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RALEIGH, Caroline du Nord – La foule du Lenovo Center était à plat. Nerveuse, impatiente, frustrée.

Les Hurricanes de la Caroline tiraient de l’arrière par deux buts avec un peu moins de dix minutes à faire. Ils étaient en danger de se retrouver en retard 0-2 dans cette finale de la Coupe Stanley face aux Golden Knights de Vegas – ces derniers étaient en train de resserrer l’étau lentement, mais sûrement.

Puis, est venu l’éclair de génie.

Pendant une pause publicitaire, on a demandé aux partisans – aux hommes, plus précisément – de retirer leurs chandails pour attirer les bonnes ondes et permettre à leurs favoris d’amorcer une remontée. Les bedaines étaient à l’honneur aux quatre coins de l’aréna, et la bonne humeur était de retour.

Huit secondes après la reprise du jeu, Logan Stankoven a contourné le filet pour réduire l’écart à un petit but et mettre le feu aux poudres. L’amphithéâtre est devenu assourdissant.

« C’était incroyable, a lancé Stankoven après la victoire de 4-3 des siens en prolongation. C’est l’aréna le plus bruyant dans lequel j’ai joué. On s’est nourris de cette énergie. Tout le monde a contribué. »

Les partisans inclus. Plus les chandails tombaient, plus le niveau de décibels augmentait, plus les Hurricanes accentuaient la pression. Moins de trois minutes après ce but, Mark Jankowski créait l’égalité sur une superbe passe de William Carrier.

« Il est dur de réaliser à quel point ce jeu de Will était exceptionnel, l’a encensé le capitaine Jordan Staal. Ce gars est tellement fort, tu ne peux pas lui bloquer le chemin. Il n’a pas abandonné sur ce jeu, et il a trouvé le moyen de passer la rondelle à Jankowski. C’était un effort individuel incroyable.

« Nous avions seulement besoin d’une étincelle et 'Stanky' nous l’a fournie. Will et 'Jank' en ont ajouté par la suite. La foule s’est mise de la partie, et l’environnement est devenu hostile pour eux. De notre côté, on a pris encore plus confiance. »

À partir de ce but, il était difficile d’imaginer les Hurricanes échapper ce match pivot.

Staal a fait sauter le plafond de l’aréna en procurant l’avance aux siens avec moins de cinq minutes à faire lors d’un jeu de puissance – le résultat d’une contestation ratée des Golden Knights. Mais Mark Stone est venu gâcher la fête en envoyant tout le monde en prolongation, quelques minutes plus tard.

Tout juste avant le début de la période supplémentaire, un partisan a montré une pancarte à l’écran sur laquelle on pouvait lire : « Moins de chandails, plus de tirs! »

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Les hommes dans la foule ont saisi le message. Les joueurs des Hurricanes, aussi. Ils ont obtenu un autre avantage numérique en début de prolongation, et Seth Jarvis a décoché un puissant tir sur réception pour procurer la victoire aux siens et leur éviter d’avoir une immense pente à remonter.

Ça leur a aussi permis de conserver leur fiche immaculée (6-0) en prolongation, ce printemps.

« C’est énorme pour moi d’être en mesure de contribuer à la victoire et d’aider l’équipe à gagner, a commenté le héros d’une soirée complètement déjantée. En plus, on a réussi à débloquer sur le jeu de puissance. J’ai simplement suivi l’exemple de Jordan. Il faut continuer de surfer sur la vague. »

Les partisans, eux, devront aussi maintenir la tradition empruntée à certaines formations des ligues majeures de baseball. Si les Hurricanes tirent de l’arrière, ils devront souffrir un peu pour le bien de l’équipe.

« C’est la meilleure chose à propos de ces partisans : ils sont fous, a rigolé Jarvis. C’est une ambiance géniale dans laquelle jouer. Et vous savez, ce n’est pas chaud dans cet aréna. Ça prend du courage pour se mettre en bedaine. C’est ce qui nous a donné l’énergie pour notre poussée en troisième. »

Golden Knights vs Hurricanes | Résumé, match no 2 | 04/06/2026

Du soulagement à tous les niveaux

Au-delà des partisans dévêtus et de l’énergie de la foule, il faut aussi souligner les quelques ajustements apportés par Rod Brind’Amour qui ont permis aux Hurricanes de changer l’allure du match.

