Peut-être que Benson se serait adressé à lui d’une manière ou d’une autre – c’est un peu dans sa nature, après tout. Mais disons que Dobes a couru après en réveillant la bête.
Quelques minutes avant de céder face à son rival, l'homme masqué s’en était pris à lui après un coup de sifflet. Il s’est rué sur Benson alors qu’il était étendu tout juste devant son demi-cercle, déjà victime de plusieurs doubles-échecs des coéquipiers du gardien tchèque.
Lorsque l’altercation a pris fin, Dobes a pris le bâton de Benson et l’a lancé dans le coin de la patinoire. La tension venait de grimper d’un cran dans une série plutôt tranquille jusque-là. Tout ça grâce au gardien.
« Il aime ça pour une raison qui m’échappe, a commenté l’attaquant Jake Evans avec le sourire. La majorité des gardiens se tiennent loin des escarmouches et ils font confiance à leurs coéquipiers. Quand il se fait déranger, il devient encore meilleur. »
Même son de cloche du côté d’Alexandre Carrier, qui se retrouve souvent aux premières loges des longues conversations de son gardien autour de son filet.
« C’est son caractère, a ajouté le défenseur. Il aime parler. Il est l’un des seuls gardiens que je connais qui fait ça. Mais quand il le fait, c’est comme si ça voulait dire qu’il est dans sa zone. On le veut concentré et confiant. Pourvu qu’il fasse les arrêts, je me fous qu’il parle un peu. »
Le deuxième match de cette série confirme la théorie d’Evans et de Carrier. Mis à part le but de son ennemi, sur lequel il ne pouvait absolument rien faire, Dobes a été intraitable. Il a repoussé 28 lancers pour signer sa cinquième victoire du printemps – une autre tout de suite après avoir encaissé un revers.
Ses coéquipiers ont resserré le jeu devant lui, et les chances des Sabres en contre-attaque ont été beaucoup plus limitées qu’au premier match – une défaite de 4-2.
« On venait de jouer un match 7, a plaidé Dobes. J’ai l’impression qu’on n’avait pas eu le temps de nous remettre dans le bain et de bien nous préparer pour cette nouvelle série. Maintenant, on est concentrés sur les Sabres, qui forment une équipe complètement différente que le Lightning.
« Nous avons réussi à apporter les bons ajustements et nous avons repris notre souffle. »
Le portier de 24 ans a aussi retrouvé le feu qui brûlait en lui notamment lors des joutes verbales qu’il a eues avec Nikita Kucherov au premier tour. En Benson, il a assurément trouvé un autre bon interlocuteur et un bon moyen de se motiver.