STANKOVEN BADGE LEPAGE

RALEIGH, Caroline du Nord – « Quelqu’un devait se lever et faire un jeu. »

Rod Brind’Amour a simplement résumé ce dont les Hurricanes de la Caroline avaient besoin alors qu’ils accusaient un retard de deux buts avec moins de 10 minutes à écouler au deuxième match de la finale face aux Golden Knights de Vegas, jeudi.

Et comme ce fut le cas souvent dans ces séries, Logan Stankoven a pris la balle au bond. Il a gagné sa bataille pour la rondelle avec Rasmus Andersson – un robuste défenseur à qui il concède cinq pouces et près de 40 livres – avant de contourner le filet pour redonner vie aux siens.

Comment le petit attaquant est-il parvenu à réussir ce tour de force, le point de départ de cette remontée victorieuse couronnée en prolongation? Avant d’offrir son hypothèse, l’entraîneur s’est frappé la poitrine au niveau du cœur à plusieurs reprises.

« Tu ne peux pas mesurer ça, a-t-il lâché. Il parvient à le faire soir après soir. Sa détermination et tout ce qui vient avec… C’est assez incroyable à voir. »

VGK@CAR: Stankoven donne espoir aux Hurricanes

Ce sont peut-être bien ces impondérables que plusieurs ont oublié de prendre en compte quand est venu le temps d’analyser la transaction dans laquelle Stankoven s’est amené en Caroline en provenance de Dallas. On savait qu’il était un bon joueur, mais on pouvait difficilement le comparer à Mikko Rantanen.

Les Hurricanes avaient tenté le grand coup en faisant l’acquisition de la grande vedette offensive, mais ça n’a pas cliqué entre les deux parties. Ils ont dû l’échanger à nouveau quelques semaines plus tard, alors qu’ils ne détenaient plus le gros bout du bâton dans les négociations.

Les 31 autres équipes savaient que Rantanen n’allait pas s’engager avec les Hurricanes.

« Je crois qu’à ce moment, nous étions tous un peu inquiets de la tournure que ça prendrait, a avoué l’attaquant Jordan Martinook. L’organisation avait accompli un travail incroyable pour acquérir un joueur de la trempe de Rantanen, mais ça n’a pas fonctionné.

« Quand on regarde ça, moins de deux ans plus tard, je crois que notre équipe s’en est plutôt bien tirée. Nous sommes probablement rendus ici en raison de la transaction. On est heureux de ce qu’on a obtenu. »

Le directeur général Eric Tulsky est parvenu à limiter les dégâts – et bien plus. Il a acquis Stankoven et Taylor Hall, par la bande, dans une transaction à trois équipes avec les Blackhawks de Chicago et les Stars de Dallas. Il a aussi réussi à inclure un choix de premier tour au repêchage dans l’équation.

Un atout qui a éventuellement servi à soutirer le défenseur K’Andre Miller aux Rangers de New York.

« Je suis certain que si Mikko était toujours ici, il nous aiderait de façon incroyable, a observé le défenseur Jaccob Slavin. Mais il n’est pas ici, et ces gars y sont. Ils cadrent tellement bien avec le groupe. Ils se présentent à l’aréna et ils donnent tout pour l’équipe. On ne pourrait se passer de leur apport. »

Et comment. Hall est le meilleur pointeur des Hurricanes, ce printemps, avec ses cinq buts et 16 points. Stankoven est le meilleur buteur de l’équipe avec ses 10 buts en 15 matchs. Miller, lui, est le défenseur le plus solide de la brigade, tout juste derrière le pilier Slavin.

« Ces gars sont les éléments qui nous manquaient pour passer à la prochaine étape, a souligné le défenseur Shayne Gostisbehere. Stanky a les plus grandes attentes envers lui-même. Il pense toujours qu’il ne marque pas assez, qu’il n’en fait pas assez. Il est encore jeune, mais il a tellement le bien de l’équipe à cœur. »

Un mariage facile

En trois saisons dans la grande ligue, Stankoven a atteint la finale de l’Ouest avec les Stars, la finale de l’Est avec les Hurricanes, et il est désormais en finale de la Coupe Stanley. Il est toujours parvenu à laisser sa trace dans ces parcours éliminatoires – et ça ne va qu’en s’améliorant.

« Je suis très, très reconnaissant de tout ce que j’ai la chance de vivre depuis mon arrivée dans la LNH, a assuré le principal intéressé. J’ai fait partie de trois solides équipes, et je suis emballé de finalement avoir réussi à passer l’étape de la finale d’association. Je ne tiens absolument rien pour acquis. »

C’est exactement pour cette raison qu’il garde le pied sur l’accélérateur, maintenant qu’il est à trois petites victoires de l’objectif ultime. Même s’il s’est enraciné en Caroline pour huit saisons, il est bien conscient qu’il n’y a aucune garantie. Il s’agit peut-être de la seule occasion qu’il aura d’aller jusqu’au bout.

Après tout, il y a 16 mois à peine, il pensait être l’une des pièces maîtresses des Stars pour encore plusieurs années. Les choses changent vite dans le monde du hockey. Et parfois, c’est pour le mieux.

« Rien n’arrive pour rien, a-t-il philosophé. Les Stars ont obtenu le joueur qu’ils voulaient, et je suis très heureux d’être ici. J’ai l’impression que le style de jeu de l’équipe cadre exactement avec le mien. C’est un bon sentiment d’être désiré, et je veux le rendre à l’organisation.

« Je veux être la meilleure version de moi-même, et faire la différence chaque fois que je touche la glace. »