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Tampa prend le risque d'échanger Drouin en raison de ses autres problèmes

Le Lightning a cédé l'attaquant aux Canadiens en retour d'un espoir à la ligne bleue surtout en raison du repêchage d'expansion et du plafond salarial

par Arpon Basu @ArponBasu / Directeur de la rédaction LNH.com

MONTRÉAL - En surface, la transaction qui a fait passer l'attaquant du Lightning de Tampa Bay Jonathan Drouin aux Canadiens de Montréal en retour de l'espoir à la ligne bleue Mikhail Sergachev jeudi semble être parfaite pour les deux équipes.

Le Lightning avait besoin d'un jeune défenseur talentueux à un salaire raisonnable, et il en a trouvé un en Sergachev.

Les Canadiens avaient besoin d'un attaquant dynamique capable de faire la différence dans un match, et ils en ont trouvé un en Drouin.

C'est aussi simple que ça? Non.

Il y a un certain risque dans cette transaction, et il se trouve surtout du côté du Lightning puisqu'il a échangé un joueur établi dans la LNH contre un espoir. Un espoir très prometteur, mais tout de même un espoir. Il est beaucoup plus difficile de prédire ce que fera Sergachev avec le Lightning que ce que fera Drouin avec les Canadiens.

Mais le Lightning éprouvait certains problèmes avec le repêchage d'expansion de la LNH et le plafond salarial, alors le risque lié à cette transaction en vaut la peine, puisque Sergachev vient résoudre ces deux problèmes, car il ne devra pas être protégé en vue du repêchage d'expansion en plus d'écouler son contrat de recrue.

Drouin a accepté un contrat de six ans avec les Canadiens quelques heures après la transaction, et il toucherait en moyenne 5,5 millions $ par saison.

« Je crois qu'il est assez évident que le salaire de Mikhail sur la masse salariale au cours des deux prochaines années et les suivantes sera inférieur à ce que nous aurions versé à Jonathan si nous lui avions accordé un contrat de transition », a expliqué le directeur général du Lightning Steve Yzerman.

Sergachev a récolté 43 points (10 buts, 33 passes) en 50 matchs de saison régulière avec Windsor dans la Ligue de hockey de l'Ontario cette saison avant d'aider son équipe à remporter la Coupe Memorial, mais rien de tout cela n'a été accompli dans la LNH.

Yzerman est persuadé que les aptitudes de Sergachev vont bien se transférer au prochain niveau, mais c'est évident puisqu'il vient de faire son acquisition. 

« Nous pensons qu'il aura la chance de jouer dans toutes les situations dans cette ligue, a-t-il évoqué. Il est très difficile de trouver des joueurs de ce calibre, et dans ce cas-ci d'un espoir de ce calibre. Ils sont difficiles à obtenir. »

L'optimisme d'Yzerman relève quelque peu de la nécessité, puisque le Lightning a sérieusement besoin d'infuser un peu de talent dans sa brigade défensive. Après la première paire composée de Victor Hedman et Anton Stralman, la hiérarchie du Lightning à la ligne bleue comprend Braydon Coburn et Jason Garrison, qui sont tous deux âgés de 32 ans et qui ont éprouvé des difficultés la saison dernière. 

Andrej Sustr (26), Jake Dotchin (23) et Slater Koekkoek (23) sont également du lot, mais aucun d'entre eux ne possède le potentiel élevé de Sergachev, le genre de potentiel qui rendait le directeur général des Canadiens Marc Bergevin optimiste par rapport à ses chances de percer l'alignement l'an prochain.

« Ce sera une décision que Tampa devra prendre, a souligné Bergevin, mais nous étions très à l'aise de l'avoir à Montréal la saison prochaine. »

Il sera juste de dire que Bergevin est encore plus à l'aise avec l'idée que Drouin évolue à Montréal la saison prochaine, mais encore une fois, il y a une certaine dose de risque d'impliquée.

Le plus gros problème des Canadiens se trouve à la position de centre. Drouin, âgé de 22 ans, a évolué au centre dans les rangs juniors, mais n'a pas souvent répété l'expérience dans la LNH puisque le Lightning était bien nanti à cette position avec Steven Stamkos, Tyler Johnson et, jusqu'à la dernière date limite des transactions de la LNH, Valtteri Filppula.

« À Tampa, j'ai joué un peu partout, gauche, droite, centre, a noté Drouin. J'ai évolué à plusieurs positions. En fin de compte, je ne vais pas décider où je vais jouer. C'est Claude qui va le faire. »

« Claude » est l'entraîneur des Canadiens Claude Julien, qui en est arrivé à la conclusion la saison dernière qu'Alex Galchenyuk n'était pas assez responsable défensivement pour évoluer au centre, une opinion partagée par Bergevin. Julien a vécu sensiblement la même situation avec Tyler Seguin lorsqu'il le dirigeait avec les Bruins de Boston, et qu'il l'employait à l'aile pour les mêmes raisons.

Il aura fallu un peu de temps à Drouin pour gagner la confiance de l'entraîneur du Lightning Jon Cooper en raison de son jeu dans les deux sens de la patinoire, alors il semble peu probable qu'il parvienne à convaincre Julien qu'il peut jouer au centre.

Sauf que les Canadiens ont en quelque sorte besoin que Drouin y parvienne, car s'il ne joue pas au centre, et Galchenyuk non plus, Montréal sera aux prises avec un sérieux manque de talent au centre de ses deux premiers trios. Cette saison, c'est Phillip Danault et Tomas Plekanec qui ont rempli ces rôles, deux joueurs reconnus pour leurs aptitudes en défensive, mais qui n'ont pas beaucoup produit offensivement.

Danault a connu sa meilleure saison en carrière avec une récolte de 40 points (13 buts, 27 passes) tandis que Plekanec a affiché la pire récolte de sa carrière avec 28 points (10 buts, 18 passes). Drouin à lui seul a amassé 53 points (21 buts, 32 passes) en 73 parties cette saison.

Ajouter de la profondeur à l'attaque a eu un prix pour les Canadiens puisque sans Sergachev, il n'y a plus de successeur évident au défenseur Andrei Markov, qui deviendra joueur autonome sans compensation. Il devrait être de retour avec l'équipe, mais aura également 39 ans en décembre.

Mais comme le risque pris par le Lightning est acceptable en raison des circonstances, les Canadiens vont profiter des meilleures années de Drouin dans la LNH, une carrière qu'il va poursuivre dans sa province natale, en s'exprimant dans la langue prédominante de la base de partisans des Canadiens.

À Montréal plus que n'importe où ailleurs, cela signifie beaucoup.

« Il s'agit d'une occasion qui ne se présente pas souvent, a admis Drouin. Lorsque j'étais jeune, je marchais dans les rues avec mon chandail des Canadiens, je regardais les Canadiens avec ma famille. La conversation téléphonique avec mon père [à propos de la transaction] a été un très beau moment et nous étions tous les deux très heureux. »

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