RALEIGH, Caroline du Nord – Nicolas Deslauriers se retrouvait dans le vestiaire des Hurricanes de la Caroline après la victoire de 4-3 en prolongation lors du deuxième match de la finale de la Coupe Stanley contre les Golden Knights de Vegas, jeudi, au Lenovo Center.
Deslauriers n’avait pas le front ruisselant de sueur. Il n’avait pas eu besoin de retirer son chandail et de détacher ses patins. Mais il gardait le même sourire, caché sous sa grosse barbe rousse. Il partageait ce moment de bonheur avec ses coéquipiers.
Rod Brind’Amour n’a pas fait appel souvent à ses services depuis le début des séries. Il a utilisé son robuste ailier pour un seul match. C’était lors du quatrième et dernier match du premier tour contre les Sénateurs à Ottawa. Le vétéran n’a obtenu que six présences pour un temps de jeu de 3:09.
Même s’il voudrait jouer, il ne se morfond pas de son rôle ingrat de 13e attaquant.
« C’est le fun, a-t-il dit lundi lors de la journée consacrée aux médias à Raleigh. On m’a posé souvent cette question à savoir comment je me sens même si je ne joue pas. Honnêtement, je trouve ça incroyable. Je donne beaucoup de mérite aux Hurricanes, car je me sens inclus. Je ne suis pas ici pour voler une place, je reste là s’ils ont besoin de moi. Au premier tour, j’ai joué un match. Depuis ce temps, on n’a pas de joueurs blessés, mais je reste un atout pour l’équipe même si je ne joue pas. »
Jesperi Kotkaniemi, un autre réserviste chez les Hurricanes depuis le début de ce long parcours en séries, n’a pas encore joué une seule seconde.
« Malheureusement, nous passons trop de temps ensemble, a affirmé Kotkaniemi. Mais Delo (Deslauriers) est génial. Je le connais depuis longtemps puisque nous étions aussi des coéquipiers avec les Canadiens. Il est drôle et il garde une ambiance légère au sein du vestiaire. Il me pousse aussi après nos entraînements. Il m’encourage à me défoncer. »
À 35 ans et après un peu plus de 700 matchs (708) dans la LNH, Deslauriers n’avait pas encore une grande expérience des séries. Il n’y avait participé qu’une seule fois. C’était en 2022 avec le Wild du Minnesota. Il avait participé à cinq des six matchs du Wild lors de cette élimination au premier tour en six matchs.
« Je sais que ça n’arrive pas tous les ans, les séries, a rappelé le numéro 44. Tu ne peux rien tenir pour acquis. J’ai consacré bien des efforts dans ma carrière pour vivre un moment comme ce long parcours cette année en séries. Je suis vraiment heureux.
« C’est vraiment dur de gagner ce trophée. Même si je ne joue pas, je me considère comme un gars actif dans la formation. Je vis cette aventure avec mes coéquipiers. Je m’entraîne, je patine fort et je me garde prêt. »
Les Hurricanes ont acquis l’homme fort à la date limite des transactions du 6 mars. Eric Tulsky, le directeur général de l’équipe, a ajouté du muscle à sa formation en ne payant pas un prix de fou. Tulsky a cédé un choix conditionnel de 7e tour en 2027 aux Flyers de Philadelphie.
À l’image de 2022, Deslauriers a donc fait ses valises pour partir dans une nouvelle ville, laissant derrière lui sa conjointe et ses quatre enfants.
« Mes enfants et ma blonde restent encore à Philadelphie. C’est la portion la plus difficile, a-t-il souligné. J’avais vécu la même chose en 2022 au Minnesota. J’avais trouvé ça encore plus dur puisque je partais d’Anaheim pour le Minnesota. La distance était plus grande que Philadelphie et Raleigh. Je dirais que cette expérience de 2022 m’a préparé à vivre ce nouveau chapitre.
« Ma famille a fait le trajet à quelques reprises lors des dernières semaines. J’ai aussi eu la chance de jouer contre les Flyers au deuxième tour. J’ai donc passé du temps avec ma famille à Philadelphie. Quand nous avons terminé nos séries, Rod m’a proposé de retourner à la maison pour quelques jours afin de voir mes proches. Il y a vraiment un esprit de famille avec les Hurricanes. Ça se voit aussi sur notre photo après notre victoire en finale de l’Est. Il y a beaucoup de monde sur la photo! »



















