Andersen Suzuki badge Lepage

MONTRÉAL – Malgré l’allure désastreuse du quatrième match et la position délicate dans laquelle se retrouvent désormais les Canadiens de Montréal, Jakub Dobes n’avait pas l’air d’un homme abattu quand il s’est présenté devant les médias dans le vestiaire des siens, mercredi.

Le gardien n’avait aucune raison de l’être au chapitre personnel, mais il aurait bien pu se laisser affecter par le retard de 1-3 qu’accuse désormais son équipe dans cette finale de l’Est face aux Hurricanes de la Caroline.

Il avait plutôt l’air complètement décontracté.

« J’ai l’impression que nous avons été dans le rôle des négligés toute la saison, et toutes les séries, a-t-il souligné après la défaite de 4-0 des siens. Nous sommes maintenant super négligés. Nous irons en Caroline pour essayer de gagner le cinquième match et revenir ici pour le sixième.

« Et j’espère que nous parviendrons à forcer un match ultime. »

On connaît le modus operandi. On sait aussi que la mission est ardue, mais pas impossible.

Dans les faits, il est légitime de douter fortement des chances de cette équipe de remonter la pente et d’éventuellement accéder à la finale de la Coupe Stanley – d’où le rôle de « super négligés ». Les Canadiens ont été dominés lors des trois derniers matchs, et le plus récent a probablement été le plus inquiétant.

Les hommes de Martin St-Louis ont été mauvais du début à la fin de la rencontre, et ont eu besoin de tout leur petit change pour générer quelques petites chances de marquer. Ils savaient pourtant qu’une défaite dans cette rencontre les mettrait au pied du mur. Malgré cela, le sentiment d’urgence n’était pas au rendez-vous.

« Je sais qu’on réagit bien dans ces situations, a argué Dobes, qui célébrait son 25e anniversaire. Nous jouons notre meilleur hockey quand nous avons le dos au mur. Ce sera excitant. Ça craint en ce moment, mais demain est une nouvelle journée. Nous avons un groupe génial, rempli de gens formidables.

« Nous allons nous amuser dans l’avion, nous allons souper en équipe, blaguer, et nous jouerons notre meilleur hockey au cinquième match. Nous ferons de notre mieux pour ramener la série ici. »

Ce sera la première étape, et la seule qui importe pour le moment, sur la route que le Tricolore a maintenant devant lui. 

« Tu peux regarder ça comme une montagne, mais c’est un match, a indiqué St-Louis. Comme joueur, je l’ai vécu deux ou trois fois. Et de l’autre côté de (la victoire), c’est incroyable. […] Il faut être forts mentalement et croire que nous pouvons le faire. Je n’aucun doute qu’on peut y parvenir. »

CAR@MTL: Blake rejoint Stankoven à 2-contre-1

Si le pilote a réussi l’exploit à quelques occasions pendant sa carrière, six de ses ouailles étaient là, la dernière fois que la formation montréalaise a réussi à sortir d’un trou de 1-3. C’était en 2021, la dernière fois que les Canadiens ont atteint la grande finale, justement.

La source d’inspiration 

La grande différence, c’est que c’était au premier tour contre les Maple Leafs de Toronto. Cette fois, les Canadiens ont déjà deux séries de sept matchs au compteur, et ils tenteront d’étirer celle-ci jusqu’à un autre match ultime. Ça commence à faire beaucoup de hockey.

« Trop fatigués? Je ne crois pas, a répliqué le capitaine Nick Suzuki, qui a vécu le parcours de 2021. Nous avons une jeune équipe. Nous sommes en finale de l’Est. On doit trouver de l’énergie. […] Les Hurricanes ont connu des difficultés à cette étape dans les dernières années. Il faut aller là et jouer à notre manière.

« On peut semer le doute dans leurs têtes, comme on l’a fait contre Toronto, il y a quelques années. Il y a des gars qui ont beaucoup de bons souvenirs de cette remontée. On peut s’inspirer de ça. »

Avant le début de cette confrontation, la troupe de Rod Brind’Amour n’avait signé qu’une victoire en trois présences en finale de l’Est. À jouer comme elle le fait, elle semble bien en voie de vaincre ses démons. Elle a aussi l’avantage de n’avoir disputé que 12 matchs, ce printemps.

« Je ne pense pas que notre niveau d’énergie soit un problème, a conclu le défenseur Mike Matheson. Il n’y a pas beaucoup de gars qui ont le privilège de jouer dans une finale d’association dans leur carrière. Quand ça arrive, tu dois en profiter. »

Les Canadiens n’ont plus d’autres choix.

Contenu associé