ELMONT, New York – Patrick Roy a retrouvé la barbe poivre et sel qui le caractérisait lors de ses années avec les Remparts de Québec, quoique celle-ci est maintenant un peu plus décorée de blanc.
S’il restera toujours reconnaissant envers Lou Lamoriello, qui a lui a procuré la chance de réintégrer les rangs de la LNH comme entraîneur au mois de janvier 2024, Roy a regagné une partie de sa personnalité depuis l’arrivée de Mathieu Darche au poste de directeur général des Islanders de New York en mai dernier.
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À la veille d’un match contre les Bruins de Boston au UBS Arena mardi, Roy a rencontré la poignée de journalistes de Long Island, comme il le fait toujours, pour ensuite s’entretenir quelques minutes de plus avec l’auteur de ces lignes.
Le bonheur se lisait sur son visage. Mais on perçoit aussi qu’il n’a pas encore cicatrisé complètement sa longue attente d’un peu plus de sept ans entre la fin de son séjour comme entraîneur de l’Avalanche du Colorado et sa seconde chance avec les Islanders.
« J’adore ça avec les Islanders », a-t-il dit en entrevue avec LNH.com. « Je vis toujours une belle aventure. Je l’ai souvent dit, mais j’étais content de revenir dans la LNH. Je demandais juste ça.
« Aujourd’hui, j’ai la chance de travailler avec Mathieu. C’est un plaisir de le côtoyer. Il travaille toujours en équipe et il cherche constamment à connaître l’opinion de son monde afin de toujours améliorer l’équipe. Je me retrouve dans un bon contexte.
« Je me considère juste chanceux d’être dans la LNH et dans un bon marché de hockey à Long Island. Les Islanders veulent gagner. Je ne peux demander mieux. »
Écartés des séries au printemps dernier, les Islanders montraient il y a quelques mois des signes d’une équipe ouverte à une possible reconstruction. Il y a eu l’arrivée d’un nouveau DG en Darche. Il y a eu le départ de Noah Dobson dans une transaction importante avec les Canadiens de Montréal. Et au premier jour de la saison, ils formaient l’une des plus vieilles équipes de la LNH avec une moyenne d’âge de 29 ans.
Mais le principe d’une reconstruction ne cadre pas trop avec la philosophie de Roy. Il veut toujours gagner.
« Nous avons de bons vétérans », a-t-il répliqué rapidement lorsque questionné sur ce sujet. « Mathieu avait été clair avec l’échange de Dobson lors du repêchage. Nous l’avons échangé pour des raisons contractuelles. Nous avons eu un bon retour pour Noah, mais Matthew Schaefer a également aidé à changer l’image de l’équipe. Mathieu a eu du flair en amenant un ailier comme (Emil) Heineman. Nous avions besoin d’un joueur comme lui. Il procure de la profondeur au sein de nos deux premiers trios à l’attaque, il est physique et il a de la robustesse. Jo (Drouin) fait aussi tout un boulot pour nous depuis son arrivée ici. »
À l’intérieur du vestiaire des Islanders, le centre Bo Horvat a offert un grand sourire quand on lui a parlé du désir de vaincre de son entraîneur en chef.
« C’est contagieux, Patrick poussera toujours pour nous voir gagner, a mentionné Horvat. Mais nous croyons aussi en notre équipe. Nous avons du talent même si nous n’avons pas participé aux séries l’an dernier. Nous avons ajouté des joueurs talentueux avec les arrivées de Schaefer, Drouin et Heineman. Ils ont redonné de la vie à notre équipe. Je crois sincèrement en nos chances d’atteindre les séries. »
Les Islanders, qui ont subi un revers de 3-1 face aux Bruins malgré une domination de 45-14 dans la colonne des tirs mercredi, ont maintenant un dossier de 13-9-2 après 24 rencontres. Ils sont au cœur de la lutte pour une place en séries dans l’Association de l’Est.
Après cette visite des Bruins où les Islanders ont encore connu des problèmes en supériorité numérique (sept matchs d’affilée sans marquer), Drouin a décrit son entraîneur comme un homme honnête.
« Patrick est intense, mais il n’est pas si pire, bien honnêtement, a répliqué le numéro 29. Il est direct dans ses propos. Avec lui, tu as l’heure juste. Il te dit la vérité quand c’est le temps de te dire la vérité. J’aime ça. »
Défendre Romanov
Le sujet restait inévitable. Le 18 novembre dernier, Roy a piqué une sainte colère après une mise en échec dangereuse de l’ailier Mikko Rantanen contre le défenseur Alexander Romanov dans un gain de 3-2 contre les Stars à Dallas. Il a enguirlandé Rantanen à son retour au banc, mais il a aussi lancé des mots pas trop doux en français à Alain Nasreddine, l’un des adjoints derrière le banc des Stars.
« Je garderai toujours ma passion, même si parfois, elle me fait vivre de petits débordements, a répliqué l’homme de 60 ans. C’est drôle parce que ma blonde m’en parlait. Tu ne peux pas gérer la passion à moitié. Tu as de la passion ou tu n’as pas de passion. Quand tu es passionné, tu aimes tes joueurs. Je suis persuadé qu’Alain aurait agi de la même façon si les rôles avaient été inversés. Il n’y a rien de personnel entre nous. Je le saluerai à notre prochaine rencontre, même si je ne le connais pas beaucoup. »
Blessé sur ce jeu, Romanov s’absentera pour une période de quatre à cinq mois. Il a subi une opération à l’épaule droite.
« Romy (Romanov) a subi une blessure importante, mais au départ, je croyais à un truc bien plus sérieux, a noté l’ancien numéro 33. J’ai eu peur pour son cou. C’est probablement pour cette raison que j’ai rapidement perdu mon calme. »
Kyle Palmieri, un ailier de 34 ans, avait déjà vu le visage tout rouge de Roy.
« Au premier jour de Patrick avec les Islanders, nous pouvions ressentir toute sa passion, s’est remémoré l’Américain. J’ai grandi en le regardant jouer. Je jouais pour les Ducks quand Patrick dirigeait l’Avalanche. À mon premier match contre lui, il s’était chicané avec Bruce Boudreau. J’étais sur le banc des Ducks, mais je pouvais voir son intensité dans son regard. Il n’a rien perdu de cette passion. Nous pouvons nous nourrir de cette passion. Il communique bien avec ses joueurs et il sait comment gagner. »


















