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CRANBERRY, Pennsylvanie – L'histoire de Sidney Crosby est une épopée.

En 21 saisons avec les Penguins de Pittsburgh, le joueur de centre de 38 ans a répondu – et dépassé – les grandes attentes placées en lui il y a plus de deux décennies. Sous plusieurs angles, Crosby est unique en son genre.

Sauf que, d'une certaine façon, il ne l'est pas tout à fait. Il existe un homme qui peut prétendre être son égal.

Toute grande histoire a besoin d'un rival légendaire. Alex Ovechkin des Capitals de Washington a fidèlement rempli ce rôle pour Crosby depuis leur arrivée dans la LNH en 2005-2006.

Ce qui a été une des plus grandes rivalités de l’histoire du hockey pourrait prendre fin ce week-end, alors que les deux s’affronteront dans une série de matchs aller-retour qui marquera leur 100e et 101e affrontement (séries éliminatoires incluses).

Crosby et les Penguins accueilleront Ovechkin et les Capitals au PPG Paints Arena samedi (15 h HE; ABC, TVAS). Les équipes se rendront ensuite à Washington pour une revanche au Capital One Arena dimanche (15 h HE; HBO MAX, MNMT, truTV, TNT, SN360, TVAS).

« Je pense que comme dans n'importe quel match contre Washington, tu veux tout donner, a dit Crosby. Mais avec ce scénario potentiel, je pense qu'on essaie juste de savourer ce duel. »

Mercredi, dans une entrevue publiée sur les réseaux sociaux par les Capitals, Ovechkin a dit qu'il attendrait la saison morte pour prendre une décision sur son avenir comme joueur. L'attaquant de 40 ans en est à la dernière saison d'un contrat de cinq ans d’une valeur annuelle moyenne de 9,5 millions $.

« Je ne suis pas sûr de ce qui va se passer, mais je pense qu'avec chaque année qui passe, la probabilité que ce soit la dernière fois augmente inévitablement, a rappelé Crosby au sujet d'une éventuelle retraite d'Ovechkin. Je sais qu'Ovi a dit qu'il allait prendre l'été pour y réfléchir. J'essaie juste de profiter de tout cela. »

Ça n'a jamais été difficile. Crosby et les Penguins ont historiquement eu le dessus dans cette rivalité. Ils affichent un dossier de 56-39-4 lorsque Crosby et Ovechkin s'affrontent, dont 43-27-4 en saison régulière. Crosby a amassé 127 points (48 buts, 79 passes) contre 103 pour Ovechkin (53 buts, 50 passes).

Pittsburgh a remporté les trois premières des quatre séries éliminatoires contre les Capitals au cours de cette rivalité. Chaque fois, le camp victorieux est allé soulever la Coupe Stanley.

Lors de leur première rencontre le 22 novembre 2005, Crosby a marqué l'un des quatre buts des Penguins en première période et a récolté une passe dans une victoire de 5-4 au Mellon Arena de Pittsburgh. Ovechkin avait quant à lui obtenu une passe sur le premier des deux buts des Capitals en troisième période.

Limiter Ovechkin n'a jamais été facile, cependant.

« J'ai eu la chance de jouer sur la plus grande scène contre lui et en séries éliminatoires, a mentionné le défenseur des Penguins Kris Letang, qui a affronté Ovechkin pour la première fois le 27 décembre 2007. C'est un gars que tu crains. Il peut te faire mal physiquement, il peut te faire mal au tableau indicateur. Je ne pense pas qu’un autre joueur ait possédé une telle combinaison d’habiletés.

« Je vais me souvenir de toutes ces batailles au fil des années. »

Il est plutôt difficile de surestimer le statut de légende d'Ovechkin, le meilleur buteur de tous les temps dans la LNH avec 928 filets. Même à Pittsburgh, il est reconnu comme le plus grand franc-tireur de la riche histoire du sport.

