de retard sur les Flyers de Philadelphie et le troisième rang de la section Métropolitaine et n’est qu’à un point des Sénateurs d’Ottawa et de la deuxième place de quatrième as. Les deux équipes ont un match en main sur les Islanders, qui joueront leur prochain match jeudi contre les Maple Leafs de Toronto au UBS Arena (18 h 45 HE; HULU, ESPN+, TSN4).

« Il est en partie question de cette année. Car avons-nous le plein contrôle sur notre destin? Non, mais nous avons le contrôle sur les quatre derniers matchs, a lancé Darche. J’avais le sentiment que ce geste nous plaçait dans une meilleure situation et que nous aurions une meilleure chance de gagner ces matchs pour nous qualifier en séries. »

« La plupart des équipes dans la Ligue sont dans la même situation présentement. C’est la beauté de la parité, a ajouté DeBoer. Les courses vont connaître leur dénouement à la toute fin. Nous devons apprécier cette intense lutte pour une place en séries. »

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DeBoer aura la chance d’hériter d’un jeune défenseur unique en Matthew Schaefer, qui pourrait remporter le trophée Calder à titre de recrue de l’année.

« Je sais qu’il aime gagner, a commenté Schaefer. Je sais qu’il sait comment diriger une équipe. Outre les aspects du 'coaching', il est une très bonne personne et un modèle pour moi et d’autres gars dans le vestiaire. Plusieurs de ses équipes ont bien fait par le passé. Pour un jeune comme moi, c’est cool d’être dirigé par un gars comme lui. »

Malgré tout, Schaefer et ses coéquipiers ont le sentiment qu’ils auraient pu en faire plus pour sauver le poste de Roy. Les Islanders sont sortis à plat vendredi dans une défaite de 4-1 à domicile contre Philadelphie, puis ils ont été dominés 31-5 au chapitre des tirs après deux périodes contre les Hurricanes samedi. 

« Nous avons gagné et perdu en équipe tout au long de la saison, a dit le capitaine Anders Lee. Collectivement, nous avons sous-performé à un moment crucial. C’est notre responsabilité à nous, les joueurs, et c’est décevant. Mais ça fait malheureusement partie du hockey. Nous devons nous regarder dans le miroir et prendre la responsabilité de ce qui arrive. 

« Et il faut tourner la page. Pete est arrivé aujourd’hui et il a été génial avec nous. Il a été clair sur ce qu’il voulait dans ce premier entraînement. Nous devons aller de l’avant et continuer à pousser. Il s’est passé beaucoup de choses depuis 24 heures. »

Et il s’en passera encore beaucoup cette semaine. Le classement montre qu’il n’est pas trop tard pour les Islanders, mais c’est maintenant à DeBoer de sauver la saison. 

« Nous allons apporter quelques changements, a dit DeBoer. Il est important de le dire, parce que je me suis retrouvé de l’autre côté du spectre : j’ai beaucoup de respect pour Patrick Roy. Il a travaillé extrêmement fort, et je me suis retrouvé dans les souliers de Patrick Roy à d’autres moments. 

« Je vais tenter de corriger tout ce qui ne fonctionne pas. Il y a encore quatre matchs à jouer. Il s’agit d’une bonne équipe avec de bonnes personnes. Ils ont fait plusieurs bonnes choses pendant une grande partie de l’année. Il faut simplement tenter de retrouver le droit chemin. »