NEWHOOK BADGE CHAUMONT

BUFFALO – Un petit carton dans les mains et torse nu, Alex Newhook a lu la formation de départ dans le vestiaire des visiteurs au KeyBank Arena. Newhook avait du feu dans les yeux en identifiant les six partants.

Newhook n’a jamais perdu cette intensité. Il a guidé les siens en marquant deux buts dans une victoire de 5-1 contre les Sabres, vendredi.

« Comme groupe, nous avions besoin d’un meilleur effort et nous voulions rebondir, a noté Newhook en conférence de presse. Quand tu dois lire la formation de départ, tu veux énergiser tes coéquipiers. Nous avons transporté cette énergie dès le départ. »

Le CH a utilisé la stratégie des Sabres lors du premier match en marquant deux buts rapides. Si les Sabres avaient touché la cible deux fois en 13 minutes mercredi soir, le Tricolore a fait encore mieux avec deux buts en un peu moins de 5 minutes (4 min 27 s).

Newhook et Mike Matheson ont tour à tour déjoué Alex Lyon pour dégonfler l’ambiance dans l’amphithéâtre. Le bon départ des visiteurs a ainsi réduit le niveau de décibel à un degré jugé acceptable par un collègue de la presse écrite de Buffalo qui grogne souvent contre le bruit causé par la meute journalistique montréalaise. Mais ça, c’est une autre histoire…

Déjà auteur du premier but de la soirée, Newhook a porté un autre dur coup aux Sabres en inscrivant son deuxième but du match seulement quatre secondes après la sortie d’Alexandre Carrier du banc des punitions.

« Sa rapidité est un gros facteur, a dit Jake Evans au sujet de la première étoile de la rencontre. Pour son premier but, le jeu part avec sa vitesse en échec avant. Pour son deuxième but, Newhook a volé sur la glace pour se placer derrière le défenseur (Rasmus Dahlin) et rediriger ma passe. Il a surpris leurs défenseurs avec son explosivité. »

En plus d’obtenir deux buts, Newhook a joué un rôle clé en infériorité numérique. Il a terminé le match avec un temps de jeu de 5 min 52 s à quatre contre cinq, soit quatre secondes de moins qu’Evans, l’attaquant le plus utilisé. Les Sabres n’ont marqué aucun but en cinq occasions en supériorité numérique.

« Newy a été génial dès le départ, a dit le capitaine Nick Suzuki. Il a dominé tout le match avec ses deux buts, mais aussi grâce à de bonnes présences en désavantage numérique. Son trio a généré plusieurs chances à cinq contre cinq. »

Utilisé au centre de Newhook et d’Ivan Demidov pour un deuxième match d’affilée contre les Sabres, Jake Evans a passé le test dans un rôle plus offensif.

« Je ne pense pas que [Jake] rentre dans une chaise de top-6, il joue juste sa game, a affirmé l’entraîneur-chef Martin St-Louis. Il se retrouve avec deux joueurs différents qui ont de l’offensive, de la rapidité et de la créativité. Nous avons bâti quatre bons trios. Je sais que vous voyez des trios et vous parlez des deux premiers ou deux derniers trios. Mais chacun de nos joueurs a un rôle. Jake garde son identité. »

Dans ce deuxième match contre les Sabres, le CH a gagné la bataille de la profondeur. Et pour un deuxième match, les deux premiers trios des deux équipes n’ont pas marqué à cinq contre cinq. Suzuki a touché la cible, mais c’était dans un filet désert en fin de troisième période.

De la maturité

St-Louis et ses joueurs le disaient depuis la fin du premier match. Ils avaient confiance de rebondir et ils planifiaient faire de petits ajustements afin de mieux rivaliser avec les Sabres.

C’est exactement ce qu’ils ont fait. Cette capacité à se relever d’une défaite s’illustre aussi avec une simple statistique. Le CH n’a pas perdu deux matchs d’affilée depuis les 14 et 15 mars contre les Ducks à Anaheim et les Sharks à San Jose.

