Slavin feature Feb 6

NEW YORK – La formation des États-Unis aux Jeux olympiques d’hiver de Milano Cortina 2026 regorge de supervedettes, de joueurs qui amassent beaucoup de points sur la glace et qui sont bien connus à l’extérieur.

D’un franc-tireur élite comme Auston Matthews à des leaders émotifs comme Matthew et Brady Tkachuk, en passant par des joueurs dynamiques comme Jack et Quinn Hughes ainsi qu’un gardien étoile comme Connor Hellebuyck, l’équipe américaine ne manque pas de talent pur.

Mais l’un des joueurs les plus importants de cette équipe est peut-être le défenseur Jaccob Slavin. Adulé en Caroline et reconnu pour ses prouesses défensives, il passe néanmoins sous le radar.

Voici ce que le défenseur des Hurricanes de la Caroline avait à dire au camp d’orientation olympique des États-Unis en août.

« Mon jeu n’est pas électrisant, a lancé Slavin. Passer sous le radar ne me dérange pas du tout. Je ne cherche pas la reconnaissance. C’est simplement quelque chose qui vient avec mon style de jeu. Mais ça ne me dérange pas. Je ne tire pas de confiance de la reconnaissance et ça ne change rien à mon identité. »

Et voici ce qu’il a déclaré jeudi au Madison Square Garden à quelques heures du dernier match des Hurricanes avant la pause olympique.

« Ça n’a pas changé. Je vais là-bas dans le même état d’esprit que les autres. Tu veux faire tout ce qu’il faut, même si ton rôle est différent que dans ton équipe de la LNH. Tu vas t’acquitter de ta tâche avec un sourire dans le visage parce que tu sais que tu représentes ton pays et que c’est un tournoi spécial. »

Si la brigade défensive américaine mise sur des joueurs offensifs comme Quinn Hughes, du Wild du Minnesota, et Zach Werenski, des Blue Jackets de Columbus, Slavin est le typique défenseur défensif qui laisse les autres obtenir la gloire et les points pendant qu’il ralentit les joueurs adverses.

« Les gens parlent des joueurs les plus utiles à leur équipe et de ce qu’ils font pour leur équipe, et c’est exactement ce qu’il accomplit pour nous », a affirmé l’entraîneur des Hurricanes Rod Brind’Amour. « C’est le genre d’impact qu’il exerce sur notre groupe, et c’est ce que les États-Unis vont obtenir : l’un des meilleurs défenseurs à caractère défensif. Mais je n’aime pas dire “à caractère défensif” parce qu’il peut tout faire dans un match. »

K’Andre Miller, qui a affronté Slavin au cours des cinq dernières saisons avec les Rangers de New York avant d’être échangé aux Hurricanes l’été dernier, a indiqué qu’il apprécie encore plus son jeu maintenant qu'il est son coéquipier.

« Tu entends à quel point il est bon défensivement, mais je ne l’appréciais pas vraiment comme adversaire, a expliqué Miller. Nous sommes dans le même camp maintenant, et je vois le travail qu’il accomplit chaque jour et le type de joueur qu’il est. Ce n’est donc pas une surprise qu’il soit aussi bon.

« Il tient le reste de l’équipe responsable et il nous pousse dans la bonne direction. »

La présente saison n’a pas été facile pour Slavin. Le vétéran de 31 ans a subi une blessure au bas du corps le 11 octobre et il n’est pas revenu au jeu avant le 14 décembre. Il a disputé trois matchs avant de subir une autre blessure au bas du corps le 19 décembre. Il a repris l’action le 10 janvier et a joué les 12 dernières rencontres avant la pause.

Jeudi, il a assuré qu’il se sent en pleine forme pour Milan. C’est une bonne nouvelle pour les États-Unis en raison de ce qu’il peut faire, mais surtout ce qu’il peut empêcher l’adversaire de faire.

« Il a cette confiance tranquille », a mentionné le défenseur du Wild du Minnesota Brock Faber, qui évoluera lui aussi pour les États-Unis. « Quand il est sur la glace, tu te dis que tout va bien se dérouler. Selon moi, il est le meilleur défenseur défensif de la Ligue, et je pense qu’il devrait obtenir beaucoup plus de reconnaissance pour ce qu’il apporte chaque soir. »

Depuis qu’il a été repêché par les Hurricanes en quatrième ronde (120e au total) en 2012, Slavin a cumulé 302 points (55 buts, 247 passes) en 762 matchs. Mais les points ne racontent pas toute l’histoire. En carrière, il montre un différentiel de +176, ce qui le place au deuxième rang parmi tous les joueurs américains durant cette période.

Depuis son entrée dans la LNH en 2015-16, les Hurricanes ont accordé 2,70 buts par rencontre, la deuxième meilleure moyenne derrière celle des Bruins de Boston (2,65).

« Défensivement, il appartient à l’élite », a souligné le défenseur des Bruins Charlie McAvoy, un autre représentant des États-Unis.

« Nous jouons au hockey à une époque où les points sont rois. Personne ne veut voir un match de 1-0, mais c’est peut-être le match lors duquel Jaccob Slavin a aidé son équipe à signer un jeu blanc. »

À quel point Slavin est-il respecté parmi la confrérie des défenseurs américains? Jake Sanderson, des Sénateurs d’Ottawa, a affirmé lors du camp d’orientation olympique que si le trophée Norris est habituellement remis au meilleur défenseur offensif de la LNH, il devrait y avoir un honneur récompensant le meilleur défenseur défensif, et il devrait être nommé en l’honneur de Slavin.

« Les gars à travers la Ligue savent qu’il est probablement le meilleur défenseur défensif, a dit Sanderson. Il patine tellement bien, il est tellement fort et il y a tellement de détails dans son jeu. À la Confrontation des 4 nations, j’ai pu voir à quel point il est bon avec son bâton. Pas seulement pour harponner la rondelle, mais aussi pour l’intercepter, ce qui est un atout important. C’était génial de le voir jouer. »

C’est à la Confrontation des 4 nations en février dernier que Slavin a commencé à attirer l’attention à l’échelle nationale et internationale.

Jouant tantôt avec McAvoy, tantôt avec Faber, et se mesurant aux meilleurs éléments adverses, Slavin a sonné la charge pour une défensive qui a accordé seulement sept buts en quatre matchs.

« Tout le monde dans le hockey sait à quel point il est bon et difficile à affronter, a dit Faber. Le partisan moyen ne le remarque peut-être pas ou ne le voit pas sur la feuille de pointage. C’est peut-être la raison pour laquelle il est un peu sous-estimé. Mais chaque équipe sait à quel point il est important. »

Parlez-en à Aho, qui est son coéquipier en Caroline, mais qui pourrait l’affronter si la Finlande et les États-Unis croisent le fer à Milan.

« Il est tellement solide défensivement, a dit Aho. Il a un bon bâton, il patine bien et il joue de la bonne façon pour nous. Je suis certain qu’il sera bon pour les États-Unis.

« Vous avez vu son jeu à la Confrontation des 4 nations. C’est tout un joueur! »

*Avec la contribution des journalistes NHL.com Derek Van Diest et Adam Kimelman.