BLEYL BADGE LEPAGE

Quand on demande à Tommy Bleyl s’il considère que son nom passait sous le radar des recruteurs des équipes de la LNH en début de saison, le jeune homme rigole au bout du fil.

Le défenseur des Wildcats de Moncton ne blâmera aucun de ceux qui ne l’avaient pas nécessairement très haut sur leur liste il y a quelques mois. Parce que la réalité est la suivante : Bleyl ne se voyait même pas comme un espoir en vue du prochain repêchage.

« Je n’y portais pas trop attention pour être honnête, a répondu l’arrière originaire de Glenville, dans l’État de New York. Je n’avais aucune idée de l’allure que prendrait ma saison, et je ne savais même pas si j’étais dans les discussions pour le repêchage. Je ne crois pas que je méritais beaucoup d’attention à cette époque. »

Bleyl venait à peine de prendre la décision la plus importante de sa carrière après une saison dans les rangs préparatoires scolaires aux États-Unis.

Charmé par sa visite des installations des champions en titre de la LHJMQ et par sa rencontre avec le coloré entraîneur Gardiner MacDougall – qui a notamment inclus un road trip familial jusqu’à l’Île-du-Prince-Édouard – le patineur de 18 ans avait choisi de s’aligner avec les Wildcats cette saison.

Son plan initial était de poursuivre son développement avec les Fighting Saints de Dubuque, dans la USHL, avant de faire le saut dans la NCAA, mais les changements de règlements l’ont incité à explorer ses options.

« Gardiner nous a fait la visite du coin, s’est souvenu Bleyl. Il nous a raconté tellement d’histoires. On a rapidement vu à quel point il était intense et passionné. Avec les succès qu’il a connus dans le passé, il est devenu assez clair que c’était la meilleure décision pour moi de jouer à Moncton. »

Les derniers mois lui ont donné raison. Avec deux matchs à faire à la saison régulière, Bley trône au sommet des pointeurs chez les défenseurs du circuit avec sa récolte de 13 buts et 79 points en 61 rencontres.

Il a battu le record de points (77) et de passes (60) pour un défenseur recrue en une saison – des marques qui avaient été établies par Gaston Therrien, il y a 48 ans. Pour un joueur qui voulait d’abord se concentrer sur son adaptation à la LHJMQ, on peut dire que c’est bien réussi.

Avec tout ça, il fait maintenant partie du petit groupe de joueurs du circuit junior québécois à pouvoir aspirer à une sélection au premier tour, en juin prochain. Bleyl était vu comme le 35e espoir nord-américain sur la liste de mi-saison du Bureau central de dépistage de la LNH, et on peut s’attendre à un bond intéressant sur la liste finale.

« J’avais quelques objectifs personnels mineurs, et je pense que je les ai excédés, a-t-il dit humblement. Je ne savais pas quel rôle j’aurais au sein de l’équipe, mais la porte s’est ouverte rapidement et j’ai été en mesure d’en profiter. Le groupe de gars a aussi facilité mon ajustement à ce niveau de jeu. »

Grande confiance

Dès les premiers matchs de la saison, Bleyl a été utilisé sur la première paire et sur la première vague du jeu de puissance, comblant ainsi le vide laissé par la graduation d’Étienne Morin chez les pros. Bien servi par son élégant coup de patin et ses habiletés offensives, il a gagné et conservé la confiance de MacDougall.

À travers ses prouesses offensives, et aussi ses succès défensifs, il a continué de s’améliorer tout au long de la saison jusqu’à devenir le secret le moins bien gardé de la LHJMQ.

« J’irais jusqu’à dire qu’il est l’un des meilleurs patineurs de la Ligue canadienne », a observé Jean-François Damphousse, un dépisteur du Bureau. « En deuxième moitié, ses mains ont rattrapé ses pieds. L’exécution est au rendez-vous et son jeu s’est bien développé dans les deux sens.

« On pourrait penser, avec ces chiffres-là, que c’est un défenseur qui fait des pirouettes, mais il ne prend pas beaucoup de risques pour générer ses chances. Il a trouvé des façons de devenir encore plus évasif et de danser sur la ligne bleue pour se défaire de sa couverture. Je suis vraiment impressionné par son jeu. »

Comme les bonnes nouvelles ne viennent jamais seules, d’autres choses pourraient jouer en sa faveur d’ici la fin de l’année. Bleyl frôle désormais les 6 pieds, et les Wildcats – premiers au classement général – pourraient connaître un autre long parcours en séries.

Ça lui permettrait donc de continuer son ascension et de confirmer sa place parmi les 32 meilleurs espoirs de sa cuvée.

« Je ne veux pas dire que je ne me soucie pas de ma position en ce moment, mais je sais qu’il en reste beaucoup à accomplir d’ici au repêchage, a conclu le sympathique jeune homme. Je me concentre sur mon jeu et sur les choses que je peux contrôler. Ce serait quand même tout un honneur d’entendre mon nom au premier tour.

« Ce serait un rêve devenu réalité. »