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EAST MEADOW, New York – Il y a un an, Matthew Schaefer désirait gagner une place avec l’équipe canadienne pour le Championnat mondial junior. Il y a deux mois, il voulait convaincre les Islanders de New York de lui confier un poste. Aujourd’hui, il rêve de représenter le Canada aux Jeux Olympiques d'hiver de Milano Cortina 2026.

Il n’y a rien qui se déroule à une vitesse normale dans l’univers du premier choix au total au dernier repêchage par les Islanders. Schaefer, qui a fêté ses 18 ans le 5 septembre, bouscule les plans.

Doug Armstrong, le directeur général de l’équipe canadienne pour les Jeux olympiques, a ajouté le nom du jeune phénomène à sa liste de candidats.

À sa sortie d’un entraînement au Northwell Health Ice Center à Long Island, Schaefer a pris le temps de détacher ses patins et de s’essuyer le front avant d’aborder le sujet des JO avec l’auteur de ces lignes. Il venait de transpirer un bon coup en passant des minutes supplémentaires sur la glace du centre d’entraînement des Islanders en compagnie d’un autre jeunot, Calum Ritchie (20 ans), mais aussi d’un plus vieux, Jonathan Drouin (30 ans).

« Oui, je trouverais ça surréel de participer aux Jeux olympiques, a répliqué Schaefer. Je dirais même que ce serait surréel à 100%. Je n’y pense pas. Je travaille fort, je fais de mon mieux à chacun de mes matchs. Les pièces du casse-tête tomberont en place si je joue bien et si je travaille fort. Mais comme je le dis, je ne veux pas trop y penser. »

« Les Jeux olympiques restent un projet encore lointain, a-t-il poursuivi. Si jamais ils veulent de moi, je remplirai le rôle qu’ils désireront me confier. Il y a toutefois plusieurs très bons défenseurs au Canada. Plusieurs joueurs méritent une place. S’ils me choisissent, ils le feront pour une raison. »

Armstrong a justement visité le UBS Arena au cours de la fin de semaine pour les deux matchs des Islanders, samedi et dimanche. Le DG des Blues de St. Louis n’a certainement pas été déçu par les deux prestations du défenseur gaucher. Patrick Roy l’a utilisé pour un peu plus de 27 minutes lors des deux rencontres, face aux Blues et au Kraken de Seattle.

« Matthew a une chance pour les Jeux olympiques, a affirmé Mathieu Darche, DG des Islanders. Je ne me souviens pas d’avoir vu un défenseur aussi bon à 18 ans dans la LNH. Et je ne parle pas juste de son talent offensif. Matthew est capable de défendre et il protège bien sa ligne bleue. Sa rapidité lui permet aussi de toujours rester dans le jeu. Il peut revenir quand il se lance à l’attaque. »

Roy avait aussi des étoiles dans le regard en parlant de son jeune protégé et de la possible aventure olympique.

« Si Coop (Jon Cooper) me téléphone pour me demander ce que je pense de mon joueur, je vais le recommander et je vais pousser pour lui, a-t-il lancé mardi après l’entraînement des siens. De la façon qu’il joue, je suis persuadé qu’il peut aider Équipe Canada. Mais c’est plus le travail de Mathieu de s’entretenir avec les dirigeants de la formation canadienne. »

Capitaine du Canada à la Confrontation des 4 nations, Sidney Crosby avait déjà joué deux saisons complètes avec les Penguins de Pittsburgh quand Schaefer est venu au monde au mois de septembre 2007. À Milan, ils pourraient tous les deux partager le même vestiaire.

Un impact immédiat

À son casier dans le vestiaire des Islanders, Schaefer a raconté le plus calmement possible ce qu’il a appris depuis ses débuts dans la LNH, le 9 octobre dernier.

« J’ai appris bien des choses depuis mon arrivée au camp, a-t-il répliqué. Je me dis toujours que je dois avoir du plaisir. C’est ma philosophie. Il y a plusieurs matchs et plusieurs entraînements. J’ai besoin de faire attention à mon corps, à mon sommeil et à mon alimentation. Mais je prends ça une journée à la fois. À partir du camp de développement, je voulais juste gagner un poste avec les Islanders. J’approchais les étapes une à la fois. Maintenant, je désire m’améliorer sur une base quotidienne. J’ai besoin de travailler fort pour y arriver. »

Schaefer n’a pas juste gagné un poste avec les Islanders, comme il le souhaitait. Il s’est hissé au rang de premier défenseur de l’équipe en très peu de temps.

Auteur de 15 points (cinq buts, 10 passes) en 24 matchs et d’un différentiel de +8, il domine également les siens avec un temps de jeu moyen de 23:00. Roy l’a d’ailleurs utilisé pour plus de 25 minutes dans huit des 24 matchs des siens.

« Je pense que tous les joueurs peuvent jouer de grosses minutes, a-t-il répliqué lorsque questionné sur son utilisation. Quand l’entraîneur me dit de sauter sur la patinoire, je l’écoute. Je ne me pose pas de questions. Je veux juste connaître de bonnes présences. Pour gagner la confiance de mes entraîneurs, je sais que je dois bien défendre mon territoire. Quand tu défends bien, tu te donnes des chances de partir à l’attaque. »

NYI@UTA: Schaefer frappe en prolongation

Un lien unique avec Pulock

Ryan Pulock a développé une complicité avec son jeune partenaire à la ligne bleue, autant sur la patinoire qu’à l’extérieur.

« J’ai souvent de la misère à concevoir qu’il a juste 18 ans, a dit le Manitobain de 31 ans. Les gens parleront de ses prouesses offensives, mais il m’impressionne encore plus avec son calme et sa capacité à défendre. »

« J’ai créé rapidement un lien fort avec Matthew. Il est un jeune homme génial. On connaît son histoire. À un jeune âge, il a vécu un deuil avec le décès de sa mère, atteinte d’un cancer. J’ai aussi traversé des épreuves dans ma vie personnelle avec la mort de mon jeune frère Brock dans un accident de voiture. C’était en 2010. Tu n’oublies jamais un tel événement. Mais ça te rend plus fort. »

Dans la loge des Islanders sur la passerelle de presse après la première période du match de samedi contre les Blues, Darche restait ébahi par l’impact rapide de son jeune protégé.

« Matthew était à dix jours seulement de ne pas être disponible au repêchage de 2025, a souligné l’ancien adjoint à Julien BriseBois avec le Lightning. Il n’est pas juste un incroyable défenseur, il est un jeune homme extraordinaire. J’aime vraiment sa personnalité. Ses coéquipiers l’adorent. Quand il se fait brasser sur la patinoire, ses coéquipiers viennent rapidement à sa défense. »

« J’avais de grands espoirs pour Matthew. Mais est-ce que je m’attendais à le voir être aussi bon immédiatement? Il surpasse nos attentes. Nous avons vraiment gagné à la loterie avec lui. »

« J’ai passé mon été à dire à son agent de garder un esprit ouvert puisqu’il n’avait joué que 17 matchs dans la OHL l’an dernier (fracture de la clavicule). J’ai comme philosophie qu’un joueur ne doit pas être dans la LNH juste pour survivre. Il doit contribuer. Matthew fait plus que contribuer. Il a déjà un grand impact à la ligne bleue de notre équipe. »