« Il s’agit d’un signe de notre maturité, a affirmé St-Louis. C’est quelque chose que nous avons bâti à travers nos échecs. Nous avons grandi comme équipe depuis l’an dernier. Au premier match, nous avons perdu contre les Sabres, mais nous n’avions pas laissé nos rivaux s’échapper. Nous avons corrigé certains trucs ce soir. Ça ne garantissait pas une victoire, mais ça augmentait nos chances de l’emporter. Je suis fier de notre réponse, mais je ne suis pas surpris. Nous repartirons à zéro pour le troisième match. Tous les matchs ont leurs propres histoires, comme toutes les séries. »

Pour changer l’histoire dans ce deuxième match, St-Louis y a également mis son grain de sel.

« Marty a fait un incroyable discours avant le match, a mentionné le gardien Jakub Dobes sur les ondes de Sportsnet. Je vais probablement m’en souvenir pour le reste de ma carrière. »

Dobes a bloqué 29 des 30 tirs des Sabres. Seul Zach Benson l’a déjoué.

Avec une série à égalité 1-1, les Canadiens joueront maintenant les deux prochains matchs de cette série du deuxième tour dans l’ambiance endiablée du Centre Bell.

Canadiens vs Sabres, match no 2 | Résumé | 08/05/2026

EN PROLONGATION

Le chiffre du match : -4

C’est le différentiel de Tage Thompson, qui a connu un match atroce. Le grand attaquant des Sabres a multiplié les revirements coûteux, dont ceux qui ont mené aux deux derniers buts du Tricolore.

« Je l’ai dit ce matin. Les meilleurs marqueurs ne marquent pas toujours en séries, a rappelé Lindy Ruff. L’attaque peut provenir aussi d’acteurs secondaires. Mais je ne défends pas son match ce soir. Nous savons tous qu’il doit être meilleur. »

Le mystère Lyon résolu

Alex Lyon paraissait tout simplement imbattable depuis son entrée en scène en séries, au deuxième match face aux Bruins. Le gardien des Sabres n’avait accordé que cinq buts sur 111 tirs au premier tour.

Avec six buts inscrits sur 56 tirs en deux matchs jusqu’ici dans la confrontation, les hommes de St-Louis semblent avoir résolu l’énigme assez facilement. Lyon a été faible sur les deux premiers buts de la rencontre, qui ont permis aux Canadiens de se donner un coussin avant la marque des cinq minutes.

Après tout, peut-être que le naturel revient au galop. Lyon n’a jamais réussi à s’établir comme un gardien no 1 dans la grande ligue, et il ne devait pas être l’homme de confiance des Sabres pour ces séries.

Un revirement au mauvais moment

Un joueur doit savoir reconnaître les moments importants dans un match, surtout à ce temps-ci de l’année.

Le Tricolore était à 38 secondes de retraiter au vestiaire avec une avance de trois buts quand les Sabres ont placé la rondelle en fond de territoire. Noah Dobson a gagné sa bataille face à Zach Benson et a remis la rondelle à Cole Caufield au cercle de mise au jeu. Jusque-là, tout allait bien.

Mais au lieu de sortir la rondelle de sa zone, le numéro 13 a replacé la rondelle derrière son filet, mettant Dobson dans le pétrin face à Benson. Cette fois, ce dernier a gagné sa bataille, et quelques secondes plus tard, il enfilait l’aiguille en se postant à l’embouchure du filet.

Ç’a insufflé de l’espoir aux Sabres et de l’énergie dans le KeyBank Center, pourtant résigné à ce moment. Par chance, l’entracte a fait descendre le niveau de décibels de quelques crans.

Greenway sonne Demidov

Il est grand, il est gros et il frappe fort. Mais il frappe aussi un brin tardivement. Au début de la deuxième période, Jordan Greenway a ramassé Ivan Demidov d’un coup d’épaule entre les deux cercles des mises en jeu lors d’une supériorité numérique.

En douleur et un peu sonné après l’impact, Demidov a pris la direction du vestiaire à son retour au banc. Il est toutefois revenu dans le match quelques minutes plus tard.

En avantage numérique, Demidov a encore une fois raté la cible plus d’une fois avec ses tirs sur réception. Dans le cas de Greenway, il avait jacassé avec Arber Xhekaj lors de la période d’échauffement. La présence de Xhekaj ne l’a pas empêché de sortir ses grosses épaules contre l’un des attaquants doués du CH.

Avec la collaboration de Guillaume Lepage, journaliste principal LNH.com