Le pilote a perdu patience avec son premier trio et a choisi d’envoyer Jarvis avec Staal et Nikolaj Ehlers pour jumeler Jordan Martinook à Sebastian Aho et Andrei Svechnikov sur la première unité. Ça n’a pas nécessairement mené à des buts, mais parfois, un peu de changement ne fait pas de tort.

« Je voyais que nous étions dans une impasse, a souligné Brind’Amour. Nous perdions 2-0 et nous n’étions pas en mesure de provoquer quoi que ce soit offensivement. Nous avions besoin d’un petit coup de mélangeur. Je ne sais pas si ç’a fonctionné ou pas, mais je devais faire quelque chose. »

C’est finalement le jeu de puissance, anémique depuis le début des séries, qui a fait la différence avec deux gros buts très, très importants. Il s’agit d’une source de soulagement. Il y en a aussi du côté de Jarvis, d’Aho et de Svechnikov, trois joueurs sous le feu des critiques pour leur manque de production à forces égales.

Aho a récolté une aide sur le but de la victoire tandis que Svechnikov a noirci la feuille de pointage avec une passe sur la réussite de Staal – elle aussi en avantage numérique. Ils vont prendre tout ce qui compte.

« C’est incroyable, a conclu Jarvis. Je me suis imaginé marquer ce but tant de fois. D’être en mesure de le faire dans la vraie vie, c’est génial. »

EN PROLONGATION

Le chiffre du match: 7

Carrier n’a pas juste réussi un superbe jeu sur le deuxième but des siens, celui de Jankowski. Le Québécois a encore une fois joué son rôle de marteau avec sept mises en échec, un sommet qu’il partage dans ce match avec Jordan Staal et Andrei Svechnikov.

VGK@CAR: Jankowski trouve la lucarne et crée l'égalité en 3e période

Revirement(s) de situation

John Tortorella y est allé d’une décision très audacieuse en contestant un but refusé aux siens avec seulement cinq minutes à écouler à la rencontre. Ivan Barbashev croyait avoir marqué, mais les officiels ont jugé que Frederik Andersen avait été poussé sur la séquence qui a mené au but.

À la défense de l’entraîneur, ce but aurait procuré aux siens une avance d’un but. Le jeu en valait la chandelle.

Mais comme il n’a pas remporté sa contestation, les Golden Knights ont été chassés pour avoir retardé le match. C’est à ce moment que le jeu de puissance complètement anémique des Hurricanes a décidé de débloquer par l’entremise de Staal, donnant aux 'Canes' une première avance dans la rencontre.

Cette priorité n’aura duré qu’un peu plus de trois minutes. Stone a marqué avec 1:21 à faire au cadran pour envoyer tout le monde en prolongation.

Un problème qui n’en est pas un

Le jeu de puissance des Golden Knights était loin d’être un problème avant le début de cette finale, mais il pourrait commencer à le devenir. Il a été blanchi en sept déploiements depuis le début de la finale.

L’avantage numérique des Knights fonctionnait à un rythme de 24 pour cent avant le lancement des hostilités. Jusqu’à maintenant, c’est l’intraitable infériorité des Hurricanes (93,3%) qui remporte la bataille. Les joueurs des Golden Knights manquent clairement d’exécution et ont de la difficulté à gérer la pression de l’adversaire.

Au moins, ils sont parvenus à marquer tout de suite après la fin de leur jeu de puissance à deux reprises dans ce deuxième match. Howden a touché la cible sept secondes après la fin d’un A.N. en deuxième période, et Stone a fait de même en huit secondes au troisième engagement.

McNabb : un tir en plein visage

Les matchs de la finale se suivent, mais ne se ressemblent pas pour Brayden McNabb. Après la joie d’un premier match de trois passes dans le gain de 5-4 mardi soir, McNabb a vécu l’autre côté de la médaille. Un côté plus souffrant. 

En première période, le défenseur de 35 ans a reçu un tir frappé de Nikolaj Ehlers directement au visage. Posté devant le filet de Carter Hart, McNabb n’a jamais eu le temps de se protéger contre cette frappe de 87 mp/h de l’attaquant danois. Il a pris la direction du vestiaire après ce jeu. 

Les Golden Knights ont ainsi joué près de 55 minutes avec cinq défenseurs. La fatigue commençait à se voir assez facilement en prolongation.

- Avec la collaboration du journaliste principal de LNH.com Jean-François Chaumont