Dans le vrombissement qui a envahi l’édifice après ce but, Paul Caufield a aussi crié sa joie en voyant de ses propres yeux son fils réaliser un grand moment.
« Hum, je ne sais pas trop ce qui me passait par la tête après ce but, c’est arrivé rapidement, a dit Caufield. Je ne pouvais pas demander mieux avec ces deux gars qui ont récolté des passes (Suzuki et Slafkovsky). C’était cool aussi de voir la réaction de mon père dans les estrades. Ça symbolise beaucoup pour moi. C’était une grosse victoire pour nous. Je me souviendrai toujours de ce but. »
En un seul jeu, une disette de 36 ans vient de se terminer. Stéphane Richer n’est maintenant plus le dernier marqueur de 50 buts chez le CH (51 buts en 1989-90). Il a transmis le flambeau à Caufield.
Assis sur la chaise normalement réservée à Martin St-Louis dans la salle de conférence de presse, Caufield n’a pas joué à l’autruche. Cette quête du 50e but commençait à peser lourd.
« Honnêtement, c’était difficile de ne pas suivre ce qui se passait, ça se retrouvait un peu partout. Je ne mentirai pas, j’étais assez nerveux depuis quelques jours, mais c’est ce qui rend cette place aussi spéciale. Je n’avais pas marqué depuis trois matchs et je trouvais que ça devenait une éternité. C’est maintenant derrière moi. Je retournerai au travail et je me concentrerai sur les autres gros matchs d’ici la fin de la saison. »
« Je m’excuse pour les fans si ça a été long, pour ceux qui ont payé le gros prix pour les matchs précédents! », a ajouté le héros de la soirée en riant.
Dans la riche histoire de l’équipe, il y a seulement sept marqueurs de 50 buts ou plus : Guy Lafleur (six fois), Stéphane Richer (deux fois), Pierre Larouche, Steve Shutt, Bernard Geoffrion, Maurice Richard et Caufield.
Témoin privilégié du plus récent membre de ce groupe des sept dans son rôle d’entraîneur en chef, St-Louis restait un jeune adolescent de 14 ans quand Richer avait atteint cette marque le 24 mars 1990 en obtenant un tour du chapeau dans un revers de 7-4 contre les Whalers à Hartford.
Entre Richer et Caufield, il y a donc une génération de jeunes partisans montréalais qui n’avait jamais connu un tel moment.
« Le numéro 44 (Richer) faisait partie de mes idoles, a affirmé St-Louis. Il y avait aussi Guy Lafleur et Mats Näslund. J’étais un partisan et j’étais fier de cette équipe. Quand tu vis de grands moments, ça procure beaucoup de bonheur et d’inspiration à plusieurs générations de partisans. Mais pour les plus jeunes, ça risque de les pousser à travailler sur leur tir et à vouloir s’améliorer comme joueur. Ils viennent de voir un de leurs héros atteindre un objectif qui n’avait pas été atteint depuis 36 ans. Je fais des mathématiques! Mais c’est le fun pour nos partisans. »
Caufield a battu l’un des meilleurs gardiens de la LNH en Vasilevskiy pour réussir son 50e but. Il a aussi regagné toute sa confiance avec la rondelle dans un match où l’enjeu était grand contre le Lightning.
« C’était spécial de le voir obtenir son 50e but, il n’y a pas beaucoup de joueurs dans la LNH qui peuvent atteindre ce chiffre, a noté Suzuki. Et je trouve ça cool de faire partie de ce but avec une passe. »
« J’étais tellement heureux pour Cole, nous avons tous bondi de joie, a ajouté Slafkovsky. Depuis quelques matchs, nous forcions probablement trop pour l’aider à marquer. Il a maintenant obtenu son 50e but. Mais il aura du temps pour en marquer d’autres d’ici la fin de l’année. »