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Cinq questions avec… Mario Roberge

L'ancien attaquant des Canadiens revient sur la conquête de 1993 et sur l'incident entre lui et Ron Hextall en première ronde

par Sébastien Deschambault @sebasdLNH / Directeur de la rédaction LNH.com

Chaque mercredi pendant la saison 2018-19, LNH.com s'entretient avec un intervenant du monde du hockey pour discuter de leur opinion sur l'état de ce sport, de leur vie et de leur carrière, en plus de revenir sur l'actualité.

Cette semaine, cinq questions avec Mario Roberge.

Les Canadiens de Montréal ont honoré les membres de la dernière édition championne de la Coupe Stanley de l'équipe avant le premier match à domicile de l'équipe au Centre Bell cette saison, jeudi dernier.

Parmi eux, on retrouvait le toujours très affable et sympathique Mario Roberge, qui a porté les couleurs de l'équipe entre 1990 et 1995. Il était très heureux de pouvoir renouer avec ses anciens coéquipiers, notamment avec ceux qu'il n'avait pas revus depuis longtemps.

Il n'y avait qu'un problème.

« On commence par où?, a lancé Roberge en riant. Si tu me demandes ce que j'ai fait de bon, je remonte jusqu'à quelle date? Si je reviens sur 25 ans, as-tu une semaine ou deux à me consacrer? »

Celui qui possède ses cartes de cariste et qui travaille pour une entreprise de la région de Québec a souligné que l'étiquette de négligée qui accompagnait cette équipe jusqu'à ce qu'elle soulève le précieux trophée sur la glace du Forum le 9 juin 1993, ne s'appliquerait plus si on analysait le tout 25 ans plus tard.

« À l'époque, on avait surpris beaucoup de gens en remportant la Coupe, mais il me semble que je suis moins surpris aujourd'hui, quand on regarde la carrière que les gars ont connue par la suite, a expliqué Roberge. Brian Bellows, Kirk Muller, Carbo, Patrick… je pourrais tous les nommer. C'était pas un club de jambons ça! »

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Video: LAK@MTL: L'édition 1993 des Canadiens honorée

Si l'ambiance était très festive alors que les anciens joueurs arrivaient par petits groupes dans la loge qui leur avait été réservée, un parfum de nostalgie flottait néanmoins dans l'air.

« C'est certain qu'on aimerait revivre ça. Ça passe vite, on dirait que c'était hier, a reconnu Roberge. Le fait aussi qu'on l'ait gagnée avec les Canadiens, je n'aurais jamais cru à ça, la 24e conquête de l'équipe. C'est sûr que ça va être fébrile ce soir, il va y avoir de l'émotion. Je suis très fier d'être un ancien Canadien. Canadien un jour, Canadien toujours. »

Voici cinq questions avec Mario Roberge…

Es-tu surpris que les Canadiens n'aient pas gagné la Coupe Stanley depuis 25 ans?

« C'est surtout surprenant qu'aucune équipe canadienne l'ait gagnée depuis ce temps-là. Le hockey a changé en raison du plafond salarial. Québec a perdu son équipe à cause de ça. Comme il n'y avait pas de plafond, il était difficile d'établir un budget. Il aura fallu un an sans hockey avant que les gars le comprennent et qu'une convention collective soit signée. Force est d'admettre que ce fut une bonne décision parce que le hockey se porte bien. Les équipes sont solides, les droits de télévision aident. Certaines équipes en arrachent plus que d'autres, mais les équipes en bonne santé financière peuvent compenser. »

Votre conquête est ponctuée de plusieurs anecdotes, mais il y en a une qui te concerne directement, soit celle de ton altercation avec le gardien des Nordiques de Québec Ron Hextall dans la période d'échauffement du match numéro 3 à Montréal. Peux-tu nous raconter comment le tout s'est déroulé?

