TORONTO – Benoit-Olivier Groulx risque fort de regarder le premier match de la saison entre les Maple Leafs de Toronto et les Canadiens de Montréal, mardi, de la passerelle de presse du Scotiabank Arena.
À 26 ans, Groulx ne se plaindra pas de son sort. Il a atteint l’un de ses objectifs, celui de gagner un poste à l’attaque avec les Maple Leafs.
À la fin du camp, Jim Hiller, le nouvel entraîneur en chef, lui a confié le rôle de 13e attaquant.
Groulx, un ancien choix de deuxième tour des Ducks d’Anaheim en 2018, avait déjà connu la joie d’ouvrir une saison au niveau de la LNH.
« J’ai fait l’équipe deux fois à Anaheim: à 21 et 23 ans, a-t-il rappelé à sa sortie d’un entraînement lundi matin à Toronto. C’est donc la première fois depuis mon année de 23 ans que je commencerai une saison dans la LNH.
« Je vois ça d’un autre œil maintenant que j’ai 26 ans. Je me place beaucoup moins de pression sur les épaules. Je suis arrivé au camp en sachant ce que je devais accomplir, même dans un camp écourté. »
Le fils de Benoit Groulx, un ancien entraîneur des Olympiques de Gatineau et du Crunch de Syracuse dans la Ligue américaine, a mérité sa place dans le vestiaire des Leafs grâce à du jeu honnête lors du camp.
« J’ai terminé la dernière saison sur une bonne note, a-t-il expliqué. Je sortais d’un été d’entraînement très court en raison de notre finale dans la Ligue américaine. Je m’étais bien préparé. J’avais de bonnes jambes. J’ai connu un bon camp. Je n’ai pas marqué, je n’ai rien fait d’incroyable, mais j’ai aimé mon jeu dans l’ensemble. Mon positionnement était bon, tout comme ma concentration. »
John Chayka, le directeur général des Leafs, a vu essentiellement la même chose.
« J’ai aimé l’ensemble de son jeu, a mentionné le DG lundi en début d’après-midi. Il a connu une bonne saison l’an dernier. À ses rappels avec les Leafs, il a bien joué. Il a également agi comme un acteur important des Marlies en séries. Nous avons de la profondeur. C’est une bonne chose. "Bo" aura la chance de nous montrer ce qu’il peut faire. »
Groulx a rebâti sa confiance l’an dernier à sa première saison au sein de l’organisation des Maple Leafs. Après une saison entière avec le Wolf Pack de Hartford, le club-école des Rangers de New York, l’attaquant a hérité d’un rôle important avec les Marlies de Toronto, lui permettant d’obtenir des rappels en fin de saison avec les Leafs.
En 59 matchs avec les Marlies, Groulx a obtenu 52 points (28 buts, 24 passes). Il a aussi récolté cinq points (trois buts, deux passes) en 13 matchs avec les Maple Leafs. Il a également largement contribué à la conquête de la Coupe Calder des Marlies grâce à 14 points (huit buts, six passes) en 23 matchs.
À Toronto, Groulx s’attend à recevoir des missions plus défensives.
« Avec les Marlies, je jouais au sein du premier trio et j’avais des responsabilités sur la première unité en avantage numérique, a-t-il rappelé. L’équipe s’attendait à me voir produire offensivement. Ici, mon rôle sera différent. Je jouerai un rôle plus défensif. »
« Mais si c’est ma porte d’entrée pour revenir dans la LNH, j’accepterai ce rôle, a-t-il continué. À 21 et 23 ans, j’avais aussi ce rôle avec les Ducks. Je suis un attaquant responsable défensivement. J’ai toujours aimé jouer en infériorité numérique. J’aime aussi obtenir un rôle défensif pour contrer les gros trios des équipes adverses. Je le faisais dans la LHJMQ et dans la Ligue américaine aussi. »
Voisin du capitaine Auston Matthews dans le vestiaire des Maple Leafs, Groulx sait qu’il aura besoin d’un changement de mentalité pour s’accrocher à sa place dans la LNH.
« Je n’approcherai pas le jeu de la même façon. Quand tu joues au sein d’un premier trio dans la Ligue américaine, tu as plus de corde pour réussir des jeux. Tu peux te permettre quelques erreurs puisque tu joues de grosses minutes. À Toronto, il y a Matthews, Nylander, Tavares et McKenna… Ce n’est pas moi le moteur de l’offensive. Je vis très bien avec ça.
« Je sais ce que je peux donner à une équipe. Je connais aussi mieux mon plafond. L’an dernier, j’ai franchi un pas dans la bonne direction. J’ai gagné en confiance. »
D’ici les prochains jours et les prochaines semaines, Groulx aura besoin de gagner la confiance de Jim Hiller, le nouvel homme derrière le banc de l’équipe. À son court passage l’an dernier avec les Maple Leafs, Groulx travaillait avec Craig Berube.
« Si je peux vous donner une réalité assez drôle dans ma carrière, c’est que je n’ai jamais eu le même entraîneur pendant deux ans d’affilée depuis l’âge de 14 ans, a-t-il répliqué. Les changements ne me stressent pas. Je suis habitué. »


















