caufield 5-0 badge Chaumont

MONTRÉAL – Cole Caufield l’attendait ce but, tout comme ses coéquipiers, ses entraîneurs et une ville entière. Après trois matchs sans toucher la cible, Caufield a retiré un poids de ses épaules en marquant son 50e but de la saison dans un gain de 2-1 contre le Lightning de Tampa Bay, jeudi, au Centre Bell. 

En deuxième période, Caufield a saisi un relais de Nick Suzuki pour déjouer Andrei Vasilevskiy d’un tir précis des poignets. Le numéro 13 a célébré modestement en levant le bras droit vers le ciel avant de recevoir les accolades de ses quatre coéquipiers sur la glace: Suzuki, Juraj Slafkovsky, Lane Hutson et Jayden Struble. 

Le sourire de Caufield restait plus évocateur. Il recommençait enfin à montrer ses dents après trois matchs où il serrait trop son bâton et ratait trop souvent la cible.

TBL@MTL: Caufield vise juste du cercle pour son 50e but

Dans le vrombissement qui a envahi l’édifice après ce but, Paul Caufield a aussi crié sa joie en voyant de ses propres yeux son fils réaliser un grand moment. 

« Hum, je ne sais pas trop ce qui me passait par la tête après ce but, c’est arrivé rapidement, a dit Caufield. Je ne pouvais pas demander mieux avec ces deux gars qui ont récolté des passes (Suzuki et Slafkovsky). C’était cool aussi de voir la réaction de mon père dans les estrades. Ça symbolise beaucoup pour moi. C’était une grosse victoire pour nous. Je me souviendrai toujours de ce but. »

En un seul jeu, une disette de 36 ans vient de se terminer. Stéphane Richer n’est maintenant plus le dernier marqueur de 50 buts chez le CH (51 buts en 1989-90). Il a transmis le flambeau à Caufield. 

Assis sur la chaise normalement réservée à Martin St-Louis dans la salle de conférence de presse, Caufield n’a pas joué à l’autruche. Cette quête du 50e but commençait à peser lourd. 

« Honnêtement, c’était difficile de ne pas suivre ce qui se passait, ça se retrouvait un peu partout. Je ne mentirai pas, j’étais assez nerveux depuis quelques jours, mais c’est ce qui rend cette place aussi spéciale. Je n’avais pas marqué depuis trois matchs et je trouvais que ça devenait une éternité. C’est maintenant derrière moi. Je retournerai au travail et je me concentrerai sur les autres gros matchs d’ici la fin de la saison. »

« Je m’excuse pour les fans si ça a été long, pour ceux qui ont payé le gros prix pour les matchs précédents! », a ajouté le héros de la soirée en riant.  

Dans la riche histoire de l’équipe, il y a seulement sept marqueurs de 50 buts ou plus : Guy Lafleur (six fois), Stéphane Richer (deux fois), Pierre Larouche, Steve Shutt, Bernard Geoffrion, Maurice Richard et Caufield. 

Témoin privilégié du plus récent membre de ce groupe des sept dans son rôle d’entraîneur en chef, St-Louis restait un jeune adolescent de 14 ans quand Richer avait atteint cette marque le 24 mars 1990 en obtenant un tour du chapeau dans un revers de 7-4 contre les Whalers à Hartford. 

Entre Richer et Caufield, il y a donc une génération de jeunes partisans montréalais qui n’avait jamais connu un tel moment. 

« Le numéro 44 (Richer) faisait partie de mes idoles, a affirmé St-Louis. Il y avait aussi Guy Lafleur et Mats Näslund. J’étais un partisan et j’étais fier de cette équipe. Quand tu vis de grands moments, ça procure beaucoup de bonheur et d’inspiration à plusieurs générations de partisans. Mais pour les plus jeunes, ça risque de les pousser à travailler sur leur tir et à vouloir s’améliorer comme joueur. Ils viennent de voir un de leurs héros atteindre un objectif qui n’avait pas été atteint depuis 36 ans. Je fais des mathématiques! Mais c’est le fun pour nos partisans. » 

Caufield a battu l’un des meilleurs gardiens de la LNH en Vasilevskiy pour réussir son 50e but. Il a aussi regagné toute sa confiance avec la rondelle dans un match où l’enjeu était grand contre le Lightning. 

