MANALAPAN, Floride – George Parros a expliqué quel était le processus décisionnel du département de la sécurité des joueurs de la LNH, en plus de donner les raisons qui le poussent à croire qu’il fonctionne bien.
Alors qu’il prenait la parole dans le cadre des réunions des directeurs généraux de la LNH mardi, le responsable du département de la sécurité des joueurs a aussi expliqué en détail les raisons qui ont sous-tendu la suspension de cinq matchs décernée au défenseur des Ducks d’Anaheim Radko Gudas pour son coup de genou à l’endroit du centre des Maple Leafs de Toronto Auston Matthews jeudi.
« Nous avons un processus en place, et nous avons confiance en ce processus, a expliqué Parros. Nous nous y fions depuis longtemps. Nous prenons beaucoup de temps pour prendre ces décisions, et nous évaluons ces décisions chaque soir, tout au long de la saison. Le processus en place nous permet d’avoir de la constance, et nous avons une équipe en place qui travaille ensemble et avec moi afin d’évaluer tous ces jeux. Il s’agit d’une équipe très expérimentée, composée de vétérans, de gars qui sont ici depuis la création de ce département, sans oublier les anciens joueurs qui misent sur un large éventail d’expériences en raison des matchs qu’ils ont disputés dans la LNH.
« Certains des meilleurs joueurs qui ont pratiqué ce sport travaillent dans ce département et aident à prendre ces décisions. J’ai donc une grande confiance dans notre processus. Nous misons sur d’excellentes personnes qui prennent ces décisions, et je pense que les joueurs devraient eux aussi avoir confiance en cette équipe. »
Gudas a été suspendu pour un contact genou contre genou à l’endroit de Matthews qui est survenu à 15:43 de la deuxième période dans un gain des Maple Leafs 6-4 au Scotiabank Arena.
Les Maple Leafs ont annoncé le lendemain que Matthews avait subi une déchirure de grade 3 de son ligament collatéral médial du genou gauche et d’une contusion au quadriceps et qu’il allait rater le reste de la saison.
Certains joueurs des Maple Leafs et l’entraîneur Craig Berube ont exprimé l’opinion qu’une suspension de cinq matchs n’était pas assez sévère.
L’agent de Matthews, Judd Moldaver, a vertement critiqué le département de la sécurité des joueurs dans un communiqué qui a été repris par plusieurs médias. Il a notamment demandé pourquoi Gudas n’avait pas obtenu une audience en personne, qui aurait permis d’imposer une suspension de six matchs ou plus, en vertu de la convention collective de la LNH.
Gudas a obtenu une audience téléphonique, ce qui fait en sorte que la suspension ne peut être plus longue que cinq parties, selon les règles de la convention collective. Cependant, à tout moment au cours de l’audience téléphonique ou après celle-ci, si le département de la sécurité des joueurs détermine que l’information colligée change sa perception, une audience en personne peut être offerte, ce qui permettrait de décerner une suspension de six parties ou plus.
Le centre des Oilers d’Edmonton Connor McDavid a confié aux journalistes à Edmonton qu’il était d’avis que le moment était venu pour la ligue et les joueurs de réévaluer le processus utilisé par le département quand vient le temps de décerner les suspensions, « parce qu’il semble y avoir beaucoup de frustration à ce chapitre ».
Cependant, Parros affirme être persuadé que, même avec du recul, il ne changerait rien à la décision de suspendre Gudas pour cinq matchs, puisqu’il a suivi le processus qu’utilise le département de la sécurité des joueurs depuis sa création en 2011.
« Nous avons pris cette décision pour une bonne raison, a-t-il martelé. Lorsque nous évaluons ces jeux, nous regardons le jeu, et non les joueurs. Si nous déterminons que ce jeu mérite une sanction supplémentaire, nous étudions l’historique des joueurs impliqués, et si le geste a causé une blessure ou non. C’est comme ça que nous prenons toutes nos décisions. C’est ce que nous avons fait dans ce cas-ci, et la décision a été rendue en fonction de ces circonstances. Nous avions le sentiment qu’il s’agissait de la réponse appropriée, et je soutiens encore cette décision. »
Parros a admis qu’il n’était pas surpris de voir Moldaver venir à la défense de son client, mais il a ajouté qu’il ne pouvait laisser ses décisions être guidées par ce qui est dit par les parties impliquées ou sur les réseaux sociaux.
Parros a aussi dit que la menace d’un appel ne pouvait venir entraver le processus décisionnel.
Une suspension de six matchs ou plus donne au joueur la chance d’interjeter appel de la suspension auprès d’un arbitre neutre. Une suspension de cinq parties ou moins ne peut faire l’objet d’un appel.
« Qu’il y ait un appel ou non, je ne peux pas vraiment me soucier de ça, a souligné Parros. Je dois prendre ce qui me semble être la bonne décision, la décision que je peux défendre et la décision qui me permet de dormir le soir. »
Parros a assuré être ouvert à une évaluation du processus décisionnel de son département, ajoutant qu’il n’y « a pas d’égo dans ce département ». Il a toutefois insisté sur le fait qu’il faudrait qu’il s’agisse d’un effort commun avec les directeurs généraux et l’Association des joueurs de la LNH.
« La convention collective nous dicte d’aborder ces jeux de la manière que j’ai suggérée, avec les précédents et tous les autres éléments qui ont été négociés avec le syndicat, a expliqué Parros. Alors comme je l’ai dit, nous avons une grande confiance dans le processus que nous utilisons depuis longtemps. Ça ne signifie pas que nous ne sommes pas prêts à évoluer si le besoin s’en fait sentir. Nous cherchons toujours à améliorer les choses s’il est possible de le faire. C’est pourquoi ces réunions existent, pour des choses comme ça. »
Parros a toutefois rendu hommage aux joueurs, qui adhèrent selon lui à l’idée de pratiquer le sport de la manière la plus sécuritaire possible, et il a répété qu’il avait confiance en leur compréhension des règles et en leur capacité à les respecter. Il pense qu’ils jouent de manière responsable et qu’ils savent où se situent les limites.
« Il n’y a pas de tendances ou quoi que ce soit de systématique dans notre sport qui me pousse à croire que nous devons changer quelque chose en raison de ce que nous voyons sur la glace, a noté Parros. Si nous en arrivons là un jour, alors nous allons absolument nous y attaquer immédiatement en impliquant toutes les parties qui doivent être impliquées. »


















