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MONTRÉAL- La dernière fois que Mathieu Perreault avait vécu des émotions fortes comme celles de samedi, ç'avait été le 13 janvier 2015 à Winnipeg. Ce soir-là, l'attaquant québécois s'était offert une soirée de quatre buts dans l'écrasante victoire de 8-2 des Jets contre les Panthers de la Floride.

« Ce soir, c'était à un autre niveau », a admis Perreault, qui flottait encore sur les nuages après avoir réussi un tour du chapeau dans l'écrasante victoire de 6-1 des Canadiens de Montréal face aux Red Wings de Detroit. « Dans le temps, on n'avait pas chanté (sic) mon nom. C'était tout simplement incroyable. »
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Perreault ne semblait effectivement pas croire ce qui lui arrivait à lui voir la mine quand on l'a montré sur les panneaux géants au Centre Bell pendant qu'on s'affairait à ramasser les dizaines de casquettes qui jonchaient la patinoire, comme le veut la tradition au hockey.
« J'étais tellement heureux de savoir que nous allions gagner le match, après avoir obtenu un troisième but. J'essayais de savourer le moment », a-t-il raconté, en admettant avoir jeté un coup d'œil sur l'écran géant. « Les gens chantaient mon nom. J'en avais des frissons dans le dos. Tout ça était pour moi. J'ai voulu apprécier la scène le plus possible. C'est quelque chose que je ne revivrai peut-être jamais, mais dont je me souviendrai pour le reste de mes jours. »
C'est le rêve de tout hockeyeur québécois de marquer trois buts dans l'uniforme des Canadiens dans un amphithéâtre bondé de 19 706 spectateurs un samedi soir à Montréal.
Avant le « petit gars » natif de Drummondville, Vincent Damphousse avait été le dernier québécois qui avait signé l'exploit au Centre Molson à l'époque, le 28 mars 1998. Phillip Danault est le plus récent à l'étranger, à Las Vegas en 2018.
« C'est de la belle compagnie. Je salue Vincent en passant », a réagi Perreault quand on lui a relayé l'information. « C'est spécial. Je ne le savais pas. C'était une soirée comme ça… Ça prenait une victoire pour l'équipe. Nous étions désespérés. C'était un début difficile. Il fallait trouver une façon de l'emporter. Juste avant de partir sur la route, c'était spécial d'apporter une contribution du genre. »
Fait bizarre, Perreault a pu mettre la touche finale dans un filet désert, avec un score de 5-1 et un peu moins de sept minutes à écouler en troisième période.
« J'étais sur la glace, mais ç'a pris du temps avant que je m'en rende compte. Je ne m'attendais tellement pas à ça, a-t-il relaté. Puis, ça criait sur le banc qu'il n'y avait plus de gardien. Le jeu s'est passé un peu dans notre zone. Quand j'ai vu Ben (Chiarot) avec la rondelle, je savais qu'il tenterait de l'envoyer dans le but. Lui, il va dire qu'il a fait exprès pour l'envoyer sur la bande, a-t-il glissé à la blague. Je suis parti à toute vitesse et la rondelle m'est parvenue. »
Un couteau suisse
Mis sous contrat avant la saison, le vétéran âgé de 33 ans peut rendre de bons services grâce à sa grande polyvalence.
C'est la raison pour laquelle l'entraîneur Dominique Ducharme était désireux de l'avoir avec l'équipe. On peut l'utiliser à toutes les sauces, comme ailier ou centre, et dans toutes les situations, sur le jeu de puissance et en infériorité numérique.
Samedi, Perreault en était à sa deuxième rencontre comme pivot des ailiers Tyler Toffoli et Cole Caufield, après avoir été retranché de la formation face aux Sharks de San Jose, mardi.
« Je le vois comme un gars qui peut remplir plusieurs positions et rôles, a dit Ducharme. Nous avions parlé de l'absence de Paul Byron pour les premiers mois de la saison. Il n'est pas un joueur comme Paul, mais je le voyais comme un joueur polyvalent. L'intérêt était mutuel. Marc (Bergevin, le DG) et son agent ont fait le reste. »

DET@MTL: Perreault réussit un tour du chapeau naturel

Perreault en a vu d'autres. Il a dit qu'il ne se laisse pas démonter parce qu'on le laisse de côté pour des matchs.
« Nous avions également parlé de la possibilité qu'il manque des matchs », a confié Ducharme, qui a dit avoir connu Perreault dans le temps qu'il dirigeait les Voltigeurs de Drummondville et que Perreault venait patiner avec l'équipe avant les camps d'entraînement de la LNH.
« Il est fier de porter le chandail. On l'a vu lors de la présentation des joueurs avant notre premier match à Montréal, a noté Ducharme. Ce soir, il a été récompensé. Il travaille toujours fort et il est alentour du filet. C'est le 'fun' de voir qu'il a vu ses efforts être récompensés. »