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Jacob Trouba avait 13 ans quand il a mis sur papier quelques objectifs personnels dans un calepin qu'il avait récupéré à l'Université Notre Dame.

Aujourd'hui âgé de 28 ans, le défenseur des Rangers de New York a demandé à ses parents de retrouver ce calepin dans sa chambre de l'époque à son domicile de Rochester, au Michigan, au début du mois d'août. Il voulait vérifier si l'un des objectifs dont il se souvenait était devenu réalité.
« Ils l'ont trouvé, a dit Trouba. Et c'était écrit : 'Être capitaine dans la LNH'. »
Les Rangers ont fait de Trouba le 28e capitaine de leur histoire le 9 août. C'est un titre pour lequel Trouba travaille depuis son arrivée à New York il y a plus de quatre ans dans une ville qui lui a permis de devenir un leader respecté.
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« Il y a tellement de choses que vous ne pouvez pas voir, a soutenu le centre Mika Zibanejad. Dans sa façon de se comporter, c'est un naturel. Il s'est occupé de plusieurs choses l'an dernier. Son rendement sur la glace, ce qu'il dit dans le vestiaire, sa gestion de plusieurs dossiers. Si vous n'êtes pas dans le vestiaire, vous ne pouvez pas tout voir. Il s'assure que tout le monde est sur la même longueur d'onde, que ce soit avec une réunion, un souper, un rassemblement en groupe. Je pense honnêtement que c'était un choix qui allait de soi. »
Trouba entamera sa première saison en tant que capitaine lorsque les Rangers recevront la visite du Lightning de Tampa Bay au Madison Square Garden mardi (19 h 30 HE; ESPN, ESPN+, SN1, TVAS).
Le chemin parcouru pour en arriver là est une histoire de croissance personnelle, laquelle lui a permis d'apprendre des autres pour devenir un leader.
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Trouba a fait ses débuts dans la LNH à 19 ans avec les Jets de Winnipeg en 2013-14. Grand, maigre et muni de puissance et d'un beau potentiel, il a récolté 29 points (10 buts, 19 passes) à sa saison recrue.
Il était jeune, il apprenait le métier, un peu nonchalamment.
« Beaucoup de choses ont changé dans ma vie en 10 ans, a dit Trouba. J'en parlais à ma femme [Kelly] quand je devais rencontrer quelqu'un. Elle m'a dit : "Souviens-toi, il y a six ans, tu n'appelais même pas le dentiste par toi-même pour prendre rendez-vous, je devais le faire pour toi". »
Trouba a passé six saisons à Winnipeg et il a connu du succès sur et en dehors de la glace. Il a grandi, est devenu un vétéran de la LNH et a commencé à comprendre les nuances du leadership.
Mais ce n'est pas avant qu'il soit acquis par les Rangers dans une transaction le 17 juin 2019 que Trouba a commencé à s'intéresser au leadership.
New York venait de disputer une saison complète sans capitaine après avoir échangé le défenseur Ryan McDonagh au Lightning le 26 février 2018.
« Il y avait un manque de leadership, ils n'avaient pas de capitaine depuis longtemps et j'ai pensé que c'est un rôle que je pouvais assumer, une fonction dans laquelle je voulais m'améliorer en plus », a expliqué Trouba à propos de son état d'esprit quand il est arrivé chez les Rangers. « Alors je me suis concentré sur cet aspect de leadership au cours des trois ou quatre dernières années. »
Trouba a commencé à étudier la notion de leadership en sortant de sa zone de confort et en s'ouvrant et aux connaissances et à l'expérience d'autrui.
« J'ai parlé à d'anciens joueurs, à des gens d'affaires, des dirigeants, mais aussi à des gens qui sont des gérants pas nécessairement au sommet de la pyramide pour savoir comment ils entretiennent les relations avec leurs patrons, ce qui fonctionne pour eux, comment ils motivent les employés aux ventes, a relaté Trouba. Tout est un peu différent. Tu peux prendre des conseils ici et là et transposer ça dans les sports et au hockey. »
Trouba s'est rendu dans une compagnie de prêts hypothécaires au Michigan et a appris que le chef de la direction ne planifie jamais de réunions les jeudis, dans l'objectif de profiter de ces journées pour discuter avec les employés, leur demander s'ils ont des questions ou des suggestions pour améliorer le fonctionnement de la compagnie.
C'est donc en partageant un repas avec Peter Cuneo, l'ancien président et chef de la direction de Marvel Entertainment Inc. embauché en 1999 pour redresser l'entreprise après sa sortie de faillite, que Trouba a obtenu son « diplôme » en leadership.
Cuneo, qui a également travaillé à remettre sur pied Clairol, Black & Decker et Remington, donne des conférences partout sur la planète à propos de ce qu'il appelle les 32 éléments essentiels du leadership.
