Toronto Maple Leafs v Ottawa Senators - Game Six

OTTAWA — Brady Tkachuk retenait ses larmes.

Le capitaine des Sénateurs d'Ottawa n'est pas habituellement reconnu comme un homme réservé, mais après que son équipe eut été éliminée des séries éliminatoires de la Coupe Stanley à la suite d'une défaite de 4-2 contre les Maple Leafs de Toronto lors du match no 6 de leur série de première ronde dans l'Association de l'Est, jeudi, il a peiné à élever sa voix plus fort qu'un murmure.

« C'est dévastateur, on y croyait vraiment, a dit Tkachuk. C'est une pilule dure à avaler en ce moment. Je suis très fier de cette équipe… il faut avoir la volonté et le courage pour finir le travail, mais je crois que nous devons apprendre ces leçons et nous améliorer. C'est difficile à le réaliser pour le moment, mais tout arrive pour une raison, et nous deviendrons meilleurs à cause de ça. »

Tkachuk a dû attendre longtemps, soit sept saisons depuis son arrivée dans la LNH en 2018-19, avant de goûter au hockey des séries pour la première fois. Il aurait toutefois été difficile de le deviner en le regardant jouer.

Tkachuk a mené les Sénateurs avec sept points (quatre buts, trois passes) en six parties, récoltant au moins un point dans chaque match, sauf le premier. Dans le match no 6, ce fut sa déviation du tir de la pointe de Thomas Chabot qui a coupé le déficit des siens à 2-1 à 7:28 de la période médiane. David Perron a ensuite créé l'égalité 2-2 à 12:40 de la troisième avant que Max Pacioretty ne réplique 1:41 plus tard avec le but décisif pour Toronto.

Pour le gardien Linus Ullmark, qui a effectué 19 arrêts dans le match no 6, les larmes n'ont pu être retenues.

« Désolation, tristesse », a-t-il dit au sujet de ses pensées lorsque la dernière sirène a retenti, ce qui signalait la fin de la saison des Sénateurs. « Tu commences à pleurer tout de suite parce que quand tu te donnes à fond et que tu n'obtiens pas le résultat souhaité, que et tu t'es vraiment investi, c'est dévastateur. Tu vois tous ceux avec qui tu as livré bataille chaque jour, et tu ressens cette responsabilité, tu te demandes ce qui aurait pu se produire si tu avais fait un arrêt de plus... C'est une chose à laquelle tu ne peux pas t'empêcher de penser en tant que gardien. »

Alors que les Sénateurs se regroupaient au centre de la patinoire pour saluer la foule au Centre Canadian Tire après la rencontre, les partisans ont répondu avec une ovation avant de scander « Brady! Brady! Brady! »

On pouvait sentir l'admiration fervente de la foule de plus de 19 000 partisans envers l'équipe et son capitaine. Pour Tkachuk, le sentiment est réciproque.

« De ressentir ce soutien, ça fait huit longues années pour eux, et de vivre cette expérience… honnêtement, ils ne comprennent pas l'impact que ç'a eu sur moi et cette équipe. Nous avons vraiment voulu gagner pour eux, a-t-il avoué. Ils étaient absolument incroyables. Je sais que ça craint pour l'instant, mais j'ai tellement hâte de voir ce que l'avenir nous réservera.

« Ils sont venus ici et ils ont fait leur travail. Les prochains mois s'annoncent longs, mais le reste du groupe et moi, nous allons amorcer la saison prochaine avec beaucoup de fougue. »

Cette saison a marqué la première apparition des Sénateurs dans le tournoi printanier depuis une défaite crève-cœur en deuxième prolongation du match no 7 de la finale de l'Association de l'Est contre les Penguins de Pittsburgh en 2017. Pour plusieurs membres du noyau des Sénateurs, incluant Tkachuk, Chabot, Tim Stützle, Jake Sanderson, Drake Batherson, Dylan Cozens, Shane Pinto, Ridly Greig et Artem Zub, il s'agissait de leur première expérience du hockey des séries.

Ils ont parfois eu l'air débordés dans une défaite de 6-2 en lever de rideau, mais les Sénateurs ont montré des signes d'une amélioration rapide, forçant la tenue de la prolongation dans les trois matchs suivants. Ils ont perdu les deux premiers, mais ils sont demeurés en vie quand Sanderson a touché la cible dans la période supplémentaire du match no 4, un gain de 4-3. Les Sénateurs ont clairement été la meilleure équipe lors d'une victoire de 4-0 dans le match no 5 à Toronto.

Ils avaient mérité le droit de faire preuve de confiance en vue du match no 6.

« Face à un déficit de 3-0, beaucoup d'équipes auraient jeté l'éponge, mais nous nous sommes serré les coudes et nous avons offert une forte opposition, a affirmé Chabot. Nous sommes revenus chez nous et nous étions certains que nous allions forcer un retour à Toronto. »

Perron, un vétéran de 110 matchs éliminatoires, a indiqué que le fait d'avoir finalement atteint les séries et d'avoir poussé les Maple Leafs, gagnants de la section Atlantique, aussi fort qu'ils l'ont fait, ne va qu'aider l'équipe à l'avenir.

« Ça veut dire tout, a dit Perron. Pour beaucoup d'entre eux, ils peuvent enfin dire qu'ils ont joué en séries, et personne ne pourra plus douter qu'ils sont de bons joueurs et de bons leaders. Tout le monde a élevé son jeu au bon moment de la saison. »

Ullmark était d'accord.

« C'était très important pour nous de pouvoir nous qualifier, a-t-il expliqué. Tu apprends beaucoup en participant aux séries. Tout le monde peut en parler et offrir son avis sur le sujet, mais dès que tu y participes, tu ressens le rythme, tu comprends l'intensité, à quel point tout le monde se sacrifie, à quel point le jeu est plus rapide et à quel point tout le monde veut encore plus gagner. Ce n'est pas comme le match no 56 en janvier après une série de trois défaites de suite, tu dois toujours te regrouper et te reconcentrer. Peu importe que tu mènes 3-0 ou que tu accuses un retard de 0-3. »

Les Maple Leafs affronteront les Panthers de la Floride en deuxième ronde dans l'Association de l'Est. Un autre élément qui ajoute à la déception de Tkachuk, c'est l'occasion ratée d'affronter son frère Matthew en séries éliminatoires, bien qu'il ait déclaré, « ça va probablement se produire un jour ».

Après avoir vu la manière dont son capitaine s'est comporté dans les séries pour la première fois, l'entraîneur des Sénateurs Travis Green a beaucoup ce aimé ce qu'il a vu.

« C'est un gars passionné, il aime gagner, a dit Green. Ce n'est pas un jeu avec lui. Il veut vraiment gagner, il veut que la ville gagne et il veut que la ville soit heureuse de son équipe de hockey. Tu ne peux pas en demander plus. »