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Il n'y a pas si longtemps, Drake Batherson n'était qu'un des nombreux attaquants au service de la reconstruction des Sénateurs d'Ottawa. Un joueur doté d'un flair offensif certain, mais dont on ignorait encore l'ampleur du potentiel dans la grande ligue.

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À sa troisième saison chez les professionnels - sa première à temps plein dans la capitale fédérale -, l'imposant ailier commence à fournir des éléments de réponse fort encourageants.
Quand il sautera sur la glace du Centre Bell, mardi, il tentera de prolonger à sept sa série de matchs avec au moins un but et d'ainsi rejoindre Steven Stamkos, Alex Ovechkin, Ilya Kovalchuk et Eric Lindros au troisième rang sur la courte liste des joueurs ayant connu de pareilles séquences à 22 ans ou moins.
Le record est de neuf matchs et a été établi par Teemu Selanne en 1993. En somme, c'est de la bonne compagnie.
« Je ne peux pas vous dire ce qui se passe », a-t-il rigolé après avoir marqué deux buts dans un gain de 5-1 face aux Flames de Calgary, lundi. « Comme j'ai dit aux gars, je pense que la dernière fois que j'ai été aussi en feu, j'étais dans le pee-wee. Je ne fais que lancer et ça rentre. »
« J'ai beaucoup de plaisir à le regarder jouer, a lancé Tim Stützle, son compagnon de trio. J'essaie de lui refiler la rondelle le plus souvent possible parce qu'il peut marquer de n'importe où. C'est bien de voir la séquence se poursuivre encore. »
Batherson totalise désormais neuf buts en 24 matchs cette saison, dont huit inscrits à ses neuf dernières rencontres, et il démontre qu'il peut toucher la cible de toutes les façons. Mais c'est surtout son tir des poignets qui retient l'attention de plusieurs.
« C'est un excellent tireur et il trouve les bons endroits grâce à son intelligence sur la glace, a analysé le gardien Matt Murray. Je pense que c'est l'aspect de son jeu qui lui permet de marquer autant en ce moment. Il est au bon endroit et il profite de ses chances.
« Son tir est lourd et puissant. On le voit battre des gardiens proprement et sans écran. Il n'y a que quelques gars dans la Ligue qui peuvent faire ça. C'est ce que je vois tous les jours à l'entraînement. »
Pierre Dorion et les Sénateurs ont-ils réussi à dénicher un franc-tireur en quatrième ronde (121e au total) du repêchage de 2017? Sur ce point, il faut quand même se garder une certaine réserve.
Son sommet personnel dans la Ligue américaine est de 22 buts en 59 matchs, et il est de 29 en 51 rencontres dans la LHJMQ, alors qu'il s'était aligné avec les Screaming Eagles du Cap-Breton et l'Armada de Blainville-Boisbriand à sa dernière campagne dans les rangs juniors.

CGY@OTT: Batherson fait mouche en contre-attaque

Reste que Batherson a toujours été reconnu comme un joueur qui se développe sur le tard. Cette touche de marqueur n'est peut-être qu'un autre aspect de son jeu qui vient finalement à point. Peu importe ce que c'est, les Sénateurs ne s'en plaindront assurément pas.
« Il est dangereux tous les soirs, a vanté l'entraîneur D.J. Smith. Il fait du très bon travail à forces égales, et aussi sans la rondelle, et il donne des maux de tête aux autres équipes avec Timmy (Stützle). Les deux sont très rapides. »
Revigorés
Dans les faits, ce sont les Sénateurs dans l'ensemble qui font rager leurs adversaires par les temps qui courent. La troupe de Smith montre une fiche de 6-4-0 à ses dix dernières rencontres et ne ressemble en rien à la formation qui s'est inclinée neuf fois de suite en début de saison.
« Nous gérons mieux les différentes situations, a expliqué Smith. Nous commençons aussi à comprendre que nous sommes capables de marquer. On a la confiance que nous allons être en mesure de venir de l'arrière ou de demeurer dans un match serré si la situation se présente. »
Ce n'est évidemment pas étranger au fait que la nouvelle garde de la formation ottavienne prend peu à peu ses aises. Quatre des cinq premiers marqueurs de l'équipe ont 22 ans et moins - Batherson vient d'ailleurs en tête de lice avec 17 points. L'intrus du groupe est Thomas Chabot, le pilier défensif de 24 ans.
Le slogan de l'équipe, The Kids Are Alright - les jeunes se portent bien -, commence vraiment à prendre tout son sens, et l'optimisme gagne du terrain.
« D.J. nous dit toujours que les meilleures équipes de la Ligue sont celles qui affichent le plus de constance, a conclu Batherson. Elles savent comment jouer avec l'avance, et comment venir de l'arrière. Nous essayons de les prendre en exemple, et nous avons fait des progrès en ce sens. »