« Jacob m'a téléphoné et m'a demandé si nous pouvions aller souper ensemble, a raconté Cuneo. Il a dit qu'on ne pourrait pas faire le tour des 32 éléments, et je lui ai répondu qu'ils ne s'appliquent pas tous de toute façon. Mais si on parle de toi à titre de capitaine sur la glace et, peut-être encore plus important, dans le vestiaire ou pendant un périple, dans l'avion, dans l'autobus, pendant un souper, on peut parler des éléments qui s'appliquent selon moi. »
Cueno a enseigné à Trouba que les leaders doivent générer de l'énergie positive dès le premier jour, être honnête et avouer leurs erreurs, communiquer des messages de façon constante, être à l'écoute même s'ils connaissent les réponses, éviter les préjugés, toujours être disponible, apprendre des problèmes passés, mais ne jamais s'y attarder, ne jamais penser qu'ils ont tout vu et s'entourer de gens qui vont toujours leur dire la vérité à propos de leur rendement.

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Ils ont aussi parlé du fait que les leaders ne cèdent jamais à la panique, travaillent sur leurs défaillances et laissent de côté leurs succès, comment l'égo ne peut jamais s'interposer et pourquoi trouver des moyens de s'évader par le biais d'un passe-temps ou de la vie familiale fournit l'énergie nécessaire pour être un leader de qualité.
Cuneo a raconté à Trouba des histoires de sa carrière dans la marine et dans diverses compagnies. Il a essayé de relier bon nombre des éléments essentiels du leadership au rôle de Trouba dans une équipe de la LNH.
« Je lui ai dit qu'il devait parfois être un comédien, a dit Cuneo. Vous traversez une période difficile, les gars ont tous le moral à plat, tu dois entrer dans le vestiaire avec de l'énergie. Peu importe ce qui arrive, tu dois être énergique et te lever. »
Cuneo a également dit à Trouba que les dirigeants avaient une variété de tactiques à leur disposition pour diriger.
« Tu dois comprendre quels gars ont besoin d'être gérés avec des mots et lesquels ont besoin d'un coup de pied dans le derrière, a dit Cuneo. Dans les deux cas, ils vont être motivés si tu as bien saisi comment les traiter. »
Si un coéquipier a besoin de cinq minutes pour jaser, il faut prendre le temps.
« Les gens doivent sentir qu'ils peuvent venir te voir en sachant que tu vas les écouter », a poursuivi Cuneo.
Tu fais une erreur sur la glace? Passe à autre chose.
« Ça génère de l'énergie négative si tu insistes trop sur les erreurs du passé », a dit Cuneo.
Tu réalises que tu, en tant que leader, as besoin d'une prise de conscience.
« Quelqu'un doit être capable de venir te voir et te dire, 'Hey, Jacob, je ne pense pas que ça fonctionne' », a dit Cuneo.
Trouba dit avoir retenu beaucoup de choses de cette rencontre.
« Il a retenu des éléments, et tant mieux pour lui, a dit Cuneo. Il n'est pas entièrement responsable du rendement de l'équipe, mais il joue assurément un rôle important. »
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Le défi de Trouba est de mettre en application tout ce qu'il a appris.
Son premier geste : faire disparaître les pailles en papier du complexe d'entraînement des Rangers.
« Nous avons maintenant des pailles en bambou, a-t-il dit en riant. Personne n'aimait les pailles en papier. Ç'a été mon premier geste. Nous ne pouvons pas aller vers le plastique, alors le bambou était l'autre possibilité. »
Si Trouba a pris cette décision unilatéralement, il assure que les décisions à venir en tant que capitaine des Rangers seront prises en comités. Tout sera discuté au sein du groupe de leadership qui inclut Zibanejad, Chris Kreider, Artemi Panarin, Barclay Goodrow, Vincent Trocheck et Adam Fox.
« Ce que j'aime, c'est qu'on peut se fier à lui autant qu'il peut se fier à nous », a dit Zibanejad.
« Je pense que 25 ou 26 gars pourraient vous dire que Trouba était notre capitaine l'an dernier », a ajouté K'Andre Miller, le partenaire de Trouba à la ligne bleue. « C'est un travail quotidien pour lui. Il ne commence pas à jouer son rôle parce qu'il a maintenant un 'C' sur son chandail. Il reprend là où il a laissé l'an dernier. »
Ce qui est un autre signe de la progression de Trouba.
« Il avait 19 ans quand il est arrivé à Winnipeg, alors je peux comprendre pourquoi il ne voulait pas parler à son dentiste, a mentionné l'ancien capitaine des Rangers Dave Maloney. Mais c'est bon signe. J'aime voir les gars évoluer. J'aime les voir penser différemment et être plus responsables à mesure qu'ils vieillissent. C'est assurément son cas. »
Henrik Lundqvist, qui a joué avec Trouba en 2019-20, dit sans hésiter qu'il voit les joueurs des Rangers, particulièrement les jeunes, se sentir plus forts en sachant que Trouba est de leur côté.
« J'ai l'impression qu'il est très cohérent dans son comportement, a dit l'ancien gardien vedette des Rangers. Mentalement, il est toujours positif. Ça ne signifie pas que tu dois toujours sourire et être heureux, mais son comportement est constant et c'est ce que ça prend pour un leader. »
C'est essentiel, selon Cueno, et ça explique en grande partie pourquoi Trouba a atteint son objectif.
« Je suis content que ça se soit produit, a conclu Trouba. Et je dois continuer de m'améliorer, continuer d'évoluer et d'apprendre. »