Lors d'un match le 17 avril 2025, les Penguins ont rendu hommage à Ovechkin avec une vidéo lors des premières pauses publicitaires. Le capitaine des Capitals avait battu le record de buts de Wayne Gretzky avec son 895e 11 jours plus tôt.

La foule a applaudi Ovechkin alors qu'il les saluait en patinant. Puis, elle a commencé à scander son surnom : « O-VI! »

« Son record ne sera probablement jamais battu, a dit Letang. On dit toujours ça, mais éventuellement, ça arrive. Mais pendant longtemps, je ne pense pas que quelqu'un pensait que ça pouvait être battu, et il a réussi à le faire. Les gens de Pittsburgh qui ont vécu ces 20 années de rivalité et qui ont vu tout ce qu'il a été capable de faire dans la Ligue n’ont que du respect pour un gars comme lui. »

Crosby a eu un impact tout aussi grand. En 1419 matchs, il totalise 1761 points (654 buts, 1107 passes), ce qui le place au septième rang dans l'histoire de la LNH et au sommet parmi les joueurs actifs, devant Ovechkin (1684 points; 928 buts, 756 passes en 1570 matchs), qui est quant à lui 10e de tous les temps. Les 21 saisons consécutives où Crosby a réussi à maintenir une moyenne d'au moins un point par match constituent un record du circuit.

Ensemble, Crosby et Ovechkin ont remporté le trophée Hart à titre de joueur le plus utile de la LNH cinq fois (Ovechkin, trois; Crosby, deux), le trophée Art-Ross, remis au meilleur pointeur, trois fois (Crosby, deux; Ovechkin, une), le trophée Maurice-Richard, pour le championnat des compteurs, 11 fois (Ovechkin, neuf; Crosby, deux), le trophée Ted-Lindsay, donné au joueur par excellence selon les membres de l'Association des joueurs de la LNH, six fois (trois chacun) et le trophée Conn-Smythe, octroyé au joueur le plus utile des séries éliminatoires, trois fois (Crosby, deux; Ovechkin, une). L’attaquant russe a aussi remporté le trophée Calder, quand il a été nommé recrue de l'année avec 106 points (52 buts, 54 passes), devançant Crosby (102 points; 39 buts, 63 passes) du même coup.

« L'émotion va être très forte, a dit Letang. Évidemment, c'est une rivalité qui a commencé quand Sid et Ovi sont entrés dans la Ligue, mais elle n'a jamais vraiment disparu. Elle a toujours existé. Lors de chacun de ces matchs, que ce soit le premier de l'année ou en séries, l'intensité et l'émotion étaient toujours très élevées. Quand on s'assoit et qu'on essaie de réfléchir à tout ça, on réussit à mieux apprécier ce que nous avons vécu et la qualité du jeu quand tous ces gars étaient sur la glace.

« C'était vraiment spécial. Si ça devait être la dernière, je suis assez certain que les gars vont être émus. »

De son côté, Crosby ne semble pas prêt à accrocher ses patins. Il ne serait pas surprenant de le voir jouer au-delà de son contrat de deux ans qui se terminera après la prochaine saison.

Pour le capitaine des Penguins, pas question de tomber dans la nostalgie pour ces deux matchs. L’enjeu est sérieux.

Les Penguins (41-22-16) seront des séries éliminatoires pour la première fois en quatre saisons, et ils sont assurés de terminer au deuxième rang de la section Métropolitaine et d’avoir l'avantage de la glace au premier tour.

Mais il reste trois matchs avant les séries. Terminer en force est primordial, a souligné Crosby.

« On veut vraiment s'assurer qu'on joue de la bonne façon et de se concentrer là-dessus », a-t-il dit.

Bien évidemment. Mais en même temps…

« Si ce sont les derniers matchs (contre Ovechkin), je veux vraiment en profiter au maximum », a conclu Crosby.

Avec la contribution du directeur de la rédaction de NHL.com Bill Price