Le pilote a hoché la tête en riant quand un collègue lui a rappelé que la scène avait été captée par les caméras de télévision, et qu’elle était déjà devenue virale.
« C’est difficile de sortir le joueur de moi, a-t-il expliqué. Je ne vais pas souvent dans le vestiaire. C’est leur espace à eux. C’est leur équipe, pas la mienne. Je ne fais que les diriger dans une direction. Une fois de temps en temps, je le fais. Je choisis mes moments.
« Dans une soirée comme celle-là, je voulais être avec eux. Nous avons eu un peu de plaisir. »
Le pilote avait toutes les raisons de célébrer cette victoire en sept matchs avec ses hommes parce qu’il a eu son mot à dire dans celle-ci. Stratégiquement, mais aussi émotivement.
Il est parvenu à trouver les bons mots pour remettre son équipe sur les rails après l’atroce deuxième période qu’elle venait de connaître. Le Tricolore avait été dominé 12-0 au chapitre des tirs, et n’avait effectué que cinq tentatives en 20 minutes. Tout ça malgré deux jeux de puissance. Il était temps pour lui d’intervenir.
« On venait juste de jouer notre pire période de la série, mais on ne s’est pas fait trop mal parce qu’ils n’avaient marqué qu’un but en avantage numérique, a-t-il expliqué. On était quand même à la tâche défensivement, mais on était incapables de faire tourner le vent.
« Quand tu reviens d’une période de même, c’est fatigant physiquement et mentalement. Ça t’assomme un petit peu. On a remis les choses en perspective, la situation dans laquelle on était. C’était 1-1 dans un match ultime. Il fallait oublier la période et trouver un moyen d’aller chercher du rythme. J’ai aimé notre troisième. »
Avec raison.
Signe qu’il a su appuyer sur les bons boutons, Alex Newhook a redonné les devants aux siens au retour du vestiaire, et le groupe s’est rallié autour de Jakub Dobes pour fermer les livres. C’était la suite et la fin du travail de motivation que le pilote avait amorcé après la défaite au sixième match, en parlant de la destinée de son équipe.
« Je pense qu’il est l’un des meilleurs entraîneurs au monde, a vanté le capitaine Nick Suzuki. Il a cette façon de trouver la bonne chose à dire dans chaque situation. Il sait comment soutirer le meilleur de nous. Évidemment, personne n’était heureux après cette période. Il est arrivé dans le vestiaire gonflé à bloc.
« Il nous a tous motivés pour la troisième. Il est notre meneur, et chaque gars ferait tout pour lui. Il est tout un entraîneur. En plus, il ne fait ça que depuis quelques années : il va continuer à s’améliorer. Une chose est sûre, c’est qu’il aime ce qu’il fait, et que nous aimons jouer pour lui. »
Une leçon
À l’instar de sa jeune troupe, qui est venue à bout d’un groupe de vétérans du côté du Lightning, St-Louis a eu le dessus sur Jon Cooper – l’entraîneur qui a le plus de longévité dans la LNH.
Ç’a pris du temps avant qu’il décide de procéder à des changements de personnel et à des modifications de trios, mais quand il l’a fait – à partir du cinquième match – il a réussi à donner un tout autre visage à sa formation en répartissant davantage ses forces. Ç’a compliqué la tâche de son vis-à-vis.
Et ça lui a permis d’apprendre.
« Ce sont des occasions d’évoluer, a-t-il conclu. Je sais que j’ai modifié bien des affaires. Pas juste les trios, mais la structure aussi. J’ai fait des ajustements entre les matchs. Tu sais qu’ils font la même chose de l’autre bord. Tu dois essayer de penser à ce qu’ils vont faire selon ce qu’ils ont vu dans le match.
« C’est une partie de la game que j’adore. Comme joueur, j’adorais ça essayer de trouver des solutions. Comme entraîneur, je travaille fort là-dessus et j’aime ça. Ce n’est pas du travail. C’est une passion. »
Cette passion lui servira encore au tour suivant, puisque le Tricolore a rendez-vous avec les Sabres de Buffalo de Lindy Ruff – un entraîneur qui compte plus de 30 ans d’expérience dans la LNH.