antoine keller badge Chaumont

MILAN – Antoine Keller restait assez philosophe après ce revers de 4-0 de la France contre la Suisse lors du premier match du groupe A aux Jeux olympiques d’hiver de Milano-Cortina 2026.

« C’est un honneur d’être ici, a dit le gardien français. Je trouve ça franchement incroyable. Dès qu’il n’y avait pas la rondelle dans ma zone, je voulais m’imprégner de l’ambiance de la patinoire. C’était vraiment magique. »

Le visage encore ruisselant de sueur dans la zone mixte à sa sortie de la glace du Santagiulia Arena, le choix de septième tour des Capitals de Washington en 2023 n’avait pas le choix de garder la tête haute. Sans lui, les « Bleus » auraient encaissé un revers encore plus lourd.

Après trois petites minutes, les Suisses menaient déjà 2-0 contre leurs voisins européens. Damien Riat et J.J. Moser ont tour à tour déjoué l’espoir des Capitals. Dans les gradins de l’amphithéâtre, c’était la fête avec des chants et des danses parmi les nombreux partisans venus de la Suisse.

« À 2-0, nous restions quand même dans le coup, a rappelé le gardien originaire de Dijon en France. Mais nous nous sommes fait piéger par un beau jeu de Roman Josi avec sa passe pour le troisième but (Timo Meier). Après ça, Meier a marqué un autre but en trouvant un petit trou entre mes jambières. Quand j’ai regardé la reprise à l’écran géant, je me suis dit : "oh putain, ça fait suer". Mais c’est comme ça le hockey. Les Suisses ont joué un bon match, mais nous avons aussi travaillé. »

Pierre-Édouard Bellemare, le capitaine de la France, avait de bons mots pour son jeune coéquipier. Les deux joueurs sont coéquipiers au sein de l’équipe nationale, mais aussi pour le AC Ajoie de la Ligue nationale suisse.

« Je trouve qu’il grandit comme gardien, a noté l’ailier de 40 ans. Il cherche à s’améliorer et il n’est pas prétentieux. Il analyse bien son jeu. Après un début de match où la Suisse marque deux buts rapidement, il a trouvé des façons pour garder son calme. Je n’étais pas surpris de le voir réaliser de gros arrêts. Tous nos gardiens savent que nous avons besoin d’eux pour connaître un bon tournoi. Il a connu un bon match. J’aurais aimé qu’on le récompense en marquant pour revenir plus près au pointage. »

Âgé de 21 ans, Keller reste encore loin d’un poste avec les Capitals à Washington. Sur la grande scène des JO, il a toutefois démontré qu’il avait l’étoffe pour se dresser contre de gros noms de la LNH comme Josi, Meier, Nico Hischier, Kevin Fiala et Nino Niederreiter.

« J’ai aimé jouer ce genre de match, je trouvais ça incroyable, a-t-il répliqué. Si on m’avait dit il y a trois ans que j’étais pour jouer aux Jeux olympiques à Milan, j’aurais rigolé. Je m’y retrouve. Je m’amuse, mais je reste quand même très déçu de la défaite aujourd’hui. »

La lucidité de Bellemare

Après ce premier match pour la France, Bellemare gardera maintenant pour toujours l’étiquette d’un olympien. Le sympathique attaquant qui a connu une carrière de 700 matchs dans la LNH peut maintenant cocher les Jeux olympiques dans sa liste de réalisations.

Mais quand on lui a parlé de ce sujet, le numéro 41 restait assez stoïque.

« Je suis dans ma bulle du tournoi, a-t-il affirmé. Je me concentre sur nos matchs. Je ne pense pas trop à ma situation individuelle. Je prends des moments pour ouvrir les yeux et apprécier, mais j’ai aussi le goût de gagner un match. »

À la 36e seconde du match, Bellemare a visité le banc des punitions. Riat, un attaquant du HC Lausanne, a touché la cible moins de 20 secondes après cette punition.

Dans un langage digne d’un français de France, Bellemare a décortiqué cette action qui a changé le cours de la rencontre.

« J’avais un jeu à la cage. J’ai voulu dévier le palet, mais j’ai accroché le gardien avec ma crosse. Je l’ai fait tomber. Ce n’était pas volontaire, mais j’avais ma crosse entre ses jambes. L’arbitre n’en avait rien à cirer que je voulais marquer un but. C’était une punition. »

Utilisé pour 23 minutes, un sommet parmi les attaquants de la France, Alexandre Texier aurait également souhaité un meilleur scénario pour ses débuts à Milan.

« Nous continuons à apprendre, a souligné l’ailier des Canadiens de Montréal. Mais comme compétiteur, c’est un peu frustrant. Nous voulions gagner. Nous resterons positifs, mais nous aurons besoin de nous améliorer dans plusieurs aspects. Nous venons de perdre 4-0 contre un bon pays. Nous avons un plus petit pays de hockey. Malgré cela, nous avons montré du caractère. »

Sur une note personnelle, Texier n’avait pas son explosion habituelle. Avant de partir pour l’Italie, le numéro 85 avait regardé les trois derniers matchs du CH de la passerelle de presse en raison d’une blessure au bas du corps.

« Non, je n’étais pas comme je le souhaitais, a admis Texier. Je revenais au jeu et je voulais donner mon maximum. Mais ça va. »

Dans le camp suisse, le gardien Leonardo Genoni a écrit une nouvelle marque. À 38 ans et 168 jours, Genoni est devenu le plus vieux gardien à réaliser un jeu blanc dans un match des Jeux olympiques avec la présence des joueurs de la LNH. Il a réussi 27 arrêts. En fin de première période, le numéro 63 a montré son côté acrobatique pour bloquer deux tirs des attaquants Jordann Perret et Dylan Fabre, les partenaires de trio de Bellemare.