« C’était spécial de le voir obtenir son 50e but, il n’y a pas beaucoup de joueurs dans la LNH qui peuvent atteindre ce chiffre, a noté Suzuki. Et je trouve ça cool de faire partie de ce but avec une passe. »

« J’étais tellement heureux pour Cole, nous avons tous bondi de joie, a ajouté Slafkovsky. Depuis quelques matchs, nous forcions probablement trop pour l’aider à marquer. Il a maintenant obtenu son 50e but. Mais il aura du temps pour en marquer d’autres d’ici la fin de l’année. »

Lightning vs Canadiens | Résumé | 09/04/2026

Un gros match de Slafkovsky

Dans l’ombre de Caufield, Slafkovsky a atteint deux plateaux importants, celui des 70 points (71) et des 30 buts. 

Slafkovsky a marqué le but vainqueur avec 64 secondes à jouer en troisième période. Le Slovaque a surpris Vasilevskiy d’un tir de l’enclave avant de chuter sur la patinoire. Comme il l’avait fait pour Caufield, Suzuki a mis la table pour le 30e but du Slovaque. Le capitaine a profité d’un revirement bête du défenseur J.J. Moser pour ensuite repérer son coéquipier. 

« Je suis heureux, vraiment heureux, a mentionné Slafkovsky au sujet de son 30e but et de son 70e point. Je m’amuse cette saison. Mais je veux surtout continuer à gagner et la portion la plus importante du calendrier s’en vient. »

Dans ce match contre le Lightning, le CH (104 points) a gagné du terrain dans la course pour l’un des deux premiers rangs de la section Atlantique en distançant maintenant les rivaux de Tampa par deux points. Les Sabres de Buffalo restent au sommet à 106 points, mais ils ont joué un match de plus. 

Auteur de 17 arrêts, Jakub Dobes a encore une fois offert un départ de grande qualité pour signer sa 29e victoire de la saison. Dans le cas de Suzuki, il a poursuivi son chemin vers une saison de 100 points en ajoutant deux passes pour voir son compteur grimper à 98 points (28 buts, 70 passes).

EN PROLONGATION

Le chiffre du match: 126

Il y avait souvent congestion au banc des punitions lors de ce match. Les arbitres ont décerné un total de 126 minutes de punition : 71 pour le Lightning et 55 pour le CH. 

Encore des changements

Pour un deuxième match de suite, St-Louis a procédé à des changements à l’attaque. Il a réintégré Joe Veleno dans la formation au détriment de Zachary Bolduc. 

Il a aussi remanié le deuxième trio en ramenant Kapanen au centre du deuxième trio avec Alexandre Texier et Ivan Demidov. Il a placé Veleno avec Jake Evans et Josh Anderson tandis qu’il a envoyé Alex Newhook avec Kirby Dach et Phillip Danault.

À trois matchs du début des séries, le pilote n’a pas voulu dévoiler ce qu’il cherche à accomplir : « Je ne veux pas rentrer là-dedans. Je pense que je vais me faire diriger dans une direction avec ce que je fais. »

La victoire de l’infériorité numérique

Avec toutes ces pénalités, il est tout de même surprenant de constater qu’aucun des trois buts n’a été marqué sur le jeu de puissance au cours de cette soirée.

Les Canadiens ont été blanchis en sept déploiements, et ont rarement réussi à menacer sérieusement la cage d’Andrei Vasilevskiy. Ils n’ont décoché que huit tirs en 13:31 avec l’avantage d’un homme – ce sera donc un aspect à travailler en vue d’un potentiel affrontement en séries.

Au moins, le Tricolore a réussi à tenir le Lightning en échec en quatre chances. Il a tout de même concédé huit tirs en 7:31 de jeu en infériorité numérique.

Le karma frappe vite

Emil Lilleberg a reçu une bonne leçon d’humilité en deuxième période. 

Après s’être colletaillé avec Jayden Struble dans un coin de la patinoire, il est rentré au vestiaire pour faire réparer la grille de son casque. À son retour sur la patinoire avant la reprise du jeu, il a traversé la patinoire du Centre Bell en narguant la foule qui le huait en retour.

Lors de sa présence subséquente, il s’est complètement sorti du jeu en tentant une grosse mise en échec sur Juraj Slafkovsky. Ç’a immédiatement donné un 2-contre-1 au Tricolore, et c’est à ce moment que Cole Caufield a inscrit son 50e de la saison.

Pour les amateurs de numérologie, la présence de Lilleberg a duré 13 secondes.

-    Avec la collaboration de Guillaume Lepage, journaliste principal LNH.com