« Nous avions été dominés 4-1 dans le match no 2, et nous revenions à Montréal en retard 0-2 dans la série. Carbo est venu me demander si je participais à la séance d'échauffement, et je lui ai répondu que non. Il est allé voir Jacques (Demers), et il est revenu me dire que j'allais être de l'échauffement. J'ai averti les gars que notre routine allait changer avant ce match-là. Ron Hextall n'avait que des superstitions pendant son échauffement. Je l'avais analysé, j'ai compris l'ampleur de ses superstitions. Je savais qu'il passait toujours son patin sur le point de mise en jeu au centre de la glace. Je me suis dit que s'il voulait le faire ce soir-là, il y aurait quelqu'un dessus. Je l'ai un peu retardé dans son parcours. Je lui ai simplement fait savoir que le point rouge de la mise en jeu pendant l'échauffement ce soir-là nous appartenait. On est passé à deux doigts d'avoir une bagarre générale, mais ce n'est pas arrivé. »

Est-ce que tu penses que c'est cet incident qui a fait tourner la série?

« Est-ce que c'est ça qui a fait gagner l'équipe? Je ne suis pas prêt à dire ça. Mais une chose est sûre, ça n'a pas nui. Ce que j'ai ressenti à la fin de cet échauffement-là de la part des 20 joueurs qui sont revenus au vestiaire avec moi, je n'ai jamais ressenti ça nulle part. On était transportés! Ç'a été un déclic incroyable. On a gagné les quatre matchs suivants, on était rendus invincibles.

« Ça n'a pas défini ma carrière, je n'ai jamais été valorisé pour ça, et je ne le souhaite pas non plus. Mais on avait besoin d'une étincelle, on perdait 0-2, on était au pied du mur. Ç'a stimulé les troupes et on a tout raflé par la suite. »

Parmi les éléments qui reviennent souvent quand on entend parler de cette conquête, on retrouve l'influence de Jacques Demers sur votre groupe, ainsi que l'esprit d'équipe qui régnait dans votre vestiaire. Qu'est-ce que tu peux nous dire à ce sujet?

« Nous étions dirigés par l'entraîneur le plus humain que j'ai connu. Avec Jacques, tu te sentais important, même quand tu n'étais pas utilisé. Tu avais l'heure juste. Nous avons vécu des choses exceptionnelles, et c'était lui le chef d'orchestre. Lui et toute son équipe d'adjoints, Charles Thiffault, Jacques Laperrière, Steve Shutt… c'était un groupe de personnes exceptionnelles. 

Video: Mario Roberge sur la Coupe Stanley de 1993

« Un championnat, c'est un rassemblement général. Tu ne peux pas gagner un championnat si tu n'as pas un esprit d'équipe hors pair, et c'était notre cas. Nous étions confiants. La prolongation commençait et on se disait : bon ça y est, on va gagner encore. Les gens disaient que les probabilités commençaient à jouer contre nous, mais on aurait dit qu'on devenait invincibles. Je n'ai pas joué tous les matchs, mais je voyais les joueurs et ils étaient confiants en surtemps. Dix en ligne! Ça ne sera jamais battu. L'esprit d'appartenance était très fort, et c'était en partie parce qu'on était 14 francophones dans l'équipe. »

Tu parles du nombre de joueurs québécois qui évoluaient avec toi en 1993. Les choses ont évolué et il n'y en a pas autant dans l'édition actuelle, et la plupart d'entre eux n'étaient pas nés quand vous avez soulevé la Coupe Stanley. Qu'est-ce que tu penses de l'édition actuelle des Canadiens de Montréal?

« Il y en a moins de Québécois, et ils n'ont pas le choix de s'accrocher et de persévérer, car ils ont beaucoup de pression. Des joueurs comme Jonathan Drouin, tout le monde regarde ses statistiques, et on entend parfois qu'il devrait avoir plus de points, et les commentateurs s'y mettent. Ce n'est pas comme à Tampa Bay, où il pouvait ne pas marquer pendant une semaine sans vraiment en entendre parler. Ce n'est pas nécessairement le cas ici. Les gens lui en parlent, et c'est ce qui met de la pression sur les joueurs. Cette année, ce qui va l'aider, c'est qu'il y a d'autres choses dont on peut parler. Nous avons un bon jeune qui vient d'arriver [Jesperi Kotkaniemi], l'attention va être portée ailleurs. Max Domi amène une autre dimension, Paul Byron vient d'être nommé assistant-capitaine et connaît un bon départ. Tant mieux si la pression est allégée sur ses épaules, car on va en avoir besoin de Jonathan Drouin. C'est tout un joueur de hockey. »

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