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Juraj Slafkovsky, qui a été le premier choix au total du Repêchage de la LNH 2022 par les Canadiens de Montréal, a accepté de partager mensuellement avec LNH.com les dessous de sa vie de hockeyeur professionnel. Pour une cinquième année déjà, il discute de sa saison sur la glace, mais aussi de ses expériences à l'extérieur de la patinoire.

Bonjour à vous tous,

Je vous parle à la veille de notre dernier match préparatoire contre les Sénateurs d’Ottawa. Nous rentrons dans la dernière phase avant l’ouverture de la saison. Nous jouerons notre premier match de la campagne mardi contre les Maple Leafs à Toronto. Pour ma part, je vivrai une cinquième saison dans la LNH. Une cinquième saison à Montréal. C’est fou comme le temps passe vite.

Et c’est fou aussi comment nos objectifs changent rapidement. Nous avons maintenant le droit de rêver. Je le disais au tournoi de golf de l’équipe à Laval-sur-le-Lac il y a deux semaines, mais je le répéterai une autre fois.

Je crois sincèrement en notre équipe. Nous avons tous le même objectif. Nous désirons atteindre l’étape suivante. Pour les Canadiens, l’étape suivante consiste à jouer la finale de la Coupe Stanley. À mon avis, il s’agit d’un but possible. Nous désirons faire un plus long parcours que l’an dernier où nous avons perdu en finale de l’Est contre les Hurricanes de la Caroline.

Je regarde à gauche et à droite dans notre vestiaire et je vois des coéquipiers confiants. Nous formons une équipe confiante. Nous avons tous travaillé fort cet été afin de poursuivre notre amélioration. Nous nous aimons les uns les autres, mais nous nous poussons aussi pour nous défoncer.

Il n’y a pas eu de gros changements au sein de l’équipe. Nous avons acquis Kreids (Chris Kreider) et nous avons perdu Gally (Brendan Gallagher). Le noyau fort reste le même. C’est plus facile de repartir une nouvelle saison quand il y a déjà une complicité établie entre les joueurs.

J’aime beaucoup l’arrivée de Kreids. Il est un gros ailier, il patine bien, il marque des buts et il fonce en direction du filet adverse. Nous avons maintenant un gros attaquant au sein de chacun de nos trios. Nous gagnerons plus de batailles dans les coins de la patinoire pour récupérer des rondelles. Nous utiliserons encore plus notre taille et notre poids afin de créer plus d’espace pour nos attaquants très talentueux comme Suzy (Nick Suzuki), Cole (Caufield) et Demi (Ivan Demidov).

Sur une note personnelle, j’apprendrai d’un ailier en puissance comme Kreider. Il n’a pas déjà marqué 50 buts dans la LNH par hasard. Il n’hésite pas à se placer devant le filet, il redirige des rondelles, mais il fonce aussi tête première vers le filet.

Depuis le début du camp, Marty (St-Louis) a placé Kreider à l’aile droite du premier trio avec Nick et Cole. Je me retrouve donc à l’aile du deuxième trio avec Kapy (Oliver Kapanen) et Demi. J’ai joué à cette position pour près de 40 matchs l’an dernier, et j’avais vraiment aimé l’expérience.

MTL@TBL: Demidov inscrit le CH au pointage

C’est important de bien équilibrer nos trios. Je contrôle plus la rondelle quand je joue avec Oliver et Ivan. J’ai un rôle différent au sein de ce trio. Je garde la même mentalité, je veux aider mon équipe, mais je contrôle encore plus la rondelle. J’aime dicter le jeu et j’ai encore deux compagnons de trio qui possèdent des qualités incroyables. Ils sont deux joueurs intelligents.

Même si dans le passé, j’ai passé plus de temps avec Suzy et Cole, j’ai aussi une bonne expérience avec Oliver et Demi. Nous nous retrouvons facilement sur la glace. J’espère juste que nous élèverons encore plus notre jeu cette saison.

Ivan Demidov poursuivra son ascension. Depuis le début du camp, je reçois plusieurs questions à son sujet. Les journalistes me demandent souvent de décrire son réel potentiel. Je dis toujours la même chose. Il sera encore meilleur à sa deuxième saison complète avec les Canadiens. Il marquera plus de buts, il obtiendra plus de passes, il réussira plus de bons jeux et il jouera avec une plus grande confiance. Nous avons besoin de lui. Il a un talent indéniable. Il est un joueur unique. Je ne peux pas décrire parfaitement mes attentes envers lui. Mais je sais qu’il trouvera des façons de s’améliorer. Il n’a que 20 ans et il sort d’une saison recrue de 60 points (62). 

Il y a plusieurs talents rares au sein de notre équipe. Suzuki a franchi le plateau des 100 points (101) pour une première fois et Caufield a marqué plus de 50 buts (51) pour une première fois également. À la ligne bleue, Lane Hutson a frôlé les 80 points (78).

Je l’ai dit plus d’une fois dans ce blogue, mais Lane est un formidable défenseur. À mon avis, il s’approchera d’une nomination pour le trophée Norris. Il réalise des jeux que seul lui peut faire sur une patinoire en raison de sa vision, mais je trouve que son jeu défensif reste mésestimé. Il lit tellement bien l’action, il a un bon bâton et il se place aux bons endroits pour contrer les attaquants adverses.

Pour ma part, je garde les mêmes objectifs. J’ai surtout des buts collectifs. Je désire gagner. Je carbure à cet objectif. Mais l’an dernier, j’ai marqué 30 buts et amassé plus de 70 points (73) pour une première fois. Je dirai simplement que j’en veux plus cette année. Je ne prédirai pas de chiffres, mais je souhaite poursuivre mon ascension.

Avant de terminer, j’en profite pour décrire ma deuxième maison, Montréal. Je reste maintenant dans cette belle ville depuis cinq ans. Kosice en Slovaquie restera toujours ma maison, mais Montréal a aussi une immense place dans mon cœur.

Je me sens chez moi. Je me sens bien ici. J’aime le rythme de vie. Il y a de bons restaurants, de magnifiques quartiers et des gens formidables. Et c’est aussi le meilleur endroit au monde pour jouer au hockey. Je suis chanceux. Je partage mon temps entre deux villes que j’adore: Kosice et Montréal. 

Quand tu gagnes, il n’y a pas une meilleure ville de hockey que Montréal. Mais même quand tu perds, cette ville demeure incroyable. Si l’équipe ne joue pas bien, les partisans te le font comprendre. Si je ne joue pas bien, les partisans me le rappellent. Je n’ai rien contre ça. Ils ont le droit. Les partisans ont une passion immense pour le CH. Une passion que tu ne retrouves pas dans une autre ville. Ils ont maintenant de grandes attentes envers nous, mais nous voulons aussi gagner.

Propos recueillis par Jean-François Chaumont, journaliste principal LNH.com