SPLIT KADRI MYERS

La réaction de Nazem Kadri en disait long.

« Êtes-vous sérieux? », a-t-il lancé en entrevue sur TSN vendredi.

Le vétéran attaquant venait d’apprendre qu’il avait été échangé par les Flames de Calgary à l’Avalanche du Colorado, l’équipe avec laquelle il a gagné la Coupe Stanley en 2022.

Et toutes les autres formations de la LNH ont dû avoir le même genre de réaction en voyant la course à l’armement qui a eu lieu dans la section Centrale, où trois des meilleures équipes de la ligue sont allées se chercher des munitions cette semaine dans le but de remporter le Saint-Graal du hockey.

« C’est la meilleure section de la ligue », a déclaré le directeur général du Mammoth de l’Utah Bill Armstrong. « C’est une compétition féroce pas seulement sur la glace, mais en dehors aussi, parce que notre section s’améliore constamment. Alors nous aussi, on doit s’améliorer.

« Ça va être génial pour les partisans. »

Eh, oui! C’est très sérieux.

Considérez ce qui suit.

Dans la dernière version du Super 16 de LNH.com publiée jeudi, l’Avalanche du Colorado (1er rang), les Stars de Dallas (2e rang) et le Wild du Minnesota (5e rang) sont les trois meilleures équipes de l’Association de l’Ouest et parmi les cinq meilleures de toute la ligue.

Et chacune de ces équipes s’est améliorée au cours des derniers jours.

« Ce n’est pas pour rien si ces équipes peuvent aspirer aux grands honneurs », a expliqué le directeur général des Stars, Jim Nill, dans un message envoyé à NHL.com vendredi soir. « Elles ont de bons dirigeants, de bons entraîneurs et de bons joueurs.

« La date limite a répondu aux attentes. »

Elle les a même surpassées.

Jetons un coup d’œil à l’afflux de talent des derniers jours dans la section Centrale.

Le Colorado a fait l’acquisition des centres Kadri et Nicolas Roy, obtenu des Maple Leafs de Toronto jeudi, ainsi que du vétéran défenseur Brett Kulak, arrivé de Pittsburgh le mois dernier.

Dallas est allé chercher le défenseur format géant Tyler Myers chez les Canucks de Vancouver pour renforcer une impressionnante brigade défensive qui comptait déjà sur Miro Heiskanen, Eva Lindell et Thomas Harley. 

Le Minnesota n’est pas en reste avec l’acquisition des attaquants Michael McCarron des Predators de Nashville, Bobby Brink des Flyers de Philadelphie et Nick Foligno des Blackhawks de Chicago ainsi que du défenseur Jeff Petry des Panthers de la Floride. De plus, il a réclamé l’attaquant Robby Fabbri au ballottage. Après toutes ces transactions, le directeur général Bill Guerin reconnaît que les deux derniers trios du Wild sont complètement métamorphosés.

 « On est meilleurs aujourd’hui qu’hier », a lancé Guerin aux journalistes à Las Vegas.

L’Avalanche et les Stars pourraient prétendre la même chose. Ces trois formations pourraient se rendre loin en séries, ce qui devrait donner lieu à des confrontations fascinantes lors des deux premiers tours.

Avant les matchs de vendredi, l’Avalanche était au sommet de la section Centrale (et du classement général de la LNH) avec 91 points, six de plus que Dallas et neuf de plus que le Minnesota. À moins d’un effondrement du Colorado, les Stars et le Wild devraient croiser le fer lors d’un affrontement épique au premier tour des séries éliminatoires de l’Association de l’Ouest.

« Pour atteindre notre objectif, il va falloir battre de bonnes équipes, peu importe lesquelles, a indiqué Nill. Il faut juste faire notre travail.

« On n’a pas d’excuses. »

Le Mammoth, une autre équipe de la section Centrale, occupait la première place de quatrième as de l’Association de l’Ouest avant les matchs de vendredi. Son but est de se qualifier pour les séries éliminatoires pour une première fois depuis que la concession a quitté l’Arizona pour l’Utah en 2024. Donc, l’équipe a effectué une transaction importante en faisant l’acquisition du défenseur MacKenzie Weegar des Flames jeudi et elle ne sera pas une proie facile au premier tour si elle confirme sa participation aux séries.

La section comporte des francs-tireurs d’élite tels que Nathan MacKinnon de l’Avalanche, Jason Robertson des Stars ainsi que Matt Boldy et Kirill Kaprizov du Wild. On y trouve aussi les deux meilleurs défenseurs au monde en Quinn Hughes du Minnesota et Cale Makar du Colorado. Enfin, il ne faut pas oublier l’un des meilleurs gardiens de la LNH en Jake Oettinger de Dallas.

Les nouvelles acquisitions de l’Avalanche lui procurent l’une des lignes de centres les plus impressionnantes de la ligue. Kadri et Roy se greffent à MacKinnon et Brock Nelson pour créer un quatuor qui donnera des cauchemars à ses adversaires. 

Le directeur général de l’Avalanche, Chris MacFarland, a toutefois révélé que les transactions effectuées par le Colorado n’ont aucunement été influencées par ce que ses rivaux de la section ont fait.

« On ne doit pas se préoccuper de ce que les autres font. Tout le monde cherche à s’améliorer. On veut faire la même chose et trouver le bon équilibre. »

Lorsqu’on lui a demandé si l’agressivité du Colorado sur le marché des échanges signifiait que l’équipe jouait le tout pour le tout pour gagner la Coupe Stanley, MacFarland a rejeté cette affirmation du revers de la main.

« On peut parler de la date limite. Qui a gagné? Qui s’en est le mieux sorti? Mais ça ne veut rien dire, a-t-il rétorqué. Tout ce qui compte, c’est ce qui va se passer sur la glace au cours du prochain mois et pendant les séries…

« Les séries, c’est comme une nouvelle saison. Il n’y a plus de marge d’erreur. Alors, oui, je crois que notre équipe peut faire des dommages, mais ça dépend de plusieurs éléments. Nos joueurs méritent qu’on les aide, alors si on peut améliorer le moindrement notre équipe à la date limite des transactions, on doit le faire.

« Quant à cette histoire de jouer le tout pour le tout, si une équipe perd en finale d’association, est-ce que ça veut dire que son entraîneur est mauvais? Bien sûr que non. On a simplement de grandes ambitions et on voulait aider notre équipe. »

On a posé une question semblable à Guerin, à savoir si le Wild misait tout sur la coupe et quel genre de pression venait avec cette attitude. Lui aussi a vite remis les pendules à l’heure.

« Il faut juste jouer, a-t-il répondu. Soyez fébriles. Allez jouer et profitez-en au maximum. Oubliez la pression, ne vous en faites pas avec ça.

« Préparez-vous et allez jouer avec émotion, avec passion et avec confiance. J’espère que nos joueurs sont confiants. »

Il a sûrement enlevé les mots de la bouche de ses homologues MacFarland et Nill.