SIDE HAGEL BADGE LEPAGE

MONTRÉAL – Le Lightning de Tampa Bay en retard par deux buts en deuxième période, Brandon Hagel s’est levé au banc des siens et a parlé à ses coéquipiers dans le blanc des yeux.

Vu l’enjeu, et le fait qu’elle était en danger de se retrouver 1-3 dans la série, la formation floridienne n’avait pas le choix de remonter la pente.

« On a vu toute sa passion sur le banc », a raconté l’entraîneur Jon Cooper, remis de ses grandes émotions. « Il s’est levé, il a regardé des deux côtés et il a captivé ses coéquipiers avec le message qu’il a livré. C’est une chose de le dire, mais on pouvait sentir que ça venait du cœur et de son âme.

« Il n’a pas fait comme Mark Messier. Il n’a pas dit qu’il allait marquer ces deux buts. Mais on pouvait sentir que si quelqu’un allait réussir à le faire, ç’allait être lui. »

Hagel les a éventuellement marqués, ces deux buts. Mais son discours a eu un effet immédiat sur le groupe, avant même qu’il n’inscrive le but égalisateur et le but gagnant de cette victoire de 3-2 des siens face aux Canadiens de Montréal.

Quelques instants plus tard, le défenseur Max Crozier étampait Juraj Slafkovsky en plein centre de la patinoire, soulevant l’ire du CH et de la foule du Centre Bell.

« Il avait la tête baissée au milieu de la patinoire, a résumé celui qui jouait pour la première fois de la série. Ç’a été assez facile de le pincer. »

De l’autre côté, ç’a produit exactement l’effet escompté. Après un signal d'alarme signé Hagel, c’était la première petite étincelle dont le Lightning avait besoin pour se remettre dans le match : « Il faut lui donner du mérite. C’était son premier match de la série et il a trouvé une façon de l’influencer », a souligné Hagel.

« C’était une grosse mise en échec à un gros moment, et ç’a allumé tout le monde, a confirmé Jake Guentzel. Parfois, des choses comme ça peuvent changer le cours d’un match. »

Seulement 1:18 plus tard, Jake Guentzel réduisait l’écart à un seul but en complétant la pièce de jeu de J.J. Moser alors que les deux équipes évoluaient à 4-contre-4. On dit souvent que les buts en fin de période sont ceux qui font le plus mal. La croyance a été confirmée dans ce match.

Dès le retour du vestiaire, Oliver Kapanen a été puni pour bâton élevé et Hagel – encore lui – a ramené les deux équipes à la case départ avec moins de deux minutes d’écoulées.

« Le timing de la mise en échec était parfait, a expliqué Cooper. Mais nous devions quand même profiter de cet effet. On a fait tout un jeu pour marquer lors du 4-contre-4. La mise en échec leur a fait mal, et ce but encore plus. Avec l’autre but en début de troisième, on a complètement changé l’allure de la rencontre. »

Hagel et le dernier clou

Comme on pouvait s’y attendre à ce moment, Hagel a effectué le travail en marquant son deuxième du match, son sixième de la série, quand la passe de Nikita Kucherov – bel et bien remis d’une très douloureuse chute contre la rampe – a dévié sur le bâton de Slafkovsky, et sur son bras pour battre Jakub Dobes.

TBL@MTL: Hagel inscrit son deuxième but du match et son sixième des séries

La bête noire du CH a ainsi éteint une foule qui l’a pourtant chaudement applaudi quand il portait les couleurs du Canada à la Confrontation des 4 nations. Cette époque est clairement révolue.

« C’est le meilleur temps de l’année, et peu importe où on joue, il faut profiter de l’ambiance et de la chance qu’on a de vivre des moments comme ceux-là, a dit Hagel. C’est pourquoi on se bat toute la saison pour pouvoir participer aux séries. »

Et une fois en séries, il faut manifestement batailler ferme pour se sortir de situations inconfortables. C’est ce que le Lightning, une équipe qui en a vu d’autres, a réussi à faire fondre comme neige au soleil la première avance de deux buts du Tricolore dans cette série. On n’apprend pas à un vieux singe à faire des grimaces.

« Nous formons un groupe résilient, a conclu Guentzel. On a traversé beaucoup d’épreuves cette année. Il n’y avait aucune panique dans notre vestiaire et sur le banc. On sentait qu’on jouait bien et qu’on n’avait besoin que d’un but. Après celui-là, on a senti que le match allait venir à nous. »