Boudon badge Chaumont

MILAN – Jean-François Houle regardait tranquillement le match entre la France et la Tchéquie aux Jeux olympiques de chez lui à Potsdam dans l’État de New York. À 3-2 pour les « Bleus » au début de la deuxième période, il a consulté son ordinateur pour regarder la fiche du numéro 29, Louis Boudon.

Boudon venait de marquer deux buts contre le gardien tchèque Dan Vladar. Il avait aussi préparé le troisième but des siens, celui du défenseur Hugo Gallet.

« J’ai remarqué assez rapidement qu’il avait joué un match avec le Rocket de Laval, a dit Houle qui dirige aujourd’hui l’Université Clarkson. Et à son année avec le Rocket, je dirigeais l’équipe. Je serai toutefois très honnête. Je ne garde aucun souvenir de cette rencontre. Il y a trop de joueurs qui se promènent dans la Ligue américaine. »

Ce match dont Houle fait allusion remonte au 17 mars 2023. Les Comets de l’Utica l’avaient emporté 3-2 contre le Rocket à la Place Bell de Laval. Si cette rencontre ne sonnait aucune cloche dans l’esprit de l’ancien entraîneur du Rocket, elle restait bien en tête de Boudon.

« C’était une rencontre compliquée pour moi, s’est-il remémoré. Le Rocket se battait pour une place en séries. Il y avait plusieurs absents au sein de la formation. Je n’ai pas joué longtemps pour le Rocket. J’ai fait juste un match. Je n’avais pas beaucoup joué. Je ne sais pas si vous avez la statistique pour le temps de glace, mais ce n’était pas élevé. Malgré cela, c’était mon premier match dans la Ligue américaine et ça représente un beau souvenir. J’étais content de jouer pour cette organisation. »

Dans cette défaite contre Utica, Boudon avait décoché un tir au but et il avait terminé la soirée avec un différentiel de -1.

S’il n’a joué qu’un match pour le Rocket, le Français a endossé l’uniforme du Wild de l’Iowa à 13 reprises : pour trois matchs à la fin de la saison 2022-23 et dix autres matchs en 2023-24.

En 14 matchs dans la Ligue américaine, Boudon a marqué un but et récolté une passe.

Le temps d’un seul match sur la grande scène des Jeux olympiques, l’attaquant originaire de Grenoble a obtenu une plus grande production offensive. Il a transporté l’attaque de la France sur ses épaules avec trois points (deux buts, une passe) dans cette défaite de 6-3 contre la Tchéquie, une nation de hockey bien plus puissante.

« Personnellement, je viens de jouer un bon match, a affirmé Boudon dans la zone mixte du Santagiulia Arena. Et j’en suis heureux. Mais collectivement, je trouve le résultat final décevant. Nous menions 3-2 contre la Tchéquie. Nous voulions protéger le pointage. Ils ont marqué deux fois en fin de deuxième. Pour le quatrième but, je ne comprends pas ce que nous avons fait en supériorité numérique. Nous avons gaffé avec une grosse erreur pour notre changement de joueurs. Après c’était compliqué de revenir contre une équipe comme la Tchéquie. »

Si l’attaquant de 27 ans avait des sentiments mitigés après ce qui risque de devenir le match d’une vie, ses coéquipiers restaient fiers de lui.

« C’est incroyable pour Louis, a dit le capitaine de la France, Pierre-Édouard Bellemare. Il peut placer ce match très haut dans sa carrière comme joueur. Nous jouons contre les meilleurs joueurs au monde. Il a offert une performance élite. Pour moi, ça me fait plaisir de voir les jeunes obtenir des récompenses. Il n’a pas cherché à sortir des feintes magiques, il voulait juste jouer le jeu qu’on lui demande. C’est génial à voir. »

« Il a fait un bon match », a renchéri l’ailier Alexandre Texier, l’unique joueur actif au sein de la LNH dans l’équipe française. « Il a marqué deux gros buts. Mais on aura besoin de tout le monde pour créer l’exploit. Il peut être fier de cette rencontre. Il joue en Finlande, il a des habiletés et c’est cool pour sa confiance. »

Boudon, qui a joué quatre ans pour l’Université Lake Superior State dans la NCAA, roule maintenant sa bosse avec à Jukurit dans la Liiga en Finlande.

Texier déçu

Après deux matchs à Milan, Texier n’a pas encore écrit son nom sur la feuille de pointage. Et la France a subi deux revers contre la Suisse (4-0) et la Tchéquie (6-3).

Sans le dire ouvertement, l’ailier des Canadiens de Montréal se place probablement une trop grande pression sur les épaules à ce tournoi olympique.

« Je dois arriver à relativiser les choses, a-t-il murmuré. Mon jeu doit rester le même avec l’équipe nationale. Je n’ai pas besoin de changer. J’ai besoin de rester honnête avec moi. Je sais que je peux jouer un meilleur match, peu importe contre quelle nation [nous jouons]. Nous attaquerons la grosse nation (Canada) le